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Volet N° 3 après quelques réflexions sur l’homme réduit, et sur la réalité réelle ou virtuelle.

Que se passait-il il y a seulement 25 ans ? Les humains de toutes les sociétés vivaient directement avec le monde.

Oh, parfois c’était avec un fil à la patte pour garder contact avec l’enfant parti en voyage en se souvenant, comme si c’était hier de l’époque où eux-mêmes avaient parcouru 15 000 km en 6 mois sans écrire plus d’une carte ou deux !

Aujourd’hui, les pauvres jeunes sont toujours au bout de leur téléphone pour dire au monde entier « je suis là » jusqu’au moment où, dépouillés de leur téléphone, ils se retrouvent plus nu qu’Adam (ou Eve)…

Mais je ne souhaite pas parler de cette miraculeuse galère qu’est le téléphone portable. C’est un épiphénomène de quelque chose de bien plus ennuyeux auquel on peut soit rester sourd soit s’éveiller et alors advienne que pourra. À chacun de choisir !

Notre contact avec le monde ne se fait plus directement à travers nos sens. Nous apprenons, rencontrons, connaissons de plus en plus à travers un écran interposé.

Mais ce n’est pas tout. Cette écran propose lui-même un artefact de quelque chose qui ne lui appartient pas. Il détient l’image (év. sonore) qu’il nous propose d’une structure numérique qui elle-même à interprété sous forme numérique ce qu’un capteur lui a proposé. On se retrouve donc en tant que moi au bout d’une chaine :

CaptureBLOG

Tout ce qui est en italique est un ajout, pas un plus (+) mais bien un ajout sous forme de filtre.

Le contenu issu du REEL qui nous est présenté passe par la numérisation, c’est-à-dire que tout ce qui est contenu n’existe plus du tout comme la réalité qui lui a donné naissance mais sous une forme de suite de 1 et 0 :

11101001010001100001010001010100   10101111010101010010111011001000 par exemple « signifie » quelque chose pour l’ordinateur qui est une sorte d’image de ce que ses capteurs ont perçu et qui va lui servir à retranscrire pour vous en langage lisible sur votre écran. C’est à cette réalité que vous êtes connecté et plus du tout au RÉEL qui en est à l’origine.

Une chose est une chose ! « Ceci n’est pas une pipe » nous a proposé René Magritte en 1926 avec son célèbre tableau allié à une réflexion. La plus fine des photos de vous ne montre de vous, et encore à plat, que la forme et l’expression que vous aviez à un instant ‘T’ et absolument rien de plus : ce n’est pas vous sur la photo, c’est une image de vous, voire peut-être une caricature.

Nos sens sont limités, notre jugement nous permet d’accéder à l’impression qu’ils nous offrent. L’interface est étroite mais nous ne pouvons pas avec eux plonger dans l’intime de la chose, son vécu, il faut dépasser la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher, le goût.

Pourtant la chose est en contact étroit et direct avec nous par les sens.

Mais qu’en est-il si je vous perçois à travers un écran ?

  • Quelle(s) part(s) de vous m’échappe(nt) ?
  • N’êtes-vous que le ton d’une voix recomposée entre micro et haut-parleur et des idées qu’elle transmet ?
  • N’êtes-vous que cette image que le débit insuffisant du réseau hache en petits carrés frétillants ?

Les écrans quels qu’ils soient nous coupent de la réalité, plus on en met, plus on se coupe, on s’isole, on se déconnecte du monde réel, celui qui offre le visible ET l’invisible à notre faculté de percevoir par les sens, tous les sens et aussi à notre pouvoir de ressentir et former des images en nous de ce qu’on voit comme simple apparence extérieure (d’une personne par exemple, je perçois son corps avec mes yeux, mais qu’en est-il de son empathie ? de sa droiture ? de sa générosité ? de son charisme ? de l’ambiance qu’elle appelle autour d’elle ? etc. etc.

Les écrans nous séparent… bien plus qu’ils nous connectent.

Notre époque n’exige-t-elle pas que nous nous ouvrions de plus en plus ? Alors pourquoi s’enfermer au simple titre d’un pseudo progrès humain, pseudo parce que simplement technologique !?

 

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