Archives pour la catégorie cognition

Sciences VS Pseudos Sciences

Temps de première lecture : env. 12-15 minutes (sans écoute de l'émission ni lecture de la page liée.

A lire en préambule : Émission sur France Culture à propos des pseudos sciences.

émission « La méthode scientifique » du 07/09/2017 par Nicolas Martin

Pseudo-sciences : les raisons du succès

Avec Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’université Paris Diderot, et membre du comité de parrainage scientifique de la revue “Sciences et Pseudo-Sciences” et Henri Broch, professeur de biophysique théorique à l’Université de Nice Sophia-Antipolis, fondateur du laboratoire de zététique de l’Université de Nice.

Suite à l’écoute de cette émission, je me dois de réagir.

Prenons en compte le paragraphe d’accroche de la présentation de l’émission. On nous dit in extenso :

C’est parce qu’Isaac Newton a formulé sa théorie de la gravitation qu’Einstein a pu la réfuter pour proposer sa théorie de la relativité. C’est grâce à ces théories, entre autres, couplées à celles de la thermodynamique, que nos civilisations ont pu envoyer des satellites pour observer l’espace, ainsi que la Terre. C’est également grâce aux progrès spectaculaires des mathématiques et de l’informatique que nous avons, grâce à ce réseau satellitaire, en permanence un accès inépuisable à l’information, et à la connaissance du monde. Et c’est grâce à cette longue histoire de progrès scientifique que fleurissent et se répandent, aujourd’hui sur internet, les théories les plus obscures, de la Terre plate au créationnisme. Va comprendre.

Oui, effectivement, va comprendreLire la suite

« Penser » la nature

Article en relecture mais livré aux réflexions : vos commentaires sont les bienvenus.

Préambule

Posons d’emblée la réflexion qui va solliciter notre attention :

Est-il vraiment possible de penser la nature* ?

* Nature = milieu à la fois physique et vivant.

Ceux qui parcourt ce blog ont déjà une part de la réponse à travers tout ce qui a déjà été dit : Non, on ne peut pas penser la nature ! C’est un peu court, dirons les plus spécialistes qui passent leur temps à l’étudier sous toutes ses coutures et avec des résultats et des conclusions qui tiennent la route. Et je les en félicite ici grandement. Leur travail est souvent remarquable, et il l’est d’autant plus qu’ils se contente de montrer des phénomènes, de les commenter dans leur aspects les plus divers. En général, je m’arrête à ce niveau et dès que je sens pointer des éléments qui ne concerne qu’une part étroite de la nature, alors je ne lis plus…

Aussi je reformule ma question : jusqu’où est il possible de penser la nature ?

Quand les pensées personnelles ou académiques viennent se mêler à l’observation, la description c’est un peu comme si on accolait deux mondes :

  1. le monde perçu dans sa part à laquelle nous sommes sensibles, nous ou nos instruments, c’est-à-dire la part sensible du monde qui se dévoile à nous
  2. et le monde de notre conscience par laquelle nous nous faisons et nous fondons nos représentation, nos interprétations, les extensions que nous greffons sur le monde perçu avec des logiques évidentes.

Entre 1 et 2 il y a un hiatus, un espace vide où la chose (externe) perçue devient notre propriété imagée (interne). Et là presque tout est possible du plus réaliste au plus fantaisiste. La chose consistante, le mur sur lequel on bute par exemple, devient inconsistante, il y bien plus de vide que de plein dans un mur ! Alors pourquoi ne passe-t-on pas à travers en louvoyant ?… En général, c’est dans le cas N°2 qu’on réfléchit, et cela est bien naturel car nous n’expérimentons pas forcément le cas N°1.

Ma conscience est interne, et l’objet de ma connaissance doit être externe pour que j’ai une position de recul, de possibilité d’observation. Je peux penser ma conscience par exemple… mais ce faisant avec le cheminement scientifique moderne exigé je dois me couper de cette expérience de mon propre penser, de ma propre activité pensante. Alors je vais l’observer chez un autre à travers ce que des machines sont capables de me dire, des machines que j’ai construite sur la base de mes interprétations jusqu’alors du monde.

Comment donc faire pour s’ouvrir à l’intuition, à la nouveauté, à ce qui se montre mais n’entre pas dans le cadre de la machine.

Le cerveau ne pense pas ! Heureusement… Je pense et lui me sert de support, il n’est « peut-être » que ma paillasse de laboratoire, et ce que j’y dépose n’est que ce que j’ai choisi d’y poser. Rien en lui ne représenter le monde extérieur et ceci même encore moins qu’un hologramme : le cerveau n’a rien pour faire des images ! Et pourtant nous pensons en images et cela grâce à lui.

Aussi, si je veux penser la nature, je dois m’y lier et l’expérimenter, la faire mienne en même temps que je m’en retire un tout petit peu, juste assez pour pouvoir l’observer vivre en moi tout en continuant à vivre avec elle. D’une part générer un regard globale et de l’autre un regard posé qui doivent cohabiter.

Je me démarque en croisant…

Titre sibyllin, j’en conviens… mais il suffit de faire le geste de protection par rapport à une agression pour comprendre : en général, on croise les mains (tournées vers l’extérieure : pronation)  à hauteur des poignets, ce qui induit un double croisement…

J’ai personnellement été très fâché de ce qu’on raconte partout à qui veut l’entendre que l’œil droite est connecté au centre visuel du lobe gauche et l’œil gauche au centre visuel du lobe droit. Ce n’est pas vrai ou alors c’est vrai mais seulement de manière partielle : cela ne concerne que la partie central de l’œil, l’espace de focalisation, l’endroit où l’on perçoit l’apparence de la chose dans ces détails fins… Mais le reste, la part périphérique de la vision, l’ambiance générale de l’environnement de la chose observé, eh bien, celle-ci ne croise pas : l’œil droit s’adresse directement au lobe droit et le gauche au lobe gauche…

Une image du site guide-vue.fr (ATTENTION : ce croquis estt donné pour les voie visuelles

La partie intéressante est au niveau du chiasma optique :

Détail sur l'image précédente.

Détail de l’image précédente.

ON le sait, bien sûr, mais qui en parle de cette subtilité ? Et la situation du cortex visuel ? Par ailleurs, le nerf optique est décrit avec 1,2 million d’axones pour 110 millions de photorécepteurs au niveau de la rétine ; un seul neurone intègre en moyenne l’activité de près de 100 photorécepteurs, moins pour la vision centrale qui fixe la précision du détail et plus pour la vision périphérique qui dégage une impression globale.

Notons, comme pour la pensée plus haut, que le cerveau ne voit rien ! C’est moi qui voit et jusqu’à présent je suis dans ma globalité, pas non plus dans mon cerveau…. Je vous invite à faire le geste « Qui ? Moi ? » et vous comprendrez immédiatement la chose.

Le croisement n’est pas anodin du tout, il n’est jamais anodin d’ailleurs. Observons les os de l’avant-bras des primates dans le cadre de la pronation :

Image empruntée à ittcs.files.wordpress.com et qui correspond à la réalité.

La pronation (croquis B) correspond à la prise d’un objet posé (on arrive donc par-dessus) tandis que la supination (croquis A) correspond davantage à la réception d’un objet. Dans la situation B je développe l’intention de prendre quelque chose et dans la situation mon intention et de recevoir. Nous ne sommes pas dans la même disposition intérieure par exemple selon qu’on donne par-dessus (JE (actif) te donne, tu (passif) reçois) ou par-dessous (je (passif) TE (actif) laisse prendre : tu ne reçois pas…).

Les yeux font les deux états en même temps : la partie centre perçoit et prend tandis que la partie périphérique reçoit malgré elle car je ne fais que diriger la partie centre sur l’objet de mon observation. Ma pensée s’exerce généralement sur la partie centrale, ce à quoi je me connecte, sur quoi je me concentre, et la périphérie demeure dans une part inconsciente de moi.

Quand vous marchez de nuit en forêt… ou dans tout lieu où la pénombre et forte et que votre vision centrale devient inopérante malgré sa sensibilité dite supérieure, vous pouvez gigoter vos yeux (sans tourner la tête) l’impression paysagère demeure quasiment fixe. C’est amusant…

Alors comment penser la nature avec un cerveau qui ne pense pas, qui ne voit rien, enfin pas plus qu’il ne parle ou écoute, sent, ressent, perçoit. On ne peut penser que sur l’apparence que prend la nature dans le cadre de nos perceptions, pour tout le reste on se fait des idées qui mènent à des théories, des façon de « voir »… Ceci dit on peut s’ouvrir à la nature de la nature comme dans ce qui se passe avec nos yeux et nos bras, on peut s’ouvrir (supination) et recevoir à travers un regard élargi, périphérique un aspect caché de la nature qui ne dépend pas, ou peu de ce qu’on observe.

Accueillir la nature

C’est un regard méditatif qui nous amène à nous satisfaire de l’expérience et dans l’humilité de ne pas chercher une explication. Avec le regard central nous décortiquons ce que nous observons, avec le regard périphérique nous le vivons parce que nous pouvons nous lier ici à ce qui vit dehors : la pensée qui s’appuie sur le cerveau sera celle qui nous permettra de partager, de décrire, et l’intuition qui s’appuie sur l’accueil dans nos perceptions (supination, vision périphérique) engendre l’acte juste vis à vis de la relation que nous établissons avec le sujet observé (avec tout ce que cela implique en terme de respect).

On peut penser la chute liée à la gravité, la nature même de l’électricité et d’autres choses qu’on peut éprouver directement et « physiquement » : Abandonnons-nous par exemple à la pesanteur en nous effondrant sur nos pieds avant de nous relever en déroulant la colonne vertébrale. Tout ce qui est à relever exige de la force. Observons comment la tête pèse jusqu’à ce qu’elle soit dans sa position de veille. Éprouvons cela et observons ce qui se produit en nous quand on s’aperçoit qu’une fois en place elle ne pèse plus…

Pensons ensuite à la vache (ou n’importe quel autre animal à grosse tête portée par un cou. Tout à coup on ne peut plus penser même la gravitation de la même façon qu’avant.

On ne la remet pas en question mais on s’aperçoit qu’elle doit être encadrée dans des limites strictes… et entre autre que ces limites qu’on peut lui donner excluent de fait le vivant. Autre exemple : notre cerveau (encore lui !) à une masse mais il ne pèse rien en tant que masse cérébrale par rapport à nous ; il flotte dans le liquide rachidien comme nous dans l’eau. La poussée d’Archimède le désolidarise de la gravitation et cette poussée n’est pas une antigravité, elle est liée au rapport des densités entre deux choses pesantes : le poids de l’objet peut disparaître ou être seulement amoindri ; lors de la flottaison il n’est plus ressenti dans ce qui ne sort pas du contexte. La baleine qui saute éprouve sa masse, enfin !

On pourrait continuer longtemps sur le sujet et l’on verrait toujours qu’une part du Réel échappe à l’exercice de penser. On ne peut penser la nature que sous une forme très limitée et adaptée à une mise en condition où elle est décorporée. L’humain est capable de se saisir comme de s’ouvrir, il peut connaître mais il doit savoir que c’est au risque de réduire. Quant à tout vouloir rapporter à des mathématiques… c’est une autre histoire !

 

Une énergie libre… cqfd (partie 3/3)

Bref parcours de la partie 1  et de la partie 2 : après une mise en train d’introduction, nous avons établi une relation entre  trois concepts liés en une triade : Force – espace – énergie et nous avons considéré l’équation aux dimensions 1J = 1N.m. Puis nous avons cherché dans la nature un exemple manifestant une énergie non directement matérielle (et on a trouvé !).
Nous nous sommes alors interrogés plus profondément sur le concept d’énergie pour aboutir à un concept d’énergie libre.

IV) Mais l’énergie : qu’est-ce donc au-delà de ce qu’en a résumé Feynman ?

J’ai bien conscience qu’il peut paraître présomptueux de vouloir rajouter aux propos de Feynman, mais ce n’est pas de ma faute s’il a pensé sans doute très juste dans un système … fermé. S’il eut été ne serait qu’un peu biologiste de cœur, il n’aurait pas dit les choses de la même manière. Comme nous le soulevions dans la première partie : la forme de la plante ne relève d’aucune énergie physique au sens ce qualificatif et donc enfermée dans un contexte à la Carnot ou à la Mayer.

Car ici le bats blesse sérieusement et gâche même le concept d’énergie. Il nous faut absolument sortir de l’obstination du matériel, et cela d’autant mieux qu’à l’ère de la physique quantique celui-ci bat de l’aile d’un côté. Mais il se bride l’autre aile et tourne en rond par trop de matérialisme, un matérialisme aigu qui devient étranger à notre existence propre d’humain, et ce faisant nous entraînons la nature sous son apparence au lieu de la manifester dans sa magnificence.

L’énergie est une quintessence de la nature. C’est notre chance. Elle n’est pas matérielle, mais le matériel en est imprégné.

Une énergie, c’est un pouvoir :

celui de mettre en œuvre ce qui est à disposition in situ

pour transformer quelque chose in situ ou ailleurs.

Ce qui est à disposition peut l’être intérieurement ou extérieurement au système à transformer. Ceci n’est pas un postulat, c’est le fruit de l’observation :

  • Monde végétal : la plante se transforme en permanence sur des bases non inhérente à la matière, ni même aux molécules composées élaborées par le vivant. Cette transformation est issue pour la part matérielle de l’intérieur (composer les substances ad hoc) et pour la part formelle sur un plan non physique donc non concerné en tant qu’intérieur ou extérieur.
  • Monde animal :
    • l’énergie vient du dedans :
      • sur la base de ce qui est puisé à l’extérieur (alimentation, respiration transformées pour usage propre)
      • et sur la base de ce que ressent son intérieur (faim, soif, descendance, etc.) ce qui pourrait s’appeler la motivation à chercher,
  • mais elle vient aussi du dehors, l’animal étant en permanence en lien avec l’environnement de façon psychique (à travers la sensorialité, vue, écoute, odorat, toucher), l’animal s’enfermant à peine dans le sommeil, hors hib(v)ernation.
  • Monde humain : pour ce qui est du corps l’humain possède une énergie semblable à celle de l’animal [1], et pour ce qui est de lui-même, ce qu’il a donné une fois peut continuer à travailler sans lui, ou bien disons simplement même une fois que le corps n’est plus.

Dans ce dernier ordre d’idée, l’énergie que possède l’humain est l’AMOUR, par lui bien des choses sont possibles mais il ne faut pas se contenter de penser « je veux » il faut aussi et surtout vouloir intérieurement au-delà de l’intention, c’est-à-dire pouvoir entrer en activité ne serait que par une présence vraie du style « Je suis pour toi et non pour moi » (un exemple étonnant, merveilleux et actuel est Amma Amritanandamayi dont parle le film Un plus une de Claude Lelouche).

On est évidemment obligé pour considérer cela de se placer au-delà du monde physique. Et quand on atteint l’ouverture à ce monde  »parallèle », désengorgé du  »bourbier » matériel inflexible (ou à peine flexible) [2].

L’amour par exemple qui s’appuie sur une action pour l’autre est un pouvoir de se transformer qu’on offre à l’autre sans rien perdre soi-même et au contraire. L’amour est une énergie qui demandera des mathématiques bien moins matérialistes que celles-d’aujourd’hui si on veut un jour la mettre en équation (on pourra sans doute l’envisager à partir du moment où on sera pleinement capable de s’ouvrir à ce qui ne passe pas sous le microscope…)


Il est sûr que les trois derniers paragraphes de ce billet ne font pas très scientifiques, mais c’est juste parce que la science est à l’heure actuelle enfermée dans l’étude du concret, fut-il parfaitement conceptuel pour certains domaines. L’amour est l’énergie de se relier sans direction, sans objectif, à l’image du Soleil. C’est un don de soi pour alimenter les autres, n’importe quel autre, un don qui alimente jusqu’à son producteur (qui dans un corps de chair reste soumis aux lois de cette chair jusqu’au jour où peut-être l’amour saura aussi transformer celle-ci).

On aura beau chercher mille raisons obscures à la place que tient l’humain sur Terre, elles seront toutes caduques tant que la dimension de l’amour sera dépendant d’un dogme, d’une morale, il doit devenir inconditionnel et hors de toute confession.

Ce long chemin de soi vers chacun et de l’humanité vers elle-même possède son phare et son énergie en l’amour, voilà la première source vraie d’énergie libre. Il faut l’amadouer, la canaliser, la formaliser un peu mais pas trop car elle ne tolère pas la contrainte dès lors que ce n’est pas le juste, le vrai et le bon qui l’oriente.

Une autre forme d’énergie humaine est aussi de savoir accueillir ce qui vient…

Avec mes remerciements pour votre patiente lecture de ces trois longs billets.

Patrick Roussel


NOTE

1 L’énergie humaine semblable à celle de l’animal mais non identique, nous le comprendrons vraiment un jour. Elle est semblable pour ce qui est du corps mais même là l’humain peut aller plus loin, comme par exemple contre certains besoins, ou les différer et faire alors appel à d’autres ressources face au manque d’énergie inhérent à certains manques de matière ; il fait alors plus que puiser dans ses stocks comme on dit, voici un point commun sur lequel sur lequel l’animal passe bien plus difficilement outre.

[retour au texte]

2 Il devient alors inutile de parler de Dieu par exemple comme d’un être supérieur ou illusoire perdu dans des confins de toutes façons inatteignables, l’être lui-même, ouvert, se révèle en tant que tel. La religion pensée, forcément étiquetée et finalement dogmatique,  qui n’existe qu’au niveau physique devient inutile en tant que doctrine dès qu’elle est vécue : Dieu n’est plus un barbu bien au chaud dans ses contrées célestes, il est à motiver, à mettre en œuvre, en nous.

En ce sens l’athée est souvent plus près de Dieu que celui qui prêche en son nom et souvent se met en porte-à-faux entre l’intention de son discours et ses propres actes (c’est un peu comme ne politique, faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais !). Une version presque caricaturale de cela est vécue aujourd’hui par l’humanité à travers certaines sectes ou confessions plus ou moins anodines (au maximum destructeur on a daech qui impose dans la violence un nihilisme des valeurs humaines, et au minimum constructeur, les confessions religieuses dogmatiques qui génère une bonne conscience avec récompense finale…).

C’est pour cela que celui qui pense être athée peut finalement être plus proche des autres parce que sans fard (à condition que son attitude et son discours s’accorde et qu’il ne joue pas le nihiliste…).
[retour au texte]

Une énergie libre… cqfd (partie 2/3)

Bref parcours de la partie 1 : après une mise en train d’introduction, nous avons établi une relation entre  trois concepts qui nous semblent liés en une triade qu’il est difficile d’éluder : Force – espace – énergie ; nous avons jonglé un peu avec l’équation aux dimensions 1J = 1N.m. Cela nous a portés ensuite à commencer à évoquer le fond du problème : Énergie libre vs conservation d’énergie… et là nous nous sommes brièvement interrogés sur l’énergie nécessaire à une plante pour générer sa forme en tant que forme (et pas d’assemblage/empilage de molécules)…

 

III-1) Énergie : un concept

On a soulevé en dernier point un aspect du monde vivant, mais restons encore dans le monde physique avec l’aventure de nos ampoules d’éclairage. Le watt tombe en désuétude car il n’est plus significatif de ce qu’il était avec les ampoules à filament. A l’époque des LEDs on a besoin de finalement très peu d’énergie calorique (ce qu’illustraient les watts-heure) pour obtenir pas mal d’énergie lumineuse. On quantifie la première en joules mais pour être plus parlant en terme de faculté d’éclairement on parle en lumens pour la seconde.

Le résultat perceptible (lumens) est toujours plus important que la chose cachée (énergie) qui le manifeste

Le lumen est une sorte d’énergie d’émission (si je peux créer ce terme.) L’énergie reçue (mesurée en lux) par un capteur par exemple sera de son côté fonction de la distance (au carré) entre source émettrice et capteur réceptif mais parler de lux… n’est pas pratique puisqu’il faudrait connaître la distance entre le récepteur et la source. On est donc bien avec le lumen dans une aptitude potentielle* d’éclairement mais on ne prend pourtant pas le lumen comme une quantification de l’énergie. [* Aptitude potentielle : cela pourrait bien définir une énergie]

On préfère attribuer l’énergie lumineuse à une longueur d’onde… Avec la pirouette Planck on quantifie l’énergie lumineuse en joules : E = h . λh est la constante de Planck et λ la longueur d’onde considérée en mètre…

L’énergie lumineuse ne dépend donc ici pas de la  »puissance » de la source mais d’une donnée attribuée au photon, quantum de lumière ou plutôt d’onde électromagnétique puisque couvrant la fourchette entre les rayons γ (gamma) et les ondes radio (c’est un peu comme si on quantifiait la chaleur d’un atome de carbone… ce qui est ce qu’on fait avec la capacité thermique de chaque élément mesurée en J/K (joules par kelvin)).

Les lumens étant donc en arrière-plan c’est par la quantité de photon émise qu’on est aveuglé avec une lumière trop forte qui consommera non pas de la force (celle-ci concerne la portée de l’émission) mais de … l’énergie pure ! On parle ainsi de quantum d’énergie mais le réel qui s’offre à nous se trouve dans des proportions nettement plus importante.

Selon le premier principe de la thermodynamique, l’énergie déployée par une source atteint toujours quelque chose qu’elle transforme, ou bien elle se perd dans l’infini cosmique jusqu’à ce que… elle trouve de quoi se mettre sous la dent, quelque chose à transformer, quitte à tourner en rond pour y arriver :

« Au cours d’une transformation quelconque d’un système fermé, la variation de son énergie est égale à la quantité d’énergie échangée avec le milieu extérieur, par transfert thermique (chaleur) et transfert mécanique (travail). »

L’idée d’énergie actuelle, matérialiste, repose en fait sur quelque chose de très fragile voire d’indéfinie… comme l’a souligné Feynman : « Il est important de réaliser que dans la physique d’aujourd’hui nous n’avons aucune connaissance de ce que l’énergie est. » [page 86 de Leçons sur la physique (Odile Jacob, févr. 2000) après une métaphore sur la conservation de l’énergie].

Qui dit système dit limite du système dit forcément intérieur au système et par extension, extérieur au système. Mais alors que devient le premier principe quand on prend le système cosmique dans son ensemble ?… Eh bien, c’est l’entropie qui saisit tout le système physique sous emprise énergétique, on ne parle plus d’extérieur sauf en tant que potentialité d’expansion de l’intérieur, d’un élargissement des limites.

Nos poumons se gonflent, ils jouent avec leur limite… mais ils le font parce qu’il existe quelque chose à l’extérieur qui doit entrer pour que l’intérieur puisse  »vivre », et ils profitent du geste pour mettre dehors ce qui (gaz) a du mal à y revenir par d’autres voies usuellement consacrées aux liquides et aux (pseudo) solides.

Sans vouloir parodier Feynman, je dirais qu’il est important de réaliser que dans la physique d’aujourd’hui nous avons étendu empiriquement la limite du système à l’espace cosmique physique ; et j’ajouterai à propos du premier principe de la thermodynamique évoqué que justement c’est un principe… : il n’est vérifiable que par l’expérience, sans espoir de démonstration.

Si on a limité l’expérience, le principe est caduc ! Or les physiciens de l’époque de Carnot, s’ils sont fait un excellent travail, ont bien limité leurs expériences à la sphère physique, la seule qu’ils aient en fait pratiquée. Et l’expérience ici nous dit qu’effectivement ce qui se disperse d’un côté se retrouve forcément quelque part.

L’énergie libre en tant que source énergétique à disposition sans préjudice ne semble donc pas possible. Mais…

III-2) Énergie libre

Mais on peut se dire : le soleil dispense de l’énergie tout autour de lui. Qu’importe que quelque chose en profite. Admettons qu’il soit l’extérieur considéré dans le premier principe et que les planètes qui font leur ronde autour de lui soit l’intérieur du système. Là où il n’y a pas de planètes (naines (Pluton), géantes (Jupiter, etc.), normale (Terre, etc.) ou insignifiantes comme les astéroïdes) l’énergie solaire est malgré tout dispersée et donc à disposition. C’est une énergie libre qu’on pourrait utiliser sans porter de préjudice au Soleil ni à aucune autre entité matérielle planétaire et leurs habitants…

Le préjudice aurait quand même lieu pour la matière noire qui absorbe indubitablement cet excédent disponible en participant donc à l’entropie du système global, je n’ai rien à redire là-dessus. On se situe dans l’espace physique et donc tout même le rien physique est à considérer. Mais que l’énergie inutilisée soit puisée par cette matière noire qui nous explique malgré elle que le premier principe est juste ou par tout autre entité du système ne change rien à l’entropie globale. L’énergie libre dont on parle pour activer nos systèmes physiques est donc une énergie disponible.

En fait c’est exactement ce que veut faire la science technologique en plaçant une parabole géante au-delà de la Terre pour renvoyer vers celle-ci l’énergie solaire dispersée mais non utilisée (bon, ça ferait un peu d’ombre de temps en temps aux martiens qui évoqueraient la possibilité d’une nouvelle lune pour la Terre).

Donc pas d’énergie libre mais de l’énergie disponible. Si avec la parabole sur Terre vous voulez utiliser l’énergie, vous ferez une ombre qui privera le sol de la même quantité d’énergie que celle que vous utiliserez ; la parabole dans cette histoire se contente de concentrer l’énergie pour la rationaliser. Dans l’espace l’ombre ne grèvera pas la Terre de sa part d’énergie solaire et au contraire la planète en recevra davantage : c’est de l’énergie gratuite (hors construction, mise en orbite, entretien, etc.), et libre.

Capter pour la concentrer l’énergie lumineuse des étoiles du ciel nocturne offrirait une énergie. L’énergie libre première est une énergie qui ne ferait pas défaut à la Terre. Une énergie libre seconde serait une énergie native d’une source autre que physique

  • soit une énergie de magicien, ce qu’on met en général derrière l’idée énergie libre, mais qui ne serait qu’une astuce technologique concentrant ici une énergie quelconque diluée dans l’environnement.
  • soit une énergie provenant d’un autre plan que le plan physique et qui donc aura peut de chance d’être efficace sur des systèmes physiques… mais si ce genre d’énergie était disponible en quantité infinie alors même un mauvais rendement serait tout bénéfice.

 

Une énergie libre… cqfd (partie 1/3)

I) Mise en train

L’énergie libre… voilà le sujet qui fait vibrer nerveusement les financiers, qui fait rêver de paradis les fanatiques éclairés, qui fait sourire en coin les scientifiques rabat-joie ; les autres ne se posent pas de questions…

Les premiers ne veulent pas que soit mis en péril leur mine d’or. Les seconds pensent à tout ce qu’ils voudraient faire sans limite à cause de l’énergie et de son coût qui, pour l’heure, rapporte uniquement aux premiers, les troisièmes savent que l’entropie régnante ne peut qu’infirmer l’espoir et la quête des seconds en comptant en même temps sur quelques subsides des premiers.

Bref ici on tremble, ailleurs on plaide pour, autre part on crie au fantasme.

La consistance argumentaire est chez les troisièmes ; ils brandissent les grands principes de la thermodynamique, car le terme énergie est bien sûr une histoire de thermie si je puis encore m’exprimer avec ce terme tombé en  désuétude car trop lié à l’image calorique de la chaleur ; il est surtout peu pratique et aussi ambiguë que la calorie puisque celle-ci, maintenant rapportée à des joules n’a pas de constante normalisable même si le système des mesures actuel la centre sur une équivalence à 4,1868 joules :

1 thermie = 1000 kilocalories ≡ 4,1868 . 106 joules

(Et on peut aussi transformer nos watts-heures en joules : 1 watt-heure= 3 600 joules.)

Le joule est pour sa part défini très précisément comme étant le travail d’une force motrice d’un newton dont le point d’application se déplace d’un mètre dans la direction de la force.

1 J = 1 N.m

ou encore le Newton étant lui-même un raccourci, si j’ose dire, 1 J = 1 kg.(m/s2).m en unité du système internationale.

Le joule (1J) serait ainsi l’énergie mise en œuvre à développer une unité force (1 N) sur un mètre (1m).

Ou encore le joule serait l’énergie à mettre en œuvre pour accélérer une unité de masse (1 kg) de une unité d’accélération (1 m/s²) sur une longueur d’un mètre (1m).

On rapporte donc l’énergie, produite ou à déployer, comme étant un produit de force et d’espace, c’est-à-dire que l’énergie assure ici le lien entre la force et l’espace.

II) Énergie Force Espace

Voici une belle triade : énergie, force, espace. Aucun de ces termes ne peut s’imaginer sans les deux autres dans le contexte énergétique :

  • Un espace pur sans énergie pour le solliciter ni force pour le tenir est voué à la dispersion.
  • Une énergie pure sans force à activer ni lieu pour s’exprimer est voué à l’ennuie éternel
  • Une force sans énergie pour la concrétiser ni espace pour l’appliquer est simplement inutile.

Les duos eux-mêmes ne mènent à rien :

  • Espace-énergie (force) : rien pour construire, pour former
  • Énergie-force (espace) :  rien à modeler, façonner
  • Espace-force (énergie) : absence d’action possible (potentielle comme en œuvre)

Les trois vont donc de paire si on peut oser ce jeu de mots, ils sont inséparables même si le physicien a pu établir une relation d’égalité en terme quantitatif : l’énergie d’un côté et de l’autre l’espace et la force.

On peut passer la partie suivante (vert) si on est pressé...

Il serait intéressant de chercher dans quel esprit on pourrait bâtir les deux autres situations possibles. Cela va paraître un peu abscons au début d’établir de telles relations mais à tenter la chose, on ne risque pas grand chose si cela n’aboutit pas… Par contre si cela aboutit on peut en sortir grandi !

  • 1 J = 1 N.m : la relation officielle, monde des grandeurs mesurables, mathématiques. L’égalité s’appuie sur un produit que les chiffres valideront sans faute. On utilisera cette relation d’égalité (équation) au besoin pour quantifier soit la force soit l’espace en fonction des deux autres s’ils sont connus, donnés ou possibles.

Pour les deux autres relations (N=J/m et m = J/N)nous sommes en présence de rapports à peine curieux si on essaie de mettre un signe égal (=) entre les termes ; cela rapporte l’équation ci-dessus à un jeu algébrique, rien de plus.

Par contre on peut utiliser le signe  »identique » (≡) pour indiquer une direction quant à l’esprit qui peut nous motiver à trouver une réponse (à quoi ? à la qualité qui s’exprime).  Il va nous falloir perdre ce qui donnait sens à l’égalité (les nombres) pour ne garder que les qualités, ce qui pouvait être quantifié (la grandeur) ; reprenons-les dans l’ordre inverse, les rapports puis le produit :

  1. N ≡ J/m : la force née quand énergie et espace entre en rapport
  2. m ≡ J/N : l’espace né quand énergie et force entre en rapport
  3.  J ≡  N.m : l’énergie née comme un produit, une production de force et d’espace

Observons donc plus profondément ces trois propositions dans leur aspect qualitatif.

N ≡ J/m et m ≡ J/N sont des rapports. En ce sens ils installent une relation de proportionnalité entre eux. L’état fondamental force ou l’état fondamental espace sont ici ramenés (rapportés) à une relation comme en musique où la demi-corde donne l’octave de la note fondamentale obtenue avec la corde à vide.

Les trois grandeurs en lice sont fondamentales, l’une ne porte pas davantage la réalité que les autres mais quand on voit un rapport il faut se dire qu’on se place en situation de différencier, séparer, désunir des grandeurs entre elles qui appartiennent à une même agrégation, ici la triade force espace énergie.

Pour l’exemple de la musique, on agrège une chose (la corde), un fait (la limiter) et un acteur (le musicien). Pour faire une note particulière (émission sonore liée au monde physique et à la nature physique des éléments mis en commun), le musicien fixe une longueur déterminée de corde qu’il va solliciter (par pincement ou frottement) : il établit ainsi un rapport entre la corde à vide et la part qu’il souhaite en utiliser.

Il en va de même avec nos J, N et m. La force sera le résultat d’une action énergique dans un espace donné, et l’espace (distance parcourue) sera la conséquence de l’action (force) énergique entreprise.

Une grande énergie mise en œuvre dans le cadre d’une force faiblement actrice manquera d’efficacité en terme de mouvement : si vous chauffez (énergie) un objet, son poids (force : masse soumise à la gravitation diminuée de la poussée d’Archimède liée au milieu qui baigne l’objet) ne sera guère concerné, l’espace lié à l’objet n’aura guère d’influence sur le poids (dilatation et donc légère augmentation de la poussée d’Archimède). Par contre il peut résulter de cette même dilatation une force extraordinaire par l’intermédiaire d’une pression par exemple (serrage libre d’une pièce froide dans une pièce à température ambiante ou chaude par exemple qui devient dur quand les températures s’harmonisent).

La proposition 3., celle qui en fait nous intéresse au plus haut point, est amusante… : l’énergie est identique à un produit de force et d’espace. Amusante oui mais pourtant c’est bien cela qui se produit quand on observe par exemple le résultat de l’énergie cinétique avec choc c’est-à-dire limitation brutale de l’espace d’expression. Il se dégage une force d’impact.

Tant que l’espace n’est pas limité, on est en inertie comme en aurait convenu Newton, et l’énergie cinétique n’a alors de réalité que … potentiellement ; elle prendra par contre pleinement sa réalité lors du choc, c’est-à-dire, quand son vecteur devra changer de milieu, d’espace (au CERN, on communique de l’énergie aux particules avant de la transposer, par le choc sur d’autres particules, en pouvoir de destruction).

L’énergie n’est pas à la base mais elle existe comme les deux autres à la congruence des trois : énergie, force, espace.

III) L’énergie libre ou la conservation de l’énergie ?

Fort de ce préambule se pose alors la question des limitations

  • de l’énergie atteignant avec le système qui la porte une entropie maximum,
  • de l’espace rempli de corps totalement éparpillés,
  • de la force qui ne peut plus s’appliquer nulle-part.

Si l’on considère l’espace cosmique limité par le fond cosmologique alors effectivement l’énergie libre semble ne pas entrer dans le cadre. Il faut prendre ici ce qui en fera défaut tôt ou tard pour l’utiliser ailleurs. C’est le monde de l’entropie : le chaos s’installe, les choses n’ont plus de lien, tout se disloque, plus rien ne coopère pour construire, l’espace par en lambeau (où ?), les forces n’ont plus de raison d’être (que sont-elles devenues ?) et l’énergie a atteint son point le plus bas par la dispersion (elle existe globalement mais sans concentration aucune).

En entropie maximum, il n’y a plus de centre de force [1]. 

L’énergie libre n’a donc pas sa place dans un tel système de considération, il faut chercher ailleurs… si on veut la trouver pour en parler !

Que fait-on quand on pense énergie ? On pense joules… c’est-à-dire on l’aura deviné qu’on pense en même temps espace et force physiques. Mais question simple s’il peut en être :

Quelle énergie est-elle nécessaire à la formation d’une feuille de nénuphar ou d’une aiguille de pin (ou tout autre organe ou organisme vivant, évidemment) ?

La réponse est rapide : aucune ! Aucune du monde physique (car on peut dire qu’on a fait le tour depuis trois siècles, non ?)…

Aboutir à la forme ronde du nénuphar ou à la forme rectiligne de l’aiguille de pin ne demande aucune énergie physique. Même si, comme on le pense usuellement, la forme serait contenue dans les gènes, ces derniers jouant ensuite sur les molécules ; la matière va se confronter à des échanges d’énergie pour pouvoir assembler/empiler des molécules ad hoc, mais la forme elle-même, en tant que telle,  ne prendra pas sa part de ce genre d’énergie (les formes moléculaires ne la justifiant tout simplement pas…).

Par contre il se passe bien quelque chose, chacun peut le constater sans aucun appareil technologique…

à suivre


NOTE

1 Les forces considérées par les physiques galiléenne, newtonienne et même quantique aujourd’hui s’appuient toujours sur une notion de forces centrales (même la force centripète…). Ces théories n’interrogent absolument pas une notion de forces périphériques qui seraient des forces ‘confinante’ et sans origine vectorielle, venant de nulle-part précisément et s’exerçant partout sans distinction, forces agissant depuis l’ensemble de la périphérie vers l’intérieur du système considéré.

Une physique du vivant comme celle que développe l’association scIence permet de s’ouvrir à de telles forces influentes jusque sur les systèmes physiques.

Après tout, une force est une force, non ?… Pour concevoir mieux comment se situent les théories qui ne sont finalement que des points de vue, des attitudes mentales et limitatives de considérations sur un sujet donné du monde physique (la nature !), on pourra lira  : De la mécanique galiléenne à la relativité restreinte un T.I.P.E. de Julien Baglio, 2005, École Normale Supérieure). ce texte assez simple, dans un cadre expérimental, permet de comprendre que tel fait qui est un mystère pour telle théorie s’éclaire à travers une autre qui simplement tente de voir plus large.

On pourra ensuite s’interroger plus avant sur le fait de considérer les théories comme des sortes de visions absolues si aucune, ouverte à des forces périphériques, n’englobe celles qui éclairent presque parfaitement les notions physicochimiques du monde physique (Einstein les avait prédites… les ondes gravitationnelles qui pourraient motiver des forces, encore centrales…).

Pour comprendre l’intérêt des forces périphériques il faut s’ouvrir à l’existence d’un milieu vivant congru au milieu physique qui forme la nature…

[retour texte]

 

Accueillir des phénomènes : une démarche artistique

Bonjour,

Voici un billet qui va mettre en avant un point important de notre protocole de laboratoire au sein de l’association scIence :

L’accueil du phénomène.

André Faussurier a commencé à utiliser ce protocole dans l’observation des phénomènes atypiques il y a plus de 50 ans… (il a 90 ans à l’heure où j’écris). Cela lui a permis d’être ouvert à bien des variations atypiques de phénomènes physiques reconnus pour être stables.

Si ne serait-ce qu’un seul cas est exceptionnel (par exemple si la pomme fuyait une seule fois la Terre en se détachant de l’arbre par exemple) alors ce cas serait à étudier avec plus de force qu’aucun autre. Évidemment il faut souhaiter que ce cas soit reproductible : au laboratoire de scIence nous travaillons sur des cas inhabituels mais reproductibles dans leur ‘inhabitualité‘.

Lorsqu’André Faussurier m’a parlé de l’accueil, ce fut tout d’abord comme si j’avais tout de suite « saisi » la chose puis j’ai compris après coup que c’était facile à accepter mais pas vraiment à comprendre, comprendre c’est-à-dire prendre avec soi pour faire quelque chose ensemble. Lire la suite

La lecture du Réel (3/3) : la nécessité d’être

Résumé du présent billet : Les sens ne sont rien sans l’être qui les porte. Mais qu’est-ce que l’être ? Quelles ressources pour l’atteindre si on ne le  »voit » pas dans la matière ?

Dans un dossier du magazine La Recherche, N°480 juillet août 2014, celui-ci titrait : « La réalité n’existe pas ». On comprend à lire les différents articles que ce qui manque à cette science est une idée de l’être.

Je détaille ma « critique » du premier des articles de ce dossier dans un autre billet.

La lecture du Réel : suite

Nous avons touché la dernière fois juste deux aspects liés aux sens du goût et de l’odorat, et nous avons vu comment nos pensées s’habillaient essentiellement du caractère image. Il convient d’aller plus loin maintenant, beaucoup plus loin d’un seul coup.

Nos sens ne sont rien… ! Lire la suite

La lecture du Réel (2/3) : nos sens

Résumé du présent billet : Le rapport que nos sens entretiennent avec le jugement. Ce qui vient vers nous rencontre ce qui vient de nous, qui doit harmoniser les deux pour atteindre au Réel ? La lecture d’une seule face du Réel mène à l’expérience d’une incomplétude.

Gardons les pieds sur Terre et laissons tourner le Soleil

Tenez, sans voir trop loin disons juste deux ou trois choses sur le goût et l’odorat, juste 2 fenêtres sur les 5, 6, 7 ou 12 qu’on peut envisager (ceci dit sans compter le sens de l’humour ni celui du contresens).

Oh, je ne dirai pas ce qu’on lit partout sur l’un et l’autre qui sont les extrémités d’un système nerveux transmettant au grand centre leurs messages passés par le crible d’une chimie qui me dépasse dans une ambiance électronique qu’on nous sert de façon faussement naïve ou psychédélique. Ceci c’est la réalité des uns, c’est l’aspect machine, cela revient un peu à expliquer comment un vide prend forme par une certaine activité, presque aléatoire mais tout de même sacrément structurée, pour nous laisser apprécier une réalité qui serait la somme de signaux électriques sans consistance réelle, sans même un caractère image. Ce sera pourtant avec des images, des représentations que nous nous exprimerons pour dire ce qu’on a perçu si l’on veut être entendu, perçu par autrui. Lire la suite

La lecture du Réel (1/3) : des pensées « images »

Résumé du billet : Apparence, réel, réalité. Les outils de lecture technologiques d’une part, et d’autre, les outils du vivant que sont nos sens. Le rapport que ceux-ci entretiennent avec le jugement. Quand est-ce que l’apparence parle « vrai » ?

  • Qui a vu cette image ?
  • Quelqu’un a-t-il vu cette  »chose » ?
  • Quelle est la réalité de cette  »chose » ?
  • Où est la limite entre apparence (image) et réalité (chose) ?
  • L’apparence est-elle la peau du Réel ?
  • Comment un Réel s’habille-t-il d’une apparence ?
  • Peut-on lire le Réel en percevant ses apparences ?
  • De quelle manière l’approcher pour tenter de le comprendre ?
  • Les apparences sont-elles dotées d’une logique entre elles ?
  • Le Réel est-il harmonieux ?
  • Jusqu’à quel point pénètre-t-on l’apparence ?

Autant de questions pour lesquelles la quête d’une réponse n’engage pas sur le même chemin.

Introduction vers une démarche

Le lien au Réel est au centre du développement de l’humanité. Car tout est là pour nous humains : comprendre le monde où l’on est. Le monde, c’est-à-dire, toi, lui, l’espace, le temps, la nature, moi et tout ce qui fait que tout cela paraît bien ….. réel.

Le chat s’en moque, le dauphin aussi, même le bonobo… rien dans les activités des animaux ne nous montre un intérêt pour la compréhension du monde : le monde est comme il est, c’est tout ; et dans ce monde, à la limite d’une forme d’empathie, on peut s’aider. Lire la suite

Penser le vivant (II) : le club des 5

CHON(P), vous connaissez ?

Oui en partie si vous avez lu l’article Penser le vivant (I) : les briques du vivant

CHON sont Carbone, Hydrogène, Oxygène, Azote qu’on trouve à l’état natif et naturel sous la forme de

  • C :carbone (diamant, graphite, charbon),
  • H2 : dihydrogène (de passage, car trop léger),
  • O2 : dioxygène (1/5 de l’air que nous inspirons env.),
  • N2 : diazote (4/5 de l’air que nous inspirons env.).

Et P, le phosphore. Il n’existe pas à l’état natif hors laboratoire vue sa réactivité, et par exemple sa trop grande appétence pour l’oxygène (auto-inflammation à l’air) qui empêcherait tout atome de subsister tel quel. Voici le club des 5 au sein des 36 plus légers atomes sur tous ceux qu’on connait (existants ou artificiels).

Le haut du tableau périodique des éléments et les emplacement des membres du club des 5 (en vert, les non-métaux)

Le haut du tableau périodique des éléments et les emplacement des membres du club des 5 (en vert, les non-métaux)

Arrêtons-nous en premier sur le phosphore in vivo dans sa forme ATP ou adénosine triphosphate.

adénosine triphosphate (ATP) [chaque  »angle » où il n’y a rien d’écrit est tenu par un atome de carbone]

On voit immédiatement la complexité environnementale pour que ce roi de l’instabilité chimique soit cadré, porté. Pas moins de 4 atomes d’oxygène le limitent énormément, le contiennent (sous réserve évidente que ce  »dessin » soit une reflet de la réalité) ;  au labo, du phosphore blanc s’enflamme tout seul et sans peine à partir du moment où il atteint 30°C. Du O mais aussi les 3 autres !

[En tant que phosphate, le phosphore est calmé mais il garde son tempérament. On le trouve dans le phosphate d’ammonium par exemple qui est souvent incorporé au engrais minéraux NPK où il représente la lettre P. Le phosphate d’ammonium (NH4)3POse montre en solution aqueuse sous la forme (NH4+)3 = ammonium et PO43 – = phosphate. Les « NPK » sont des engrais minéraux utilisés pour ce qu’ils peuvent apporter en quantité supplémentaire au sol :

  • N : azote     L’action essentielle de l’azote concerne la partie aérienne des végétaux : tiges, branches et feuillage.
  • P : phosphore     Le phosphore assure le bon développement des racines et favorise également la résistance aux maladies.
  • K : potassium     Le potassium favorise le développement des fleurs et des fruits.

source ]

Dans la plante où il est essentiel, le phosphore se trouve sous les formes di- et triphosphate de l’adénosine. Il permet à celle-ci de fournir l’énergie nécessaire à certaines réactions chimiques. Vite dit, l’adénosine passe de tri- à di- en libérant un phosphore libre et inorganique Pi (c’est comme ça qu’on l’appelle) cela permet de soutenir la réaction avant que le  Pi soit récupéré ensuite au calme par une forme quelconque di- qui de cette façon reviendra tri-. Le phosphore est ainsi un spectateur dynamique du métabolisme végétal, mais il assure aussi ce rôle chez nous comme chez les animaux. On pourrait peut-être dire qu’il éclaire la réaction de l’intérieur…

Regardons maintenant rapidement les 4 as de notre club des 5 loin des critères habituels :

Carbone
C
Hydrogène
H
Oxygène
O
Azote
N
état
(25°C, 1 atm)
 solide  gaz  gaz  gaz
valence
(liaison)
 4  1  2  3
tempérament  Terre
(charbon, diamant)
 Feu
(acides)
 Eau
(oxydes/bases)
 Air
forme des sels minéraux instables;
(explosifs…)
comportement attend d’être sollicité saute d’un élément à l’autre gros appétit indifférent
particularités  chantre de la forme chez le végétal, il en prend naturellement 3 dans le monde minéral : en feuille dans le graphite, en volume dans le diamant et en  »point » libre sous sa forme monoatomique (ou petits agglomérats) élément matériel le plus léger volontiers réductible à son seul noyau atomique (un proton) ignore seulement le tungstène, le platine, l’or et les gaz nobles
forme volontiers des oxydes multiples comme par exemple avec l’azote ou le manganèse
employé comme gaz inerte (peu réactif,
mais réaction directe avec lithium et magnésium)
 forme des particules fines qui flottent sans peine dans l’air  plutôt adapté au vivant qu’au minéral
 sublimation (passage solide gaz, hors oxygène) à 3825°C flamme la plus chaude gaz de la vie (même chez les végétaux !) modérateur des effets de l’oxygène dans l’air

On pourrait aussi les regarder 2 par 2 : H2O (eau), CO2 (gaz carbonique) et CO (monoxyde de carbone), NOx (gaz nitrés de nos pollutions automobiles et de chauffage), CnHm (hydrocarbures), CN (cyanure évoqué dans l’article précédent) ; H3N (nitrure d’hydrogène = ammoniac, gaz) ou par 3 ( »CHO » comme les oses, HCN (cyanure d’hydrogène), HNO (acide nitrique p.e.), OCN (cyanates)).

Ce faisant il faut regarder les nouvelles dynamiques installées, par exemple que l’O calme le feu de l’H en l’alourdissant, alors que le même O allège le carbone [notons que C et H sont tous les deux moins massif que O].


Ces quelques réflexions rapides amorcées par un article à propos d’astrophysique voudraient juste motiver un début de chimie du vivant, c’est-à-dire dans l’optique du vivant et non plus sous un aspect purement et de plus en plus physique uniquement. Observer sous un angle nouveau les tempéraments et autres particularités de composés formés sur ces 4 as construira à terme une riche chimie du vivant et à une lecture constructive de ce qui est à notre portée directe.

Le chemin des pensées pour envisager le vivant ne saurait être linéaire… Il faut penser de façon globale au moins tous les critères liés à ce que l’on considère quand on observe des parties du vivant, sinon l’élément global suffit.

La cellule par exemple possède une fonction, c’est celle-ci au sein de l’organisme qui la porte qu’il faut considérer ; le CHON(P) & + … qu’on y trouve est à prendre comme simple indicateur d’une dynamique particulière qui est reflétée dans la fonction de la cellule (par exemple c’est l’atome de magnésium dans la chlorophylle qui fait sa dynamique photosynthétique, le reste est là pour porter cet atome unique au milieu des 137 qui la composent [C55H72O5N4Mg, chlorophylle a].