Archives mensuelles : janvier 2012

Le champ du Vivant

Paru en 2 parties : décembre 2011 et janvier 2012.
(Élargissement à suivre dans Le champ du vivant, collection
du pain sur la planche, disponible ici).

Article paru le 15 Décembre 2011

Le champ du Vivant (I) :

Le vivant est d’ordinaire l’ensemble des êtres vivants. Nous le définirons ici comme étant l’archétype commun à tous les êtres vivants, ce qui fait qu’ils sont vivants, capables donc d’échanges (alimentation, excrétion, respiration), de reproduction (formation d’un être indépendant à terme), de métamorphose (évolution des formes corporelles, psychiques ou spirituelles). Si la vie peut être définie comme l’état d’un être œuvrant dans les cadres précédent entre sa naissance et sa mort, je préfère utiliser à la place de ce mot celui de Vivant, comme l’activité à l’œuvre dans les règnes de la nature, principe fondamental et préalable au déroulement d’une vie (utilisation du participe présent d’un verbe pour souligner le caractère actif).

L’ensemble des êtres des règnes vivant suivent tous des processus analogues mais adaptés à leur niveau au sein de ce vivant :

  • Le végétal en est l’expression la plus simple et par la même occasion la plus aisée à manipuler pour comprendre le vivant.
  • L’animal, outre sa vie, ajoute au végétal les deux éléments que sont la mobilité intrinsèque et l’intériorisation (sensibilité).
  • L’humain ajoute à la complexité animale des facteurs biographiques et une liberté d’esprit.

De notre acceptation de la forme du Vivant dépendront les outils de sa perception, de sa compréhension et de sa rentabilisation (ce mot est inadapté si on le prend dans son sens économique seulement).

  • Le Vivant est-il conséquence ou origine ? Le vivant est-il l’état, l’activité de ce qui pourrait sortir de l’inertie ou l’inerte est-il l’état de ce qui est privé de vie ? Pris comme origine dont le matériel pourrait être une expression, alors sans remettre en cause notre savoir du physique, on pourra envisager ce dernier sous un autre angle.
  • La vie est-elle un simple paramètre, un facteur que l’on octroierait à matière sous certaines conditions ? C’est en fait le point de vue actuel qui prend la vie et donc le Vivant comme occurrence du matériel.
  • La vie est-elle une force ? Si tel est le cas il serait sans doute fort peu judicieux d’envisager le mot au sens qu’on lui prête dans le domaine physique.
  • La vie est-elle l’aspect d’un champ dans lequel s’exprime le Vivant ? Nous voici une situation sans doute plus proche de la réalité qu’un jeu de réactions chimiques entre molécules dites organiques.

Essayons d’asseoir une réflexion dans ce dernier sens.

Notre définition du champ au sens physique est : élargissement de l’influence d’une cause à un environnement plus ou moins étendu.

Le mot environnement fait son apparition… le phénomène producteur de champ ne se contente pas d’être centré sur son support mais embrasse aussi l’espace, voire agit ‘à distance’ sur une autre base matérielle.

On pense bien sûr au magnétisme, à l’électricité et plus largement à l’électromagnétisme, mais aussi à la gravitation, tous actifs sous forme de champs. La vie peut aussi être prise comme l’état d’une matière emprise dans le champ du Vivant :

  • les phéromones par exemple nous montrent l’extension de l’être à des distances remarquables de leur source,
  • les cris ou langages utilisent des propriétés physiques de l’air via lui-même ou des matériaux non élastiques pour étendre l’être, sa perceptibilité à distance,
  • par leur activité les êtres vivants modèlent d’une certaine manière leur environnement pour le rendre vivable,

Par ailleurs, le Vivant possède, inversement au champ rayonnant qu’on vient de considérer, la capacité de s’approprier ce qui vient de l’extérieur, c’est le trophisme, cette capacité à métamorphoser une forme inadaptée de l’environnement pour une utilisation locale, en interne au champ propre (ainsi les sels minéraux sont élevés au niveau nécessaire pour être intégrés au corps matériel de l’organisme vivant). L’alimentation est en ce sens une intégration du vivant au sein d’un vivant local, son insertion dans un milieu vivant. Il serait stupide de vouloir se nourrir d’éléments non vivants, non liés au vivant, qui serait absorbant du vivant local sans doute pour pouvoir être intégrer. C’est pourtant ce qu’on fait tous les jours sous la forme de médicament, de compléments alimentaires, d’additifs, colorants, etc..

Considérant un composé organométallique, force est de constater que l’élément métallique est enveloppé d’azote, oxygène, carbone et hydrogène. Et sous cette forme il devient apte à s’intégrer sans trop de peine aux organismes hétérotrophes. Cela veut-il dire pour autant que l’organisation chimique est responsable de la chose ? L’environnement NOCH n’est-il pas là pour élargir l’effet, la force inhérente, du corps métallique, pour en faire un champ là où il existe un point ?

Ainsi pour fixer du fer dans notre organisme, ne devons-nous pas réussir à vivifier ce fer s’il est chimique pour en faire un organométallique intégrable ? Ce faisant, pour vaincre une anémie par exemple, on doit puiser une force quelque part donc au détriment de quelque chose qui s’épuise : est-ce judicieux ?


Article paru le 1er janvier 2012

Le champ du Vivant (II) :

Le rythme respiratoire et le rythme cardiaque des organismes aérobies semblent capitaux pour ces organismes. Voilà un état – rythme d’inspiration / expiration en relation avec le rythme systole / diastole – qu’on peut qualifier d’état principe du vivant ‘supérieur’. Il se retrouve sous une forme différente au niveau végétal. Le rythme respiratoire ne se base pas sur un élément (in)volontaire, il est passif chez le végétal. Quant au rythme cardiaque qui semble lui faire défaut, ne se trouve-t-il pas simplement à un niveau différent de ce qu’on perçoit du réel du vivant végétal ? À une autre échelle ? Ou bien, est-il simplement absent ?

Notre ‘temps’ n’est-il pas réglé par le rythme cardiaque ?

Les bactéries, tant qu’elles ont des échanges à réaliser vivent hors du temps et sans cœur. Tout organisme à cœur vit avec un temps. Chez le végétal, il n’y a pas de temps propre comme chez l’animal, pas de dégénération cellulaire (sauf maladie). La feuille d’automne par exemple est causée par une rupture d’alimentation par la base du pétiole et donc de fait les cellules foliaires se dessèchent et ‘meurent’. Le vivant n’a plus accès à la feuille, le vivant a exclu la feuille pour une raison donnée (à notre sens humain). Il n’y a pas de terme, pas de vieillissement cellulaire ; il y a un cycle matériel développement reproduction qui est totalement dans celui de métamorphose et n’a rien à voir avec celui de l’animal bien que l’on attribue une reproduction sexuée aux plantes et qu’il lui faille du ‘temps’ pour assurer ce cycle. Le cœur de l’organisme végétal est planétaire, il bat au rythme des saisons. On rétorquera qu’il n’y a guère de saison entre les tropiques… : pas plus qu’il n’y a de cœur dans les pieds  ou la tête ! La Terre est un organisme qui respire au rythme que lui impose son cœur (le soleil ?)

Si l’on pense cela, on est obligé d’élargir notre champ cognitif au moins jusqu’au soleil. La Terre par l’inclinaison de son axe de rotation sur l’écliptique est responsable de ses saisons, cela n’en est pas le soleil… Cette oscillation annuelle liée à la révolution circumsolaire est tout aussi valable aux pôles qu’à l’équateur même si l’effet solaire n’est pas du tout le même :

  • La zone intertropicale est dans un rythme de vie très rapide (365 jours par an), et à faible amplitude (température et luminosité relativement stable).
  • Aux pôles, on est dans la situation inverse, rythme de vie très lent (1 jour par an), amplitude maximale (gradient thermique et lumineux relativement important).

La Terre en activité autour du soleil crée son rythme de vie.

La couche humique, fragile peau vivante est insérée entre une atmosphère dont la tâche est de réaliser les échanges et un socle pérenne qui assure une assise solide et stable. Cette couche humique est une interface entre les forces physiques (d’ordre terrestre) et d’autres forces que je laisse ici sans qualificatif direct mais qui sont d’ordre cosmique. En changeant d’échelle on peut constater que notre planète est un organométallique, tant sa nature est minéralement métallique dans un environnement proche de style NOCH.

Si l’on détruit l’interface humique on sacrifie la vie comme dans un arbre qu’on peut tuer en découpant simplement une bande d’écorce tout autour du tronc…

Or, cette interface humique, si l’on peut en sacrifier quelques lambeaux sans mettre en péril le monde qu’elle soutient est une sorte de peau de chagrin qui se réduit au rythme des activités humaines. L’animal ne porte atteinte à cette interface que d’une manière très superficielle (à l’image d’un léger pourrions-nous dire). L’humain, sédentarisé, socialisé, chez qui les individus dépendent d’autres individus (contrairement à la gente animale) porte atteinte sans cesse à cette couche humique pour ses cultures, ses villes, ses déchets, pour son industrialisation.

L’humain est en équilibre sur un fil… Il a tout pouvoir de vie ou de mort sur son milieu… il a encore à peine envisagé son pouvoir de vie, mais il s’inquiète de son pouvoir de mort, c’est déjà une première chose. Atteindre au champ du vivant et à sa compréhension doit devenir le centre de ses préoccupations, l’industrie se renouvellera… Ne misons pas plus sur la décroissance que sur la croissance, développons l’attente active : arrêtons notre course au profit technologique et observons le vivant il a tant de choses à nous enseigner dont nous ne connaissons que l’aspect superficiel !

Et ce n’est pas en faisant des inventaires qu’on apprendra ce qu’est le vivant, on en connaîtra la palette mais pas l’œuvre réalisable…