Archives de catégorie : réalité

Deux naïfs en gravitation ou « La flamme sacrée »

24 fév. 2019

Objectiver par soi-même

Si je regarde une pierre tomber alors, avec quelques efforts de structuration des pensées qui en moi s’en suivent, je dois pouvoir arriver sans trop de peine à une idée de la gravitation.

Il me faut sans doute faire davantage d’effort(s) pour me mettre en état de totale objectivité, c’est-à-dire oublier ce qu’on a pu m’en dire, ce que j’ai pu retenir de ce qu’on à voulu m’apprendre, de ce qu’on a parfois purement chercher à m’inculquer et que j’ai intégré.

Il me faut sans doute un effort supplémentaire pour simplement me dire que cela peut valoir un peu de temps que de s’intéresser à un tel phénomène.

D’autres efforts peuvent être nécessaires pour éviter d’aller chercher des réponses dans les livres ou sur internet.

Deux naïfs en gravitation dans des dispositions peut mathématiques pourraient discuter ensemble pour confronter leurs cheminements et plus précisément leur théorie, leurs façons de voir à ce sujet, sur ce sujet ! Est-on certain alors qu’ils arriveraient aux conclusions qui sont celles de notre civilisation après que d’autres naïfs prédisposés aux mathématiques… ?

Apprendre ou comprendre

Quand j’apprends, je répète, je redis, je refais. Que des re-… J’apprends alors des résultats, des « trucs » que des gens ont mâchés avant moi, voire des gens qui m’ont prémâché la travail, l’ont dépouillé de ses complexités. C’est un travail que je n’ai pas à faire, un cheminement de moins pour moi, cela permet d’aller vite.

1515 Marignan, par exemple, autant l’apprendre car il n’y a rien à comprendre… sauf si on se dit « qu’est-ce que cela m’apporte de « savoir » ce 1515, Marignan sans le décoder ? ». Quand cette question surgit, il va me falloir aller au-delà de l’espace-temps… dans ce qui lie cette année à ce lieu (ou l’inverse). « La bataille de Marignan eut lieu les 13 et 14 septembre 1515 et opposa le roi de France François et ses alliés vénitiens aux mercenaires suisses qui défendaient le duché de Milan. » [source] Pas de mystère ou d’entourloupe : je ne savais même pas ça, juste que cela impliquait François premier (le roi de France, tout de même, pas le pape).

Pour comprendre, quand je veux comprendre, il faut que je me dise et redise, voire que je formule à ma façon et reformule, que je fasse et refasse de manière à faire mien ce sur quoi j’ai choisi de porter mon analyse. Il faut que je fasse mien, que je con-prenne, que je prenne avec moi…L’autre ne peut jamais comprendre pour moi !

Pourquoi je vous raconte tout ça ?…

L’idée m’est venue en écoutant une analyse de Natacha Polony sur le groupe du Bilderberg, puis en lisant un appel au refus de la géo-ingénierie et pour finir après une vidéo intitulée Keepers of the flame. Curieux mélange sans doute !

Il y a un peu de tout cela dans notre monde… Le direct, le concret, le sous-jacent, le ressenti, le pressenti, l’imaginatif, l’intuitif, et tout cela nous inspire parfois. Tout cela donne un support à notre vie, à notre recherche si on en a une. Et si on n’en a pas on court le risque d’être encore plus manipulé, de devenir un pion quand ce n’est pas un jouet dans les mains de joueurs plus ou moins éthiques, plus ou moins sincères, plus ou moins honnêtes. Et toujours cette solitude quand il s’agit de SE faire une opinion, de savoir à qui faire confiance pour nous aider à réfléchir, cette solitude qui ne peut s’appuyer pourtant que sur notre vision personnelle du monde pour la confronter à un Réel à multiples facettes que nous partageons tous.

Il sera par exemple toujours difficile de faire la pleine part des choses comme entre les intentions globales, louables et justifiées du mouvement des Gilets Jaunes et la réactivité instinctive, voire bestiale ou maladive que certains laissent monter en eux pour insulter, casser, ou simplement affirmer leur sentiment d’impuissance, le sentiment aussi d’être manipulé…

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, une réflexion pour réfléchir… en partant du Bilderberg pour arriver aux Gilets Jaunes, deux facettes de construction de la société… Et n’oublions pas la petite flamme qui couve en chacun (On lira la très belle légende du Christ écrite par Selma Lagerlöf qui parle de Raniero di Ranieri et de sa flamme sacrée.)

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Autant abolir la musique !

À une époque où l’on entend à longueur de journée que

  • l’homme est un animal (certains, je ne dis pas, ils se comportent comme tel, mais sont loin d’être représentatif de l’ensemble…),
  • et qu’il est, comme le reste du vivant, une machine soit merveilleuse soit imparfaite mais en tout état de cause une machine,

je doute que chacun qui conclut à ceci se pose les vraies questions qui me semblent être :

  • Qui suis-je ?
  • Comment suis-je devenu qui je suis ?
  • Vers quel monde est-ce que je m’achemine (moi, personnellement, je, etc.) ?
  • Les autres vivent-ils les mêmes interrogations que moi ?

Que regarde-t-on pour affirmer (et non pas postuler) qu’être humain est être animal ?

On regarde son corps comme on regarde celui des animaux; eh oui on a un corps très proche de celui des mammifères, mais pas plus loin, surtout pas !!! Sinon on conclurait autrement et sur des bases bien trop complexes pour être prises en considérations. On en reste à « quelques critères ça passe, davantage, bonjour les dégâts, trop, on finit par se perdre« …

Notons qu’on mentionne toujours les histoires de génomes, ce qu’on partage, ce qu’on a pas. Un corps vivant possède un génome. Pas le minéral. Il y a donc le monde minéral sans génome  et le monde vivant qui est génomique. On a un génome, donc on est des êtres vivants, c’est tout ce qu’on à le droit de conclure.

Que regarde-t-on pour dire qu’il est une machine ?

On regarde son corps… encore. On le regarde comme on regarde les systèmes mécaniques et les industries chimiques, ce qui en fait sa matière et comment elle est organisée. Et on montre que nos muscles, tendons et os sont comme nos machines… (bon, on oublie un peu qui les a faites ses machines et en partant de quoi…).

Quand regarde-t-on l’être entier ?

On me dira que le sujet reste ouvert, qu’on n’a pas trouvé la place de ce dernier, l’être, dans le cerveau mais que peut-être avec les ressources de la mécanique quantique on pourrait (conditionnel, soyons toujours attentifs à l’emploi du conditionnel)  s’acheminer vers une réponse.

Eh quoi ? L’être n’est pas une pierre, pas un morceau, pas un quantum. Dites-moi que je ne rêve pas, que chacun le sent en lui, se sent même lui plus que son corps. Rassurez-moi, je ne suis pas le seul dans ce cas !…

Je perçois mon corps ne signifie pas autre chose que :

« Quelque-chose de moi est capable de se mettre en retrait pour observer et percevoir la réalité corporelle. »

Ce quelque chose englobe mon corps, avec ses entrailles, ses muscles, ses os, ses nerfs et tutti quanti. C’est déjà beaucoup… Et quand je suis en bonne santé, justement j’oublie ma corporéité.

Mais ce n’est pas tout ! En plus de me percevoir, je peux agir, c’est-à-dire réaliser une transformation de mon environnement, et de plus, celui-ci peut avoir un effet sur moi non seulement si je le transforme mais aussi si je le considère seulement comme autre chose qu’un accessoire, il est indispensable à mon existence corporelle !

Quelle est donc cette image de l’humain que la science commune (ou orthodoxe, légitime, en place, mise en avant, etc.) veut nous donner ?

C’est juste son image à elle dans le cadre des limites qui sont les siennes ou qu’elle s’impose, c’est comment elle voit l’humain (et le reste du monde vivant) à l’aune de ses instruments de mesure du monde… physique.

Pour ajouter aux conclusions et les créditer, cette image est développée aujourd’hui à force d’informatique (simulation, infographie, etc.); cela facilite grandement la vulgarisation, cela évite des mots, cela permet au gens de se faire non pas une idée (début de concept) mais une représentation, c’est-à-dire une image, une image d’image !

D’où vient un être humain ?

On nous dit : de la rencontre de deux gamètes ! Nous voilà bien avancés et encore l’un des deux [gamètes] est hyper pas performant (voir Pr Nathan H. Lents  Les spermatozoïdes tournent toujours à droite et autres bizarreries du corps humain, éd.Larousse ). C’est un peu comme si dans la nature humaine tout était fait pour que ça marche peu, tout en espérant que le mâle copule un peu partout pire qu’un lapin sans doute !

L’humain est en état de faiblesse sur Terre, mais il domine cette dernière et tous les règnes visibles !!! C’est inouï. Rappelons Blaise Pascal :

« l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant »

(Pensées, fragment 348)

À l’aune de la science actuelle, l’humain donc (je n’aime pas dire l’homme, terme éminemment sexiste) serait finalement une machine, un empilement de pièces ayant des fonctions diverses et variées, pièces faites d’atomes, molécules et ions. Moi, j’appelle cela un minéral, doté en outre et effectivement de mécanismes comme ceux d’une montre, d’un moteur, d’un gaffophone, … qui ne sont jamais que des assemblages minéraux limités à leur corporéité (même dans le cas d’émission ou réception d’ondes).

Et ça serait tout !!!

Le ressenti des espèces sensibles serait basé sur des jeux d’hormones et autres substances. Des centres stimulés par ces ou des hormones et autres substances donneraient, fourniraient, créeraient une impression, celle de vivre (tiens ça veut dire quoi ça ?) une image, comme un rêve, que tout ou partie du corps suggère, sorte de virtualité synthétisée par des réalités chimiques.

Ses facultés d’action, de créativité, tout comme son ressenti, l’humain les devrait donc à une sorte d’algorithme chimique. C’est qu’on cherche à nous faire croire : tout est chimie, même toi.

Mais qui parmi vous n’a jamais été ému aux larmes, avec cette vibration intérieure qui secoue tout le corps soit en présence de beau (musique, paysage, geste d’amour, etc.), soit en présence de laid (injustice, massacre, etc.) ?

Ça vient d’où cette émotion à l’audition de tel morceau de musique (même informatisé) ? Repensez à cela la prochaine fois que cela vous arrive, et vous entrerez en contact avec vous, très profondément, et bien au-delà de votre corporéité, bien plus largement que vos corps qui à partir de là ne vous servira plus que d’ancrage.

Et si vous pensez, que la chimie est responsable de votre émotion alors autant abolir la musique. Elle devient de plus en plus simple source de profits pour ses diffuseurs alors qu’elle étaient lien, partage pour ses « inventeurs » à l’aube des temps, un moyen de cohésion, de se sentir humains ensemble ou de se trouver soi-même.

Si nos émotions sont le fruit de la chimie (je ne contredis pas le fait qu’il se produit de la chimie quand on en a effectivement une, je dis simplement qu’elles n’en sont pas le fruit), si donc il en était ainsi, alors à quoi bon s’évertuer à cultiver arts et relations sociales ? Les robots n’ont pas besoin de leurs congénères.


J’avais deux titres dans le texte :

  • autant abolir la musique
  • Les robots n’ont pas besoin de leurs congénères

Le premier m’a semblé plus percutant…

 

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Vers un monde moderne

À l’issue des 3 articles précédents* mettant  en cause l’apparence de modernité de notre époque, il me faut mettre la pendule à l’heure pour décrire comment aller vers l’étape que je qualifie volontiers de post-matérialiste.

Après le XIXe siècle qui s’interrogea sur le sujet, le XXe siècle commença à découvrir l’intime de la matière, et en ce début de XXIe il est clair que nous sommes allés jusqu’à dématérialiser cette même matière, qui n’est plus que le fruit d’ondes électromagnétiques. Nous vivons dans un monde de plus en plus dématérialisé mais sans rien mettre à la place qu’une sorte d’impondérabilité sans arrière-plan, sans densité constructive autre que pseudo-mécanique, une densité quantique.

Alors je pose la question : comment peut-il encore évoluer ? Je parle bien de l’humain bien sûr, et pas de sa technologie…

Notons bien que j’évoque une question « comment » et non « pourquoi » (vu que la cause est dans sa nature propre de l’humain !) et non plus vers quoi (nous verrons plus loin…). Pour autant que l’on puisse répondre à cette question, il faut au moins poser quelques postulats :

  • l’humain est un être d’évolution qui passe son temps à s’évader des conditions naturelles,
  • l’humain (et le vivant en général) n’est pas que la somme des molécules qui en composent sa nature physique apparente,
  • l’humain est capable de se différencier du monde environnant (sentiment du « je », appui sur sa capacité à reconstruire le monde sous forme d’image indépendante de l’environnement perçu strictement : imagination, fantaisie, créativité, etc.), l’humain peut se mouvoir dans son monde intérieur.

Si ces postulats sont vérifiés intérieurement déjà, il va de soi qu’un bout du chemin vers le comment d’une modernité de l’humain peut se dessiner. Continuer la lecture

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Réalité Réelle ou Virtuelle

Conséquence logique de l’article précédent qui portait sur la VAO (végétation assistée par ordinateur), nous nous devons de parler de la réalité virtuelle.

C’est une sorte de concept un peu paradoxal (juste pour ne pas dire … idiot). Car en fait, si une réalité s’appuie sur un Réel, que signifie un Réel Virtuel ?

On peut évoquer une Réalité Virtualisée sans trop de problème. Par exemple, une photographie, une peinture, une sculpture. Le fait de figer l’instant, ou d’idéaliser un être ou une chose, de composer même une image nous offre, en tant qu’image, une réalité (qui n’est plus accessible) de manière virtuelle [voir ici une définition de VIRTUEL(LE)].

On peut aussi penser tout aussi facilement à une Virtualité Réalisée : par exemple, les fractales (voir ici pour une explication et des exemples, certains sont commentés en note ci-dessous).

Ce qui est intéressant de noter est la différence d’aspect temporel selon qu’on table sur la réalité ou la virtualité. Lorsqu’on accède à une virtualité on fait un grand écart entre passé et futur et lorsqu’on s’inscrit dans la réalité, on …. la vit ! Continuer la lecture

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