Archives de l’auteur : Patrick ROUSSEL

A propos Patrick ROUSSEL

Conseiller en écologie, chercheur goethéen et enseignants.

Ça pourrait être pire

ALUMINIUM….

Le mot fait débat tout azimut* : voici 3 vidéos (placées dans l’ordre chronologique de parution) que nous allons commenter ensuite avec une lettre ouverte à chacun des protagonistes (dans l’ordre chronologique inverse pour ne pas citer toujours les mêmes en premier)..

05/07/17
11/09/17
15/09/17

3 expressions, 3 mondes.

  • une actrice (Isabelle Adjani) qui parlent de médecine sur les bases de son expérience, de ses recherches et des crédits qu’elle octroie à certains plutôt qu’à d’autres pour se faire son opinion.
  • un médecin médiatique (Michel Cymes : radio, télé, livre et donc magazine) dont j’ignore s’il voit encore beaucoup de patients mais qui a une formation officielle et qui contrairement à ce qu’on pourrait penser n’est pas proctologue mais ORL à la base….
  • une ministre de la santé, ni actrice même si elle passe à la télévision, ni médecin puisqu’elle n’a pas de patient (elle en a eu en tant qu’hématologue entre 1992 et 2011 selon wikipédia), issue du monde de l’industrie pharmaceutique à mi chemin on la sent en ‘écoutant à mi chemin entre l’avis posé et pondéré de l’actrice et les propos d’ailleurs aux tonalités plus ou moins (surtout plus) graveleuses du « docteur ».

Sujet lien entre ces 3 médias : les vaccinations.

Madame la ministre,

vous avez dit ce matin sur France Inter à propos de l’aluminium qu' »on en mangeait tous les jours, en très grande quantité » (je vous cite à la formulation près). [c’est à 7 minutes 30 environ de l’enregistrement de Interactiv’ disponible sur France Inter]
Merci de me dire avec quel aliment je mange de l’aluminium en très grande quantité tous les jours.

Vous parlez en outre des enfants ayant contractés la rougeole qui sont morts car sans vaccination mais vous omettez de mentionner ceux qui en décède malgré la vaccination ainsi que de citer les cas de complications suite aux vaccinations.

J’ajoute volontiers que c’est votre impatiente qui ne pouvait le en allant jusqu’aux personnes qui jusque-là comprenaient l’intérêt de la vaccination. Un profond souci de santé public ou l’appât du gain ?!

Je vous laisse en pièces jointes quelques documents pour travailler vos dossiers, mais je n’ai pas confiance en vous.

PS votre carnet de vaccination est-il à jour ?

Monsieur Cymes,

Malgré votre ton grave et la clarté de vos propos je n’arrive pas à vous croire. Vous mentionnez Joyeux comme médecin radié de l’ordre des médecin (sans dire d’ailleurs pourquoi, nous verrons cela un peu plus bas) mais vous ne faites guère état des consultations que vous assurez.

Bon vous tenez le discours officiel sur le sujet en insistant sur la santé publique. Pensez-vous réellement ce que vous dites ?… Que risque une population vaccinée si quelqu’un attrape une maladie sans en avoir été défendu par une sorte de dopage vaccinatoire ? Par ailleurs, combien de mort du fait de maladie que la société actuelle est en train de décupler ? Oh je sais un mort est un mort de trop… mais bon sang, la mort n’est-elle pas incluse dans la vie ? Tout le monde pourrait effectivement mourir de sa belle mort, il faudrait pour cela que notre monde ne soit pas gangréné.

Vous savez sans doute, puisqu’après tout vous êtes médecin, que des complications arrivent fréquemment qui n’avaient pas été prévenues d’une manière ou d’une autre. Quelqu’un qui a eu la rougeole est « normalement » protégé. Son système immunitaire en a profité pour valider le passage de la maladie : épreuve réussie, réexamen inutile. Pourquoi ?

Il conviendrait d’envisager la « valeur » d’une maladie à un âge où à la capacité d’être formatrice, puisqu’elle l’est d’après ce que j’ai dit plus haut, elle l’est pour le futur : les gens qui l’ont eu en enfance ne l’auront pas en temps qu’adulte. Le vaccin empêchera (?) le virus de devenir actif, mais il ne valide pas l’épreuve… combien de complications arrivent sans même qu’on cherche à les connaître mais ayant une cause dans la vaccination protectrice ? Je vous pose la question existe-t-il des études corrélant la montée de certaines maladies modernes avec la vaccination de masse ? Si elles existent on en parle pas… et pourquoi donc ? Si elles n’existent pas alors il est urgent de les effectuer, cela pourrait expliquer bien des maladies auto-immunes, les affections orphelines, l’augmentation des intolérances alimentaires à vocation allergique. On pourrait avoir des surprises car devant ces différents cas, en augmentation si je ne m’abuse, on n’entend pas grand chose d’autre que on cherche un vaccin !!!

Je vous laisse à vos émissions de télé, radio et autre magazine, je n’ai pas confiance en vous même si vous tenez un discours souvent intéressant, entre deux sottises bien enrobées de populisme…


Madame Adjani,

C’est à la femme et à la mère que je m’adresse, pas à l’actrice. Comme toutes les mères vous êtes concernées par le devenir de vos enfants et votre intuition vous a amenée à prendre des décisions engageant la vie de vos enfants, et la vôtre ou celle de leur père et du reste de la famille. On imagine qu’il ne s’agit pas là d’une mince affaire.

Contre vents et marées qui voudraient vous imposer leur marche, leur choix, leurs directives vous avez décidée de placer au premier rang votre pouvoir d’être humain en disant « je choisis cela pour vous, mes enfants, et je ne le fais pas à la légère. J’ai pesé le pour et le contre en connaissance de ce que peut impliquer mon choix, et je pense qu’il n’est en rien pire que celui de le confier à une autorité extérieure qui n’est pas concernée plus que ça par votre devenir. Je vous aime.« 

Votre position courageuse vous honore et participe certainement au renforcement de vos enfants bien qu’aucune étude sur le sujet n’est validée un tel argument. Ce serait d’ailleurs à soumettre à l’académisme scientifique : évaluer le bienfait de l’amour des parents pour leurs enfants et des choix dans lesquels ils les placent malgré eux (les enfants).

Ce mot d’ailleurs ne tient pas la route : l’aluminium métal n’étant pas employé.


NOTE :

  •    L’ALUMINIUM….notons que le métal n’est pas employé comme métal ailleurs qu’en métallurgie et pour emballer. Dans la nature il est toujours caché (argile = aluminosilicate), il a une place fondamentale dans la nature mais il doit rester cacher comme le potassium, le sodium, le calcium, il doit être accompagné, enrobé sinon son caractère devient intolérable. Mais le pire avec l’aluminium, c’est qu’il à l’air sage comme ça alors que les autres que j’ai cité sont irascible au possible. Bref, on peut voir la chimie autrement qu’en comptant les électrons, les protons et les neutrons…
    Quand au papier d’aluminium ou les objets d’aluminium, personnellement je n’aime pas… et je recycle le moindre emballage jusqu’aux œufs de Pâques, c’est une maniaquerie qui ne doit pas passer la sélection dans les trieuses automatisées mais c’est ainsi.
    J’ai travaillé chez Pechiney… usine de Lacq… j’ai vu les séries d’électrolyse, j’ai participé à l’automatisation de sa coulée en lingot… et depuis, c’est mon ennemi.

Si vous avez le temps n’hésitez pas à parcourir ce texte du docteur Jean Villette (plus de 100 pages hautement référencées plus ou moins complexes).

C'est la question !

ALU : Salut ou poison ? Ce serait la question…

 

17 + 7 = 6 x 4 = (666 – 18)/27 ou la preuve par les math.

Un peu d’arithmétique ne fait pas de mal.

Il va de soi que le titre de cet article n’a rien d’exhaustif. On peut inventer à l’infini (au sens vrai du terme) des calculs qui donne 24, même des très compliqués si on veut s’en donner la peine.

Maintenant observons une autre chose, par exemple, une évocation de Pythagore :

« Tout est nombre. »

Ainsi les nombres seraient le principe des choses, de l’harmonie universelle. Nous voilà bien avancés… Même Disney en parle à travers une expérience initiatique de son Donald de 1959, et le web (bâti sur les nombres souvenons-nous) aujourd’hui ne tarit plus sur le sujet de la magie des nombres et de la preuve par l’image. Mais ce dernier fait remonte bien au-delà du web…

Cette magie des nombres possède en effet un très haut potentiel de séduction pour peu qu’on regarde les nombres comme quantité seulement c’est-à-dire sous une forme qui en est la manifestation basique : 1 est le premier entier, c’est l’unité, la pulsation, et 2 devient subitement stérile si on ne le prend qu’en tant que somme de deux unités entre elles et ainsi de suite avec 3, etc.

1 étant l’unité, il est le Tout, l’ensemble, ce qui rassemble en unité ce qui est en cohérence plus ou moins manifeste.

2 est la dualité qui installe la polarité, ce n’est pas seulement 1+1… c’est qui tranche l’unité et lui offre le moyen d’avoir des parties non pas identiques mais polaires.

3 apporte une autre couleur, l’équilibre au sein des paries du tout

Ensuite on entre davantage dans des spécificités :

  • le 4 se rapporte volontiers à un ensemble de polarités deux à deux (les saisons par exemple qui sont au quotidien entre les tropiques et se résorbent en une seul très longue journée aux pôles),
  • le 5 installe une harmonie
  • le 6 est une frontière dont il devient difficile de parler en quelque mots….

On lit même parfois que 0 est le premier entier… ce qui devrait paraître aberrant au plus naïf des quidams : le 0 étant plutôt l’absence, on peut évidemment se dire que l’absence est entière. Sans doute un fruit de la génération spontanée le 1 apparait alors à la suite du 0 comme l’amorce existentielle d’une chaine sans fin de nombres sans personnalité. On nie éventuellement Dieu mais on peut professer que 0 est le premier entier.

On peut jouer toute sa vie avec des nombres sans épuiser leurs ressources c’est ce qui relève de leur caractère d’infinité en tant qu’ensemble. Par exemple la formule suivante où a et b sont premiers donnerait toujours une valeur N entière pour peu que a et b soient premiers :

N =[a.nb + b.na + (a.b – a – b).n] . (a.b)– 1

La formule est pourtant abracadabrantesque avec les puissances et les 4 opérations. Par exemple pour les couples (a;b) donnés on trouve par exemple les valeurs suivantes :

calcul

Si on reconnait aisément certaines suites de valeurs (ligne [1;1] et [2;2]) il est par contre difficile de trouver la forme générale des autres lignes (comme [3;3], [4;4], [3;7], [5;7], etc.) toutes complétées avec des résultats effectivement entiers. Et si par exemple la ligne [5;5] (non présente ici) semble être aussi une série entière (au moins pour les même valeurs ici calculées), on peut constater que la ligne [6;6] n’est pas une suite de valeurs entières.

Mais laissons au mathématicien le soin et le souci d’étudier la formule pour lever la conjecture (de Roussel ?…) suivante qui pourrait remporter une médaille Fields ou un autre prix ou  :

dans la formule N =[a.nb + b.na + (a.b – a – b).n] . (a.b)– 1, les couples [a;b] où a et b sont premiers conduisent toujours à des résultats N entiers quelque soit la valeur n.

Personnellement je n’ai ni le moyen ni sans doute les moyens de vérifier. Même si j’ai travaillé sur la conjecture de Goldbach et ai commencé à découvrir des propriétés particulières intéressantes, la preuve ne m’intéresse pas au dernier point.

Car qu’est-ce qu’une preuve ? C’est la certitude par un moyen détourné de vérifier la justesse d’une affirmation, il faut employer des moyens éprouvés, c’est-à-dire certains,  appuyés sur d’autres preuves qu’ils sont justes.

Si on a la preuve que la poule génère l’œuf et réciproquement, c’est un fait indubitable mais pas certains pour toutes les poules (ou tous les œufs) puisque la question se pose encore de l’origine.

Et voici où le bât blesse.. car si mathématiquement on peut faire ce qu’on veut avec les chiffres, on ne peut guère le faire avec les entités du monde vivant vu qu’on entre là dans un milieu (en tant qu’espace) où les valeurs du monde physique (en tant qu’espace aussi mais inerte cet fois) ne font pas forcément loi…

Je regardais avec mon fils un documentaire sur les iguanes. Le narrateur pose à un moment donné la question suivante : Ces nouveaux-nés juste sortis de l’œuf (et sans aucune initiation parentale) savent-ils utiliser leur langue pour attraper un insecte ? La « preuve » par l’image faisait suite : OUI !

Cela partie de la nature de l’iguane, on dirait aujourd’hui que c’est inscrit dans les gènes…

Car dans l’histoire du vivant, il n’y a pas de commencement pour se dire comment attraper se truc que je sais que je peux manger sans que personne ne me l’ait montré ? La chose est factuelle : une volonté est à l’œuvre qui n’est pas du monde physique et c’est pourquoi les gènes observés ne sont pas davantage des preuves de quoi que ce soit ni des éléments « moteurs », mais ceci est une autre histoire…

Appuyer toutes nos réflexions sur la preuve par le nombre est une erreur, une porte immense qu’on se ferme sur l’espace vivant… ce n’est donc pas demain que nous ferons des progrès dans cette direction avec les bases usuelles de la connaissance du monde physique et de son approche (et m^me là je ne suis pas persuadé de la chose vu le travail expérimental que nous développons à l’association scIence !…).

La triégalité du titre ne signifie absolument rien d’autre pour le monde réel que ce qu’elle évoque ! En fait si… elle nous montre aussi que les nombres ne sont pas tout… même si ce très vénérable Pythagore nous l’a dit !

« Penser » la nature

Article en relecture mais livré aux réflexions : vos commentaires sont les bienvenus.

Préambule

Posons d’emblée la réflexion qui va solliciter notre attention :

Est-il vraiment possible de penser la nature* ?

* Nature = milieu à la fois physique et vivant.

Ceux qui parcourt ce blog ont déjà une part de la réponse à travers tout ce qui a déjà été dit : Non, on ne peut pas penser la nature ! C’est un peu court, dirons les plus spécialistes qui passent leur temps à l’étudier sous toutes ses coutures et avec des résultats et des conclusions qui tiennent la route. Et je les en félicite ici grandement. Leur travail est souvent remarquable, et il l’est d’autant plus qu’ils se contente de montrer des phénomènes, de les commenter dans leur aspects les plus divers. En général, je m’arrête à ce niveau et dès que je sens pointer des éléments qui ne concerne qu’une part étroite de la nature, alors je ne lis plus…

Aussi je reformule ma question : jusqu’où est il possible de penser la nature ?

Quand les pensées personnelles ou académiques viennent se mêler à l’observation, la description c’est un peu comme si on accolait deux mondes :

  1. le monde perçu dans sa part à laquelle nous sommes sensibles, nous ou nos instruments, c’est-à-dire la part sensible du monde qui se dévoile à nous
  2. et le monde de notre conscience par laquelle nous nous faisons et nous fondons nos représentation, nos interprétations, les extensions que nous greffons sur le monde perçu avec des logiques évidentes.

Entre 1 et 2 il y a un hiatus, un espace vide où la chose (externe) perçue devient notre propriété imagée (interne). Et là presque tout est possible du plus réaliste au plus fantaisiste. La chose consistante, le mur sur lequel on bute par exemple, devient inconsistante, il y bien plus de vide que de plein dans un mur ! Alors pourquoi ne passe-t-on pas à travers en louvoyant ?… En général, c’est dans le cas N°2 qu’on réfléchit, et cela est bien naturel car nous n’expérimentons pas forcément le cas N°1.

Ma conscience est interne, et l’objet de ma connaissance doit être externe pour que j’ai une position de recul, de possibilité d’observation. Je peux penser ma conscience par exemple… mais ce faisant avec le cheminement scientifique moderne exigé je dois me couper de cette expérience de mon propre penser, de ma propre activité pensante. Alors je vais l’observer chez un autre à travers ce que des machines sont capables de me dire, des machines que j’ai construite sur la base de mes interprétations jusqu’alors du monde.

Comment donc faire pour s’ouvrir à l’intuition, à la nouveauté, à ce qui se montre mais n’entre pas dans le cadre de la machine.

Le cerveau ne pense pas ! Heureusement… Je pense et lui me sert de support, il n’est « peut-être » que ma paillasse de laboratoire, et ce que j’y dépose n’est que ce que j’ai choisi d’y poser. Rien en lui ne représenter le monde extérieur et ceci même encore moins qu’un hologramme : le cerveau n’a rien pour faire des images ! Et pourtant nous pensons en images et cela grâce à lui.

Aussi, si je veux penser la nature, je dois m’y lier et l’expérimenter, la faire mienne en même temps que je m’en retire un tout petit peu, juste assez pour pouvoir l’observer vivre en moi tout en continuant à vivre avec elle. D’une part générer un regard globale et de l’autre un regard posé qui doivent cohabiter.

Je me démarque en croisant…

Titre sibyllin, j’en conviens… mais il suffit de faire le geste de protection par rapport à une agression pour comprendre : en général, on croise les mains (tournées vers l’extérieure : pronation)  à hauteur des poignets, ce qui induit un double croisement…

J’ai personnellement été très fâché de ce qu’on raconte partout à qui veut l’entendre que l’œil droite est connecté au centre visuel du lobe gauche et l’œil gauche au centre visuel du lobe droit. Ce n’est pas vrai ou alors c’est vrai mais seulement de manière partielle : cela ne concerne que la partie central de l’œil, l’espace de focalisation, l’endroit où l’on perçoit l’apparence de la chose dans ces détails fins… Mais le reste, la part périphérique de la vision, l’ambiance générale de l’environnement de la chose observé, eh bien, celle-ci ne croise pas : l’œil droit s’adresse directement au lobe droit et le gauche au lobe gauche…

Une image du site guide-vue.fr (ATTENTION : ce croquis estt donné pour les voie visuelles

La partie intéressante est au niveau du chiasma optique :

Détail sur l'image précédente.

Détail de l’image précédente.

ON le sait, bien sûr, mais qui en parle de cette subtilité ? Et la situation du cortex visuel ? Par ailleurs, le nerf optique est décrit avec 1,2 million d’axones pour 110 millions de photorécepteurs au niveau de la rétine ; un seul neurone intègre en moyenne l’activité de près de 100 photorécepteurs, moins pour la vision centrale qui fixe la précision du détail et plus pour la vision périphérique qui dégage une impression globale.

Notons, comme pour la pensée plus haut, que le cerveau ne voit rien ! C’est moi qui voit et jusqu’à présent je suis dans ma globalité, pas non plus dans mon cerveau…. Je vous invite à faire le geste « Qui ? Moi ? » et vous comprendrez immédiatement la chose.

Le croisement n’est pas anodin du tout, il n’est jamais anodin d’ailleurs. Observons les os de l’avant-bras des primates dans le cadre de la pronation :

Image empruntée à ittcs.files.wordpress.com et qui correspond à la réalité.

La pronation (croquis B) correspond à la prise d’un objet posé (on arrive donc par-dessus) tandis que la supination (croquis A) correspond davantage à la réception d’un objet. Dans la situation B je développe l’intention de prendre quelque chose et dans la situation mon intention et de recevoir. Nous ne sommes pas dans la même disposition intérieure par exemple selon qu’on donne par-dessus (JE (actif) te donne, tu (passif) reçois) ou par-dessous (je (passif) TE (actif) laisse prendre : tu ne reçois pas…).

Les yeux font les deux états en même temps : la partie centre perçoit et prend tandis que la partie périphérique reçoit malgré elle car je ne fais que diriger la partie centre sur l’objet de mon observation. Ma pensée s’exerce généralement sur la partie centrale, ce à quoi je me connecte, sur quoi je me concentre, et la périphérie demeure dans une part inconsciente de moi.

Quand vous marchez de nuit en forêt… ou dans tout lieu où la pénombre et forte et que votre vision centrale devient inopérante malgré sa sensibilité dite supérieure, vous pouvez gigoter vos yeux (sans tourner la tête) l’impression paysagère demeure quasiment fixe. C’est amusant…

Alors comment penser la nature avec un cerveau qui ne pense pas, qui ne voit rien, enfin pas plus qu’il ne parle ou écoute, sent, ressent, perçoit. On ne peut penser que sur l’apparence que prend la nature dans le cadre de nos perceptions, pour tout le reste on se fait des idées qui mènent à des théories, des façon de « voir »… Ceci dit on peut s’ouvrir à la nature de la nature comme dans ce qui se passe avec nos yeux et nos bras, on peut s’ouvrir (supination) et recevoir à travers un regard élargi, périphérique un aspect caché de la nature qui ne dépend pas, ou peu de ce qu’on observe.

Accueillir la nature

C’est un regard méditatif qui nous amène à nous satisfaire de l’expérience et dans l’humilité de ne pas chercher une explication. Avec le regard central nous décortiquons ce que nous observons, avec le regard périphérique nous le vivons parce que nous pouvons nous lier ici à ce qui vit dehors : la pensée qui s’appuie sur le cerveau sera celle qui nous permettra de partager, de décrire, et l’intuition qui s’appuie sur l’accueil dans nos perceptions (supination, vision périphérique) engendre l’acte juste vis à vis de la relation que nous établissons avec le sujet observé (avec tout ce que cela implique en terme de respect).

On peut penser la chute liée à la gravité, la nature même de l’électricité et d’autres choses qu’on peut éprouver directement et « physiquement » : Abandonnons-nous par exemple à la pesanteur en nous effondrant sur nos pieds avant de nous relever en déroulant la colonne vertébrale. Tout ce qui est à relever exige de la force. Observons comment la tête pèse jusqu’à ce qu’elle soit dans sa position de veille. Éprouvons cela et observons ce qui se produit en nous quand on s’aperçoit qu’une fois en place elle ne pèse plus…

Pensons ensuite à la vache (ou n’importe quel autre animal à grosse tête portée par un cou. Tout à coup on ne peut plus penser même la gravitation de la même façon qu’avant.

On ne la remet pas en question mais on s’aperçoit qu’elle doit être encadrée dans des limites strictes… et entre autre que ces limites qu’on peut lui donner excluent de fait le vivant. Autre exemple : notre cerveau (encore lui !) à une masse mais il ne pèse rien en tant que masse cérébrale par rapport à nous ; il flotte dans le liquide rachidien comme nous dans l’eau. La poussée d’Archimède le désolidarise de la gravitation et cette poussée n’est pas une antigravité, elle est liée au rapport des densités entre deux choses pesantes : le poids de l’objet peut disparaître ou être seulement amoindri ; lors de la flottaison il n’est plus ressenti dans ce qui ne sort pas du contexte. La baleine qui saute éprouve sa masse, enfin !

On pourrait continuer longtemps sur le sujet et l’on verrait toujours qu’une part du Réel échappe à l’exercice de penser. On ne peut penser la nature que sous une forme très limitée et adaptée à une mise en condition où elle est décorporée. L’humain est capable de se saisir comme de s’ouvrir, il peut connaître mais il doit savoir que c’est au risque de réduire. Quant à tout vouloir rapporter à des mathématiques… c’est une autre histoire !

 

Vers un monde moderne

À l’issue des 3 articles précédents* mettant  en cause l’apparence de modernité de notre époque, il me faut mettre la pendule à l’heure pour décrire comment aller vers l’étape que je qualifie volontiers de post-matérialiste.

Après le XIXe siècle qui s’interrogea sur le sujet, le XXe siècle commença à découvrir l’intime de la matière, et en ce début de XXIe il est clair que nous sommes allés jusqu’à dématérialiser cette même matière, qui n’est plus que le fruit d’ondes électromagnétiques. Nous vivons dans un monde de plus en plus dématérialisé mais sans rien mettre à la place qu’une sorte d’impondérabilité sans arrière-plan, sans densité constructive autre que pseudo-mécanique, une densité quantique.

Alors je pose la question : comment peut-il encore évoluer ? Je parle bien de l’humain bien sûr, et pas de sa technologie…

Notons bien que j’évoque une question « comment » et non « pourquoi » (vu que la cause est dans sa nature propre de l’humain !) et non plus vers quoi (nous verrons plus loin…). Pour autant que l’on puisse répondre à cette question, il faut au moins poser quelques postulats :

  • l’humain est un être d’évolution qui passe son temps à s’évader des conditions naturelles,
  • l’humain (et le vivant en général) n’est pas que la somme des molécules qui en composent sa nature physique apparente,
  • l’humain est capable de se différencier du monde environnant (sentiment du « je », appui sur sa capacité à reconstruire le monde sous forme d’image indépendante de l’environnement perçu strictement : imagination, fantaisie, créativité, etc.), l’humain peut se mouvoir dans son monde intérieur.

Si ces postulats sont vérifiés intérieurement déjà, il va de soi qu’un bout du chemin vers le comment d’une modernité de l’humain peut se dessiner. Lire la suite

(dé)connectez-vous

Volet N° 3 après quelques réflexions sur l’homme réduit, et sur la réalité réelle ou virtuelle.

Que se passait-il il y a seulement 25 ans ? Les humains de toutes les sociétés vivaient directement avec le monde.

Oh, parfois c’était avec un fil à la patte pour garder contact avec l’enfant parti en voyage en se souvenant, comme si c’était hier de l’époque où eux-mêmes avaient parcouru 15 000 km en 6 mois sans écrire plus d’une carte ou deux !

Aujourd’hui, les pauvres jeunes sont toujours au bout de leur téléphone pour dire au monde entier « je suis là » jusqu’au moment où, dépouillés de leur téléphone, ils se retrouvent plus nu qu’Adam (ou Eve)…

Mais je ne souhaite pas parler de cette miraculeuse galère qu’est le téléphone portable. C’est un épiphénomène de quelque chose de bien plus ennuyeux auquel on peut soit rester sourd soit s’éveiller et alors advienne que pourra. À chacun de choisir !

Lire la suite

Réalité Réelle ou Virtuelle

Conséquence logique de l’article précédent qui portait sur la VAO (végétation assistée par ordinateur), nous nous devons de parler de la réalité virtuelle.

C’est une sorte de concept un peu paradoxal (juste pour ne pas dire … idiot). Car en fait, si une réalité s’appuie sur un Réel, que signifie un Réel Virtuel ?

On peut évoquer une Réalité Virtualisée sans trop de problème. Par exemple, une photographie, une peinture, une sculpture. Le fait de figer l’instant, ou d’idéaliser un être ou une chose, de composer même une image nous offre, en tant qu’image, une réalité (qui n’est plus accessible) de manière virtuelle [voir ici une définition de VIRTUEL(LE)].

On peut aussi penser tout aussi facilement à une Virtualité Réalisée : par exemple, les fractales (voir ici pour une explication et des exemples, certains sont commentés en note ci-dessous).

Ce qui est intéressant de noter est la différence d’aspect temporel selon qu’on table sur la réalité ou la virtualité. Lorsqu’on accède à une virtualité on fait un grand écart entre passé et futur et lorsqu’on s’inscrit dans la réalité, on …. la vit ! Lire la suite

L’homme réduit… ou la V.A.O.

Un homme [1] peut en cacher un autre, et il se peut fort que l’homme augmenté devienne en fait un homme réduit. Le rêve pourrait bien être, en fait, un cauchemar.

Défaitiste, moi ? Non, réaliste…

L’homme augmenté

Qu’est-ce que l’homme augmenté ? C’est une sorte d’inspecteur gadget qui sous de bons (ou moins bons) prétextes utilise des astuces (généralement) électroniques pour complémenter (d’où le terme « augmenté ») certaines imperfections de notre nature corporelle et, voire bientôt, de notre nature cognitive.

Que se passe-t-il pour un humain faisant partie de la norme millénaire ? Ce n’est pas compliqué, il fait face au monde dans la limite de ses moyens en terme de perception (via les sens), de cognition (via son intelligence), d’action (via sa force) : Lire la suite

Cervo… Disquo… et informations (2/2)

Première partie : La mécanique du corps, La mémoire et l’être

Depuis l’avènement des octets on assiste à une émergence volcanique du terme information. On stocke de l’information, on gère de l’information, l’information nous fait vivre, elle est partout présente, dans chaque atome, dans tout l’univers. Soit, c’est un point de vue qui peut se défendre.

Un exemple du point de vue de la vie : le sommeil

Prenons un exemple: mon corps fatigue, des informations circulent me dit-on comme autant de signaux d’alerte, de bip bip qui annoncent qu’il est temps de lâcher ce qu’on fait pour aller dormir. Je va  donc décider d’aller se coucher.

Pourquoi ? Mais parce que mon corps réclame son du. Lire la suite

Cervo… Disquo… et informations (1/2)

Introduction sibylline…

J’ai reçu ce message dans un de ces courriels qui passent de boite en boite :

Si le cerveau des personnes âgées est lent, c’est parce qu’ils savent déjà tellement de choses.
La mémoire des gens ne diminue pas avec l’âge, si cela leur prend plus de temps à se rappeler des faits, c’est, d’après les scientifiques, parce qu’ils ont plus d’informations dans leur cerveau.
Tout comme un ordinateur rame quand le disque dur est trop plein, les humains prennent plus de temps pour accéder aux informations lorsque leur cerveau est plein. …
[suite en note 1]

J’en ai trouvé la source sur le Huffington Post du 29 janv. 2014 [2].

J’ajoute volontiers l’extrait suivant tiré du dernier paragraphe de Molécule la merveilleuse, un ouvrage de Lionel Salem, 1979, Inter Editions) découvert exactement le même jour :

La vie est l’œuvre d’une infinité de molécules. Et quand bien même certains gestes — le tir d’un footballeur, le baiser d’une mère à son fils — sauront toujours nous émouvoir de façon unique, peut-être sourirons-nous désormais intérieurement, avec quelque complicité, en pensant à toutes celles qui sont responsables de ces gestes.

La mécanique du corps

Cela fait longtemps que je relève de tels propos Lire la suite