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« Être et ne pas être » est un quantisme

Voici une portion de texte que j’ai trouvée sur mon mur facebook :

<< Regardé sous deux angles différents, un cylindre nous apparaît tantôt comme un cercle, tantôt comme un rectangle. Pourtant il n’est ni l’un ni l’autre !!!
Ainsi en est-il du photon, de l’électron ou de toute particule élémentaire dont l’image corpusculaire ne serait qu’une facette d’une entité plus complexe…..
Ce point précis peut poser un problème philosophique très troublant: La réalité objective (si elle existe indépendamment de l’esprit humain) est-elle accessible ? Ou sommes-nous condamner à n’observer qu’un monde d’apparences trompeuses ??? >>

Cela suivait un long échange de commentaires passionnants déroulé suite à une réaction épidermique de ma part… (je ne suis pas persuadé qu’on soit allé aussi loin sans cette amorce involontaire, mais totalement respectueuse et contenue) :

Introduction de l’échange : « quelqu’un aurait il un truc quantique à me partager ? du positif, si possible vidéo« 

Ma petite phrase déclencheuse : « C’est quoi un truc quantique (désolé, je n’ai pas de vidéo pour poser la question ) ?« 

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Le cylindre : disque ou rectangle ?

Image du site https://martouf.ch/2017/10/les-etapes-de-la-spirale-dynamique/
Quoi qu’il en soit le cylindre EST un cylindre, il ne dépend pour cela absolument pas du point de vue que j’adopte mais bien de SA réalité…

Le cylindre n’est pas un cercle ou un carré, c’est sûr ; mais au lieu de dire ce qu’il n’est pas il vaut dire ce qu’il est : le cylindre est un … cylindre. L’obtention de la vue complète du cylindre n’est en soi ni difficile pour cet objet simple, ni pour le dessinateur projeteur qui à partir des 2 vues (en y eut-il une douzaine !) pourra donner une représentation 3D en perspective ou volume en sachant qu’il s’agit de 2 vues projetées d’un même objet bien sûr.

On n’explique rien en faisant une projection si ce n’est qu’on dit  « vu comme ça on voit ceci« . Alors multiplions les points de vue. Ceci est très bien, mais les vues ne se combinent pas forcément et si, dans l’esprit des mathématiques, un objet mathématique peut se combiner avec un autre objet tout aussi mathématique, il n’en va pas de même pour le Réel : la forme de la tomate, son goût et sa couleur ne sont pas réductibles à une équation si complexe fut-elle (c’est un leurre complet de le croire : l’univers n’est pas mathématique, nous le lisons mathématiquement, la nuance est de taille !).

Merci Magritte pour votre La trahison des images (Ceci n’est pas une pipe) – 1928 (ici tirée du site Jetudie la com.com

Le problème philosophique auquel on aboutit en ne comprenant pas l’histoire de la chose projetée qu’on prend pour une réalité n’en est donc pas vraiment un… Il n’en est un que si vous ne savez pas faire autre chose que de la projection pour observer quelque chose, et pire si vous partez de condition : l’image NE SERAIT qu’une facette d’une entité plus complexe sans changer de point de vu.

L’ombre d’un homme ne vous parle que très peu, et encore, de celui qui est ainsi projeté à ses pieds par une source lumineuse tierce…

Image empruntée au site lesatelierslumiere.com

La matière comme exemple pour glisser vers le monde quantique

On regarde la matière, on s’appelle Démocrite :  on arrive à l’idée d’atome, sans plus. Soit ! C’est excellent, la part ultime de la matière  »fer » que je peux prendre encore pour de la même matière  »fer » est un atome de fer. Dans la tomate, cela devient ridicule, il n’y a pas de part ultime…. il y a une peau, une chair, des graines, du jus, et en plus, où commence la tomate (sans un pied préexistant elle n’est rien…

On s’appelle Prout (désolé mais c’est ainsi, W. Prout est le scientifique qui a cerné graisses, protéines et glucides), on regarde l’atome d’hydrogène et les autres et on se dit que tout autre atome que lui est constitué d’un certain nombre de fois lui, l’atome d’hydrogène (bonne idée, sauf qu’il y a une erreur, on amalgame l’atome et son proton, mais bon à cette époque ceci n’est déjà plus de l’expérience mais de la projection de concept).

On s’appelle Thomson, et on regarde la matière, enfin on pense à son propos comme quelque chose à part entière, un concept : chaque atome est fait comme un pain au raisin (eh oui il y a des charges négatives comme les grains de beauté à la surface du dit pain et donc quelque part dans la pâte des positives). Cela est valable pour tout atome, qu’il soit de fer ou de carbone de tomate.

On s’appelle Rutherford, on regarde la matière et on s’aperçoit qu’il n’y a pas de pâte entre les raisins, qu’ils tiennent tout seul… et qu’il faut donc une sorte de filet dynamique sans quoi le (+) et le (-) s’adorant sous forme électrique tout s’écroulerait sur soi, mais il semble y  avoir beaucoup, beaucoup de vide dans cet atome.

On aurait pu s’arrêter là et se dire : je veux connaître le filet. Ça pourrait être un truc comme ci comme ça ; mais je ne peux pas voir ce filet tout seul, il me faut donc le révéler d’une manière ou d’un autre car j’ai quand même envie de savoir. Alors je vais construire des outils pour percer à jour son mystère.

Leibniz, Newton en même temps, et après Fermat, ont posé les bases d’un outil mathématique : le calcul infinitésimal. Ce calcul permet de dériver d’une entité donnée une image d’une portion de cette entité, portion image aux propriétés de la chose entière ; et en intégrant toutes les portions dans un même pot, on peut alors accéder à une « forme » plus large, et donc soi-disant plus proche de la vérité que ce que je perçois, puisque les mathématiques le disent.

Autrement dit on a appris à sélectionner une toute petite partie du monde pour décrire le monde entier. C’est le génie du matérialisme et bientôt le malheur de la civilisation…

Cette science dite galiléenne, car c’est Galilée qui a le premier glissé le calcul dans ses expériences comme outil de connaissance appliqué au physique (= ‘nature’ en grec !) nous a mis de si belles œillères que nous en venons à dire tout ce que je perçois n’est pas comme je le perçois.

Et comme avec ce genre de cheminement on arrive à la conclusion inéluctable que l’être que je me sens être n’existe pas comme il se sent être, je finis pas n’être que l’ombre de moi-même (histoire du cylindre projeté sur un plan qu’on voit sous la forme d’un carré)….

Mais voilà, ce qui peut me décrire en tant qu’être n’est pas ce qui est au fond de moi, ce n’est pas ce que je suis capable d’analyser en me disant que je pourrais bien être plus complexe que ce que je perçois ; non, ce qui peut me décrire en tant qu’être est le reflet que d’autres êtres me retournent à moi-même en réagissant à mes actes et ma façon d’être.

La réalité existe-t-elle indépendamment de l’esprit humain ? vous demandez-vous peut-être…

Moi je réponds non, car les deux, esprit humain et réalité (donc ce qui est réalisé, rendu réel), font partie d’un même tout, le Réel. Et ces deux parties ne sont pas séparées ; elles ne sont pas davantage séparables sans risquer l’effacement complet, sorte de suicide, si je n’accepte pas que je fais partie d’une réalité partagée avec les autres êtres humains. Et chose amusante, si on lit bien la phrase ci-dessus on y reconnait un phénomène décrit par la mécanique quantique : l’intrication ! L’esprit humain et le monde sont intriqués ! J’admire cette physique qui découvre dans le concept qu’elle extrait de l’infiniment petit des choses qui existent à notre échelle. Il fallait sans doute que la conscience humaine passe par le matérialisme le plus pur, mais peut-elle descendre dans l’inframatérialisme sans risquer de se perdre ? [Voir Gaïffer-Jorge, duc d’Aquitaine, poème de Victor Hugo]

***

On lit parfois (enfin j’ai lu plusieurs fois) sur les réseaux dits sociaux le petit aphorisme : « TOUT EST QUANTIQUE. » (en majuscules, comme pour une affirmation un tantinet péremptoire).

Je suis un peu surpris et désolé, mais un « tout est quantique » est pour moi la phrase qui tue,  c’est le réductionnisme dans sa version la plus aberrante qui soit : le quantisme !

[Le quantisme est une sorte de nombrilisme nihiliste le plus complet : je m’explique par moi-même qui ne suis … rien. Et la mécanique quantique aime ces paradoxes, elle en est même sans doute la championne en terme scientifique élevant l’interrogation hamletienne être ou ne pas être à être et ne pas être.]

Cube paradoxale de Escher illustrant l’article « Paradoxe » sur wikipédia (j’y ai découvert l’étymologie du mot… soyez curieux, cliquez sur l’image !) Mais ce cube n’a rien de paradoxal…: ce n’est justement pas un cube, mais un dessin !

Un monde à la sauce quantique ?!

Hors de tout formalisme je pense qu’il faut laisser le mot quantique à la branche de la physique qui l’a formé, en faisant l’effort d’entrer dans les concepts qu’elle a développés à partir d’elle-même sans amalgamer, et surtout sans vulgariser des images de cette physique théorique et abstraite partagée peut-être un peu tôt. A ce jeu s’il en est, on s’aperçoit du drame qui se joue pour cette part de  l’humanité abreuvée d’information qu’elle vénère sans tenter d’en saisir les arrières-plans, et surtout sans mettre à côté d’elle un libre arbitre perspicace.

Je suis intervenu dans un échange sans imaginer la réaction en chaine que j’allais déclencher, et cela simplement par un raz-le-bol de ce mot « quantique ». La sauce à la mode est ce mot formé pour les besoins de la physique éponyme qui est maintenant utilisé pour faire passer toutes les sauces comme étant moderne ; on le greffe sur à peu près tout comme une étiquette « solde » sur un pull [à quand le déboulochage quantique, l’épilation quantique ?… on a déjà la psychologie quantique, 2 mots qui (à mon sens bien sûr) vont à contresens].

Ce mot quantique pèse lourd par l’aveuglement qu’il entraîne. On rigole de la naïveté des anciens qui se soumettaient aux grands prêtes de la religion. Ceux d’aujourd’hui portent blouses blanches, ou costumes cravates et leur sanctuaire est situé bien loin de la surface de la Terre, bien loin de la biosphère…. à chacun sa religion ! [rencontrer … Atlas !]

Il y a exactement un an à quelques jours près, j’ai formé le mot  qualique, qui parle de qualité et vient de qualitaz, dont l’étymologie ramène à la façon d’être. [source]

Qualique en tant que façon d’être s’oppose donc en même temps à théorie qui se contente d’être une façon de voir (observation, contemplation).

Chère amie FB, je vous remercie pour votre anodine entrée en matière ; et, vous, chers intervenants,  je vous remercie de m’avoir donné l’occasion d’essayer de concrétiser ma rancœur vis à vis de ce mot hyperspécialisé devenu le passe-partout du débat social.

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Un ajout de commentaire a apporté un lien vers le film  Thrive

Bon je n’ai pas pu m’empêcher de commencer à visionner ne serait-ce que pour prendre la température… Voilà quelques éléments qui m’incite à voir plus loin :

Dès 9min on entend que « en 1921 AEinstein a reçu le prix Nobel pour avoir découvert que lorsque de l’énergie est libérée dans l’univers de la plénitude en émerge. »

C’est une appropriation, un détournement, Einstein a-t-il usé de ces mots ??? Je ne crois pas (mais peut-être, pourquoi pas…).

Vous parlez d’une plénitude : ça a conduit au projet Manhattan ! et croyez-vous que les 140000 morts innocents d’Hiroshima et Nagasaki l’ont vécu cette plénitude ??? oui peut-être après comme sacrifiés de la connerie humaine malgré eux.

Voir un article que j’ai écrit en février 2010 un peu comme un droit de réponse : Honte à qui : à la science ? ou à son porte-parole ? pour comprendre mon emportement (étonnamment paisible !) et aussi la forme de plénitude qui a émergé du prix Nobel de physique de 1921 et a abouti en 1945 à nous démontrer que nous étions capables d’horreur soit disant pour mettre un terme à l’horreur (en fait au différent entre USA et Japon, l’holocauste n’ayant pas été mêlé à la chose, je ne sais plus trop ce que j’ai appris… heureusement le Japon a capitulé devant ça ; mais depuis il n’a rien appris (et les autres non plus) au sujet des arrières-plans du nucléaire, ce pays plutôt branlant dans ses racines géologiques !). Ils n’ont pas compris en juillet qu’il était dément de continuer, et ils ont persisté !!! (http://fr.wikipedia.org/wiki/Trinity_%28essai_atomique%29 et puis aussi le très « ludique » http://dai.ly/xfktas .

Foster Gamble dit « En tant de descendant d’un des fondateurs de Procter & Gamble j’ai été conditionné… mais j’ai choisi une autre voie » Je ne sais pas s’il dit qu’elle est cette voie (scientologie ?!)… Je ne sais pas non plus si l’aspect puissamment matérialiste du monde sur lequel s’appuie apparemment ce « documentaire » pour commencer réussit à aboutir à une vision plus spirituelle…

Bref, si je me suis trompé et que ce film soit à mon avis un apport pour l’humanité constructif et pas seulement aveuglant, alors je m’en ferai son héraut… (comme à une époque je l’ai fait pour What the bleep… pour descendre les buts de la Physique Quantique, avant de comprendre qu’il s’agissait d’un .. détournement ! et ce n’est pas pour ça que j’encense la PQ… mais j’apprécie son … charme.

Allez, j’arrête, j’ai le quantique qui me gratte partout !

A+

P. Roussel

PS : je côtoie des chercheurs du CERN. Ce sont des hommes comme vous et moi, passionnés par ce qu’ils font, et qui s’y investissent à 100%. Parmi ceux que je fréquente, je sens le doute, mais jamais il ne se concrétise. Ce sont des gens qui doivent apporter de la conscience auprès de leurs collègues, lourde tâche !

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LA PAROLE au royaume d’Utopia… 1

Bonjour chers lecteurs.

Voici une capture d’écran (l’image est en lien avec la source) :

Capture Futura-SciencesIl s’agit d’un dossier du site FUTURA-SCIENCES assez bref qui parle plus ou moins du sujet qu’il annonce (en fait on ne sait pas forcément grand-chose de plus après sa lecture).

Deux éléments ont retenu d’emblée mon attention : la première phrase de l’entête et la dernière. Cela a excité ma curiosité mais il faut dire qu’elle n’a pas été rassérénée par le développement de l’article qui reste d’une fadeur superficielle désagréable (enfin, chacun ses goûts).

J’ignore qui est ce chercheur en robotique qui a écrit cela, a-t-il des compétences en paléoanthropologie ? Je l’ignore, mais il semble répondre à une sorte de connaissance arbitraire sans doute issue de la culture cinématographique…. (ceci dit sans vouloir l’offenser).

Comment peut-on savoir quoi que ce soit du langage des hominidés ? Nous ont-ils laissé des traces ? Des enregistrements ?… Des tags ?…

« Il y a très longtemps, les humains ne produisaient que des grognements inarticulés. »

Voici en guise de buffet une affirmation des plus péremptoires. Continuer la lecture

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humain (III)

Cet article est la suite de deux précédents que vous êtes invité(e) à lire avant…
Dans le premier il était présenté courtement la motivation du sujet (réouverture du musée de l’homme) et certains concepts se rapportant à la question du genre et à celle de l’animalité humaine.
Dans le second, on trouve des notions d’histoire et de temps.

Vue sur FaceBook

Mouvement sans mouvement (succession d’images…)

Le mouvement

Notre lien au temps est bien moins ténu qu’il ne peut y paraître de prime abord. Une petite réflexion sur la cinématique peut nous aider à comprendre cela. Continuer la lecture

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humain (II)

Cet article est la suite d’un précédent que vous êtes invité(e) à lire avant… il y était présenté courtement la motivation du sujet (réouverture du musée de l’homme, pourquoi pas musée de l’humain ?) et certains concepts se rapportant à la question du genre et à celle de l’animalité humaine.

Histoire de l’humain

Le musée de l’humain donc se justifie par sa mission : permettre d’en savoir plus non sur ce que nous sommes mais sur ce (que nous pensons) que nous avons été en rassemblant les données de la science sur le sujet. Commençons donc par regarder notre passé (enfin, ses traces apportées jusque dans notre présent et soigneusement immortalisées ou fortement ralenties dans leur dégénérescence matérielle).

Prêtons-nous juste à un petit jeu de logique (puisque c’est ce qui semble mener la science) en commençant par une observation des faits :

Je suis un humain, un homme même, qui descend d’un couple humain spécifique, couple constitué d’un homme et une femme qui étaient eux-mêmes chacun de leur côté humains, homme ou femme, qui descendaient de couples humains spécifiques constitués d’un homme et d’une femme qui étaient eux-mêmes chacun de leur côté etc. etc.. Continuer la lecture

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humain (I)

Le musée de l’homme rouvre ses portes. Au moins ce qu’on peut dire c’est que nos traces seront mieux mises en valeur…

Trêve de plaisanterie, je vais tenter le tour de force d’un billet de blog sur le thème de l’humain et du temps. [Ceci dit, cet article en 3 parties n’est aucunement critique envers le « MUSÉE DE L’HOMME » qui possède de nombreuses qualités, présente un remarquable travail et constitue un trésor pour l’étude de … l’humain.]

Pourquoi titrer « humain » alors que tout le monde dit l’Homme ?

On dit « Homme avec un grand H ». C’est un peu stupide, non ?…

Pourtant on a un mot tout fait :

humain

Bien qu’au masculin [on a un genre polarisé en français mais pas de neutre pour lier les extrêmes !], le mot « humain » désigne le caractère commun de l’homme (avec un petit h) et de la Femme (mettons-lui un grand F pour tenter d’eFFacer les siècles d’inFériorité dogmatique et doctrinaire).

[En fait c’est le mot « homme » qu’il faudrait changer pour tenir compte de la part masculine au sein de son tout humain comme on le fait avec le mot « femme » ; cela éviterait d’avoir un H majuscule, car même si cela fait noble pour nommer le genre humain, on n’a jamais de F majuscule pour Femme….

Ils et elles : personnellement cela ne me dérange pas du tout quand je suis dans un groupe de femmes et que l’animateur ou l’animatrice dit quelque chose comme : « mettez-vous toutes face à moi »… je ne me sens pas mal à l’aise et je crois même que je ne comprendrais pas qu’on emploie le masculin au titre d’une règle stupide. Je pense que dès lors qu’il y a plus de femmes que d’hommes dans un groupe, et vu que le français ne possède pas de genre neutre, on devrait  »genrer » selon la majorité… (et si cette majorité est ambiguë, garder le masculin par habitude, ne tombons pas dans l’excès de tout réformer pour réformer non plus).]

HUMAIN possède un caractère adjectif et substantif sur lequel il est intéressant de jouer. Personnellement je n’utilise le substantif homme que pour parler de l’individu masculin inscrit dans la nature humaine vivant dans les individus formant l’humanité, individus qui sont tous (des pires aux plus saints) des humains.

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La science ne serait-elle pas la fille dévêtue de l’Art ?…

Question bateau : qu’est-ce que l’art ?…

D’emblée je donne une première réponse pour colorer la suite… : l’art est avant toute chose un acte, c’est le passage entre la prise de contact avec une réalité suivie d’une traduction (œuvre d’art) à l’usage d’un spectateur.

Pour ce dernier mot le CNTRL propose de remonter au latin spectator « celui qui a l’habitude de regarder, d’observer ». Cela ne vous dit-il pas quelque chose ??? Mais poursuivons sur l’art !

L’œuvre d’art n’est pas de l’art mais son fruit. Elle est une œuvre comme son nom l’indique et pas forcément un chef d’œuvre… ; c’est donc un ouvrage, le résultat d’une manipulation de matière.

L’œuvre est créée par un artiste qui tente de montrer ce qu’il a perçu d’une tranche de réalité, qui tente de parler de ce avec quoi il a été en contact. L’œuvre est le  »texte » à destination du « lecteur », comme par exemple le pont qui s’inscrit dans le paysage, le tableau qui parle d’un invisible, le poème qui efface le froid de la pensée, etc..

L’art est un moyen de passage entre une perception et un spectateur (éventuellement, ou surtout, soi-même).

Vassily Kandinsky, Jaune-rouge-bleu, 1925 Huile sur toile, 128 x 201, 5 cm Donation Nina Kandinsky 1976 AM 1976-856 © Adagp, Paris 2007 © Photo CNAC/MNAM Dist. RMN / © Adam Rzepka (proposition de lecture de l’œuvre  »pour les enseignants du primaire » et tous les autres qui veulent décoder un peu…).

Cette  »perception » peut avoir trouvé naissance dans le Réel ou dans l’imagination de l’artiste. L’artiste, c’est-à-dire le réalisateur, est celui qui œuvre, qui fait l’œuvre, qui réalise l’ouvrage ou en pilote le cheminement. L’artiste est celui qui a une perception finale de comment il veut traduire ce qu’il a perçu peut-être très fugitivement. L’artiste est aussi celui qui met en valeur une œuvre, l’exprime, lui donne forme, rondeurs et angles avec son pinceau, son crayon, son ciseau, sa voix, son corps, l’instrument de son choix.

Instrument : Empr. au lat.instrumentum « mobilier, ameublement matériel, outillage », dér. de instruere, v. instruire. Instruire : Empr. au lat.instruere « assembler dans, dresser; munir, outiller », sens qui subsiste dans l’ancien français estruire « construire » en face du sens plus fréquent de « instruire » qui apparaît en latin à l’époque impériale. (CNTRL)

Le spectateur ne voit pas forcément l’instrument mais le dessin, le personnage qui se forme ou qui est abouti. Il a lui aussi une perception. Mais le perçu qui découle de cette perception n’est pas d’origine naturelle. L’objet perçu est déjà une synthèse colorée, fantaisiste ; peut-être est-ce même une création issue d’une envie de partager, de montrer, de rêver.


Dessin d’un verre 3D réaliste par Spi0n

[On regardera aussi cette vidéo, presque trop réelle...]

Dans le spectateur qui admire, regarde, détaille, médite, etc…. l’origine de l’œuvre se recrée plus ou moins parfaitement, plus ou moins complètement. Et ce qui a touché l’artiste touche peut-être le spectateur. L’art est à double sens. Le spectateur peut être trompé si l’idée de départ été de s’amuser avec les perceptions (avec art comme ici ou … ou bien technique comme ici) voire  d’idéaliser ou de tromper comme ici ou .

Les liens dirigent vers 2 photos et 3 vidéos qui s'ouvrent dans une nouvelle fenêtre.

Si l’on brasse un peu tout ça on voit qu’il y a de la mise en forme de quelque chose qui n’en a pas forcément au départ qui sera mis à destination de quelqu’un qui observera cette chose ! Ce dernier devra pouvoir en faire  »lecture » correctement.

L’art est simplement la façon la plus subjective de montrer quelque chose, c’est-à-dire qu’un  »je » tente d’exprimer pour d’autre  »je » comment lui il reçoit, ressent et interprète la chose.

La subjectivité est l’interprétation personnalisée de quelque chose par un sujet, un individu. La subjectivité, lorsqu’elle est travaillée, est en fait une appropriation, une incarnation d’une part du Réel dans un être lors de son premier stade de réalisation, de sa prise de conscience, de sa prise de réalité. La subjectivité va permettre de trouver une apparence pour la perception, de l’habiller surtout si c’est un concept immatériel.

L’artiste est un interprète du Réel qui se base sur l’imagination, l’inspiration, l’intuition, donc ce qui passe par lui à partir de son observation du Réel. Pour réaliser, rendre réel ce qu’il perçoit, il utilise un instrument qui  lui permet de manipuler la matière vers la perception parfois confuse d’une finalité, d’une sorte d’appel à la concrétisation.

La question de la fantaisie

Nous voilà devant l’os ! À partir de quand une œuvre parle-t-elle du Réel ? Et jusqu’où la fantaisie l’habite-t-elle ? Comment la parure masque-t-elle le fond de la chose, le concept s’il en est ? Et la créativité dans tout ça ?…

Le scientifique, puisque tout le cheminement artistique suivi jusque-là vous aura certainement semblé en porter aussi la mission, le scientifique a trouvé la solution : son instrument est le langage mathématique qui esquisse en quelques lignes une structure, une ossature la plus rigoureuse, la moins fantaisiste possible d’où parait avoir été éludée la subjectivité.

La substantifique moelle du concept devient ainsi nue voire transparente.

Par exemple, la force n’est pas le taureau mais une flèche qui en détermine la direction, un point d’origine, une intensité : le vecteur, c’est-à-dire le moyen de représenter un invisible sans lui offrir de parure fantaisiste (un taureau par exemple) pour en arriver comme ici à un code totalement synthétique. Car il ne faut pas s’y fier, le vecteur n’est pas objectif, puisqu’il n’a pas de tendance à être objet, il ne peut même pas l’être, tout au plus c’est un dessin (une force n’est absolument pas un flèche, qu’on se le dise et se le répète !) !

Le vecteur est totalement subjectif… et il n’a rien d’impartial, il est le fruit d’un besoin de raccourcir un ensemble d’idée issue sans doute de perception.

Là où le taureau fantaisiste parle à tout le monde sans trop de précision puisqu’un autre artiste d’une autre culture y verra un éléphant, le scientifique se crée un langage stricte, universel, impersonnel, un peu froid aussi… comme les espaces intergalactiques on ajoute de l’émotion, c’est-à-dire un réveil d’une force qui est en soi susceptible de faire écho à ce détail de l’œuvre. La représentation mathématique dépouille le Réel et de son apparence et de sa réalité et de l’émotion qu’elle pourrait pourtant susciter ; la flèche de l’amour est la même que celle du canon…

Mosaïque du VIe siècle, synagogue de Beit Alpha, Israël. abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com

Mais c’est pratique, et heureusement qu’on a les mathématiques. Là où ce n’est pas pratique, c’est quand on tente de faire dire aux mathématiques que les lois qu’elles décrivent sont la réalité. C’est un  peu comme si le sculpteur pensait que son œuvre est dans sa gouge subissant le coup de maillet ici ou la douce pression de la main là.

Derrière une œuvre d’art, il y a une culture mais le lecteur peut être d’une autre culture. Avec les mathématiques, il n’y a pas de culture, mais éventuellement des écoles. Il faut être formé à leur langage qui n’est donc pas aussi universel que cela, car il est rare qu’une équation parle à l’âme du quidam…

Voici prise au hasard sur la toile, la plus belle équation pour le blogueur de http://fibretigre.blogspot.fr/2012/06/quelques-tres-belles-equations.html

Oui, c’est beau cette égalité (plus qu’une équation…) qui se contente d’ajouter 1 pour trouver 0 au lieu de dire que 2,71828182846… i . 3,14159265359…. = -1 c’est-à-dire i².

C’est autre chose que Kandinski ou Monet voire une simple croûte…

Quant à la créativité scientifique, elle va s’exprimer non pas dans les délires (les visions d’artistes) mais dans les réalisations techniques plus ou moins bienvenues, opportunes (radiographie sur l’idée des rayons X de Roentgen, ou dopage cellulaire des OGM).

La créativité artistique de son côté n’a pas de limite puisque le résultat possède une infinité de formes qui toutes parleront de toute façon et toujours d’une tranche de Réel, celle de l’artiste…

Pour finir

Oserai-je dire ici quelque chose qui risque de m’attirer bien des regards de travers ou des doigts pointés ? Oui car on est ici sur un blog de science objective et que je suis convaincu qu’il en va ainsi :

La science est la fille dévêtue de l’Art.

La science est un art intellectuel, une description du monde qui ne concède aucune place à la fantaisie créatrice ; et heureusement car on aurait bien du mal à nous y retrouver si le vecteur était un taureau ou l’éléphant, la baleine, le venin du scorpion, etc. !

Pour le bien de l’humanité et de sa planète, osons offrir à la science

  • le vêtement de ce qui passe par nous, observateurs, spectateurs, acteurs, constructeurs, etc. et artistes dans l’âme,
  • ce qui, méditativement, se colore des arrière-plans du monde physique que l’on pressent mais que l’on ne conceptualise pas forcément,
  • ce qui sera auréolé de nature humaine* et risquera ainsi moins d’aller contre elle et la nature en général !

La science et l’art doivent partager les mots suivants :

ouverture, accueil et sans doute

Amour

Bon, sur ce, je m’en vais sur la pointe des pieds et vous laisse à vos … méditations, ou alors à ce clin d’œil magistral de l’art sur l’art (allez bon visualisation !)


* Nature humaine : On définit bien mal cette nature humaine dans la science actuelle qui définit aussi bien mal la nature tout court. Disons en un seul mot ce qui peut permettre de la comprendre. La nature humaine est ce qui se reflète en chaque individu par son tronc commun : l’humanité (sur wiki on trouvera matière à méditer mais en bien d’autres lieux aussi, ce qui compte étant de se faire un avis strictement personnel (art) à finaliser ou non dans la réalisation d’une œuvre (éventuellement sa propre vie…).

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L’art sera ce qui sauvera le monde

Imaginez :
Vous vous liez à ce que vous voyez, ce que vous approchez, et vous le transformez, un peu beaucoup, pas du tout (mais vous le reproduisez tout de même), et petit à petit, vous voyez autrement le monde.

Et les choses et les êtres deviennent plus beaux, plus grands pour vous parce que vous avez été touché(e), ému(e), mobilisé(e) dans votre âme. C’est bien.

Mais surtout les choses et les êtres deviennent plus beaux, plus grands PAR vous. Et l’autre commence alors à regarder le monde à sa manière grâce à votre manière de le voir parce que ce que vous avez fait d’un morceau de monde l’a touché.
C’est de l’art. Continuer la lecture

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L’art peut-il servir la science ? (via FB)

L’argumentation ci-dessous doit être considérée comme un complément à un autre billet : Art et science (ou l’inverse).

fond http://hihaho58.blogspot.fr/


Dans le fameux réseau facebook je suis tombé sur cette question (enfin elle est venue vers le monde dont moi) proposée par YD :

Est ce que les mathématiques prouvent la véracité des théories ? Si on prend un tableau de l’art abstrait ou surréaliste on peut en étudier toutes ses formes et sa nature représentativement et mathématiquement, mais cela ne le rend pas réaliste, n’est ce pas ?

Faisons le point avec cette discussion

Une intervenante (AG) propose :

C’est sûr mais au moins ça a le mérite d’expliquer plus sûrement que de croire en des dieux créateurs qui de leurs mains ou pensées abradacadabra auraient créé le monde et à partir de ce dire en faire un dogme un être qui se permet de vouloir gouverner la vie des gens [… etc.]

Reprenant ce que je comprends de l’expression « croire en des dieux créateurs et en faire un dogme » je peux dire que ceci (la croyance) est effectivement surréaliste du point de vue mathématique et que donc AG a raison dans ce cadre. Continuer la lecture

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Art et science (ou l’inverse)

Morphochromatogramme Ag-Fe24 fév. 1971 17h46

Morphochromatogramme Ag-Fe24 fév. 1971 17h46

Imaginez un instant un scientifique qui n’est pas coupé en deux…

La plupart du temps, ce scientifique est un être humain avec sa dose de sensibilité et bien sûr de subjectivité mais aussi d’objectivité. Il travaille dur à l’établissement de principes ou de théories d’une part, et de l’autre il s’adonne éventuellement à la musique au dessin à la photo à dieu sait quoi encore. Marie Odile Monchicourt que certains connaissent pour ses exposés très clairs sur France Inter et ailleurs, a mentionné il y a quelques années une rencontre mondiale qui avait lieu au Japon où les scientifiques ont reconnu qu’ils ne pouvaient pas démontrer l’existence du Chi par les méthodes occidentales.

Or, M-O Monchicourt a eu l’occasion de faire une expérience personnelle de ce Chi. Continuer la lecture

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La démarche goethéenne

Goethe dans la campagne romaine, Tischbein, 1787, Musée Städel, Francfort-sur-le-Main.

Goethe n’a jamais été reconnu comme un scientifique par le communauté éponyme; et pourtant sont action est largement à la hauteur de celle d’autres qui sont entrés dans le club (auto) protégé de la science que je qualifierai ici de galiléenne, ou de newtonienne voire de prométhéenne même si aujourd’hui un nouveau pas a été franchi : la technoscience… qui ne pose plus simplement un regard mais agit en relation avec l’industrie.

Goethe n’a pas été en opposition à Newton, il a parlé d’autre chose, ou plus exactement d’une autre manière de ce qu’il percevait plus que de ce qu’il pensait.

Goethe scientifique c’est  :

  • couleurs,
  • botanique,
  • ostéologie et zoologie,
  • géologie,
  • météo (amorce sur les formes nuageuses).

Une œuvre extrêmement vaste, discutable à certains endroits (comme pour chaque travaux de recherche, même nobelisés…) qui a le grand mérite d’offrir un mode d’approche de la nature unissant le phénomène et ce qu’il suscite de non personnel en son observateur, le concept.

Goethe ne s’impose nulle part même il avait une certaine prétention pour sa méthode. C’est plutôt à nous maintenant de considérer l’apport dans la science de son impulsion et de travailler avec.

Depuis quelques temps je voulais faire une page sur cette démarche goethéenne d’approche des phénomènes du monde physique. Il existe des livres entiers qui en parlent. Il existe aussi ma démarche propre de chercheur alors, je voulais faire un lien entre cette démarche et l’écrit déjà existant, mais jamais rien ne semblait vouloir aboutir de façon suffisamment concise jusqu’à ce que je trouve ce passage dans un site : http://melencolia.net/recherches/index.html

J’en reproduis ci-dessous un extrait relativement synthétique. Mais l’ensemble du travail mérite d’être bien plus largement parcouru. Continuer la lecture

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