Débordement

Crédit : Peggy Marco / Pixabay – Licence : CC0

Le texte qui va suivre n’est pas dans l’ambiance générale du site. Il s’agit d’un regard sur le développement de l’humanité en rapport avec celui de la nature.

En fait notre développement technologique est proportionnel à celui de l’intention positive qui s’active chez les personnes sensibles mais cela demeure invisible, au moins pour les médias qui ne trouvent san doute pas là matière à édite…

On ne peut pas sauver la planète. L’humain est un extraterrestre… non je ne donne pas dans le sens usuel du terme mais je constate à travers l’histoire du développement humain que l’histoire de la planète dépend de l’histoire humaine, et je ne pense pas être le seul à constater cela.

La nature est dépendante de l’agent humain qui depuis l’aube des temps par la domestication du feu a généré si l’on peut dire les premières pollutions en commençant par concentrer les métaux (âge du fer) puis en générant des îlots de surpollution (villes) par rapport à ce que la nature savait et sait encore traiter.

L’incidence sur le développement de la nature est remarquable. L’humain est le seul être de la nature qui domestique tout… Le buffle ne domestique pas les pics-bœufs , ce serait pourtant rentable pour un mieux-être de l’espèce.

L’humain en est, par une sorte d’anti-domestication, à tenter d’éradiquer certaines espèces (moustique vecteur du paludisme par exemple) alors qu’ en même temps il en éradique d’autres malgré lui : diminution de la biodiversité en rapport avec l’emprise du territoire humain (toutes activités confondues, destructrices ou non) sur la part naturelle (espace dont la nature a besoin pour son cycle routinier).

Mais le développement de l’humain n’est pas seulement en rapport avec celui de la nature, il est aussi en rapport avec lui-même. Si du côté de la nature l’humain apprend à en exploiter la moindre ressource à son profit et forcément au débit de la nature qui l’accueille, l’humain s’auto-développe en parallèle. Plus il connait la nature et plus il se connaît lui-même puisqu’une partie de lui relève de cette nature (notre biologie corporelle).

Et si la nature ne suit pas le rythme imposé par l’humain, c’est que ce rythme installe un contre-temps fatal (voir l’histoire du Pont de Tacoma). L’humain n’est pas au rythme tranquille de la nature… Il n’est pas en accord avec elle et il ne pourra jamais l’être totalement même avec la meilleure volonté. Celle-ci a trouvé un équilibre est l’humain est arrivé ! (Lire l’incroyable livre de Giono « Le Serpent d’étoiles« . La cadence du développement humain ne s’accorde pas avec celle d’une nature arrivée à son terme.

L’humain n’est pas un acteur de la nature, il en est d’abord un spectateur et il a été convié à monter sur scène. Il en devient acteur surtout depuis l’époque des lumières… quand il a fini avec Descartes par croire qu’il est parce qu’il pense.

Dans sa jeunesse planétaire, la Terre, une nature terrestre dégagée de fauteurs de troubles a accueilli l’humanité dans un écrin de verdure, de bleu, de lumière, de chaleur, etc. tout en équilibre. Tout était parfait, idyllique, édenique. Et aujourd’hui patatra ! L’humain a embarqué la nature dans son giron qui ne tourne pas rond.

Mais ce faisant, dans ce giron qui ne tourne pas rond, le plus cocasse si j’ose dire ainsi, c’est que l’humain s’embarque lui-même dans la tourmente. Lui, depuis son « intérieur », depuis son âme il déstabilise son âme. L’humain est un être de la nature incontrôlable par la nature. C’est le seul à pouvoir s’autodétruire pour de futiles raisons… Il se fabrique des rêves, les écrits ne parlent plus en imagination, l’info devient intox, la satyre devient la gangrène qui le mine lui interdisant lentement de savoir ce qui est vrai, juste.

L’humain a créé le terreau du mensonge pour continuer à se développer, faisant la part belle à des engeances de toutes natures prêtes pour le profit égoïste.

L’humain est égoïste par nature, il doit se protéger comme tout être sensible mais là, en plus, il doit le faire en connaissance de cause. Je suis et je sais que je suis. Je pense que je suis parce que j’ai le sentiment que je suis et que je peux formaliser ce sentiment.

Je pense donc je suis conscient d’être…

c’est tout !

Plusieurs êtres s’affrontent en lui, plusieurs êtres qu’Il doit domestiquer, travailler, encourager. L’un de ces êtres, de ses êtres, est celui qui le pousse à vaincre la nature, l’utiliser, la mettre à son profit, c’est le côté technique qu’il développe ainsi. Pour l’heure c’est plus fort que lui qui ne se connaît pas encore. Un autre être grandit aussi en lui, c’est la prise de conscience de soi. Ouvert à tous les vents en même temps que contre tous les vents, cet être rejette ou se voue à son être technique sans réussir à trouver le juste équilibre pour lui, et donc à se mettre en avant, à devenir le moteur de sa vie.

L’humain a sorti la nature de son équilibre pour trouver le sien. Pareil à l’enfant, il s’est fait porter par la nature, pareil à l’adolescent, il s’est rebellé contre cette nature pas vraiment adaptée à ses ambitions. Aujourd’hui, les plus évolués sentent la nécessité de l’équilibre, les technophiles rêvent de transhumanisme, les technophobes de Paradis perdu… les deux derniers se goinfrant mutuellement de complothéoristes et autres newagers.

La lutte des deux clans perce en politique (quand on peut s’exprimer en tant que peuple vis à vis et sous tutelle d’un pouvoir). Mais ce qui pourrait et surtout devrait devenir lieu de débat tourne à la kafkaïade. Les ambitions démesurées de certains exacerbant démagogie, populisme et autres avidités sapent le juste, le beau, le bon, le vrai, valeurs portées sans fracas, sans brio, sans vanité; valeurs portées dans le secret de l’âme.

Le bon sens s’enfuit à vitesse grand V. On nie les dieux des anciens, mais on adule quant on ne l’idolâtre pas, soit la technique ou soit la déconnexion, et à l’extrême on fuit dans des rêves-parties… On brasse la philosophie qui reste dans la tête sans descendre dans les actes. On se sent concerné par ce qui nous échappe mais on ne met pas en œuvre ce qu’on pourrait, devrait faire à notre échelle. Les autres sont responsables de nos malheurs, etc. etc.

L’humain est un extraterrestre mais qui ne vient pas d’une autre planète toute hypothétique, loin, belle ou pas. Il se cherche, il se rêve, il progresse, il avance à petit pas d’humain quand ces ambitions surpassent ses intentions et surtout sa capacité à se mettre en route !

C’est une extraterrestre parce que la nature ne l’a pas doté du pouvoir qu’il tient, ce pouvoir n’est inscrit dans aucune entité ou force active dans la planète. Ce pouvoir est celui de penser, et on se cantonne trop souvent à ce trait, mais aussi d’aimer sans aucune condition. Sa troisième facette est l’art d’agir en conscience, de connaître l’ampleur des traces de nos actions… et là, surtout sur ce dernier point on a beaucoup à faire si l’on en croit l’état de notre maison planétaire !

Nos excès sont en tout. La planète n’en peut plus, elle déborde ne notre envahissante présence.

  • Elle était propre, nous l’avons dégradée, salie, souillée.
  • Elle était en équilibre autour d’une moyenne honnête évoluant dans la longueur et la langueur du temps, nous l’avons rendue excitée.

Le Sarde, qui joue la Terre :

Je le vois, devant le grand troupeau.
Il marchera de son pas tranquille et derrière lui, tous vous serez.
Alors, le maître ce sera lui. Il commandera aux forêts.
Il vous fera camper sur les montagnes,
Il vous fera boire des fleuves.
Il fera s’avancer ou reculer la mer, rien qu’en bougeant de haut en bas le plat de la main.

Le Sarde, quittant son rôle de Terre, redevient berger :

Terre !
Terre !
Nous sommes là, nous, les chefs de bêtes !
Nous sommes là, nous, les hommes premiers !
Il y en a qui ont conservé la pureté du cœur.
Nous sommes là.
Tu sens notre poids ?
Tu sens que nous pesons plus que les autres ?
Ils sont là, ceux qui ont sauté la barrière !
Tu entends, Terre ?
Nous sommes là, nous, les bergers !

Extrait de « Le serpent d’étoiles » par Jean Giono

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