Archives pour la catégorie Goethe

Conception du monde, et « écoles » scientifiques.

« Esprit » galiléen, matérialisme newtonien, démarche cartésienne
vs
« Approche » goethéenne.

 Genève, jardin botanique, le champ de tulipes.

Genève, jardin botanique, le champ de tulipes.

À l’occasion de l’assemblée générale de l’association scIence (2013) j’avais lu les paroles suivantes qui aujourd’hui reviennent pour nous permettre d’observer la place de Goethe dans le parcours scientifique de l’Europe de l’ouest et par extension dans l’histoire de l’humanité :

L’homme dans la mesure même où il utilise ses sens non corrompus, est l’appareil physique le plus grand et le plus exact qui puisse exister et c’est justement le plus grand malheur de la physique nouvelle d’avoir pour ainsi dire séparé les expériences de l’homme, et que l’on ne veuille reconnaître la nature que dans ce que montrent des instruments artificiels pour prouver et par-là limiter ce qu’elle peut réaliser.

Goethe, JW, Maximes et réflexions, p. 78

Goethe disait faire appel à une observation sensible et supra sensible à la fois. Autant les sens ordinaires (principalement la vue dans son cas) étaient utilisés autant il savait que son jugement avait la propension à aller de l’avant vers que ces sens lui décrivait du monde. Au-delà de cette apparence brute, il cherchait donc à dépasser ce qu’il aurait peut-être voulu voir pour s’absorber dans un accueil du fondement archétypal du phénomène qu’il considérait :

« La Nature n’a point de secret qu’elle n’expose quelque part
aux yeux de l’observateur attentif. »

(Goethe, Autobiographie) Lire la suite

La démarche goethéenne

Goethe dans la campagne romaine, Tischbein, 1787, Musée Städel, Francfort-sur-le-Main.

Goethe n’a jamais été reconnu comme un scientifique par le communauté éponyme; et pourtant sont action est largement à la hauteur de celle d’autres qui sont entrés dans le club (auto) protégé de la science que je qualifierai ici de galiléenne, ou de newtonienne voire de prométhéenne même si aujourd’hui un nouveau pas a été franchi : la technoscience… qui ne pose plus simplement un regard mais agit en relation avec l’industrie.

Goethe n’a pas été en opposition à Newton, il a parlé d’autre chose, ou plus exactement d’une autre manière de ce qu’il percevait plus que de ce qu’il pensait.

Goethe scientifique c’est  :

  • couleurs,
  • botanique,
  • ostéologie et zoologie,
  • géologie,
  • météo (amorce sur les formes nuageuses).

Une œuvre extrêmement vaste, discutable à certains endroits (comme pour chaque travaux de recherche, même nobelisés…) qui a le grand mérite d’offrir un mode d’approche de la nature unissant le phénomène et ce qu’il suscite de non personnel en son observateur, le concept.

Goethe ne s’impose nulle part même il avait une certaine prétention pour sa méthode. C’est plutôt à nous maintenant de considérer l’apport dans la science de son impulsion et de travailler avec.

Depuis quelques temps je voulais faire une page sur cette démarche goethéenne d’approche des phénomènes du monde physique. Il existe des livres entiers qui en parlent. Il existe aussi ma démarche propre de chercheur alors, je voulais faire un lien entre cette démarche et l’écrit déjà existant, mais jamais rien ne semblait vouloir aboutir de façon suffisamment concise jusqu’à ce que je trouve ce passage dans un site : http://melencolia.net/recherches/index.html

J’en reproduis ci-dessous un extrait relativement synthétique. Mais l’ensemble du travail mérite d’être bien plus largement parcouru. Lire la suite