humain (II)

Cet article est la suite d’un précédent que vous êtes invité(e) à lire avant… il y était présenté courtement la motivation du sujet (réouverture du musée de l’homme, pourquoi pas musée de l’humain ?) et certains concepts se rapportant à la question du genre et à celle de l’animalité humaine.

Histoire de l’humain

Le musée de l’humain donc se justifie par sa mission : permettre d’en savoir plus non sur ce que nous sommes mais sur ce (que nous pensons) que nous avons été en rassemblant les données de la science sur le sujet. Commençons donc par regarder notre passé (enfin, ses traces apportées jusque dans notre présent et soigneusement immortalisées ou fortement ralenties dans leur dégénérescence matérielle).

Prêtons-nous juste à un petit jeu de logique (puisque c’est ce qui semble mener la science) en commençant par une observation des faits :

Je suis un humain, un homme même, qui descend d’un couple humain spécifique, couple constitué d’un homme et une femme qui étaient eux-mêmes chacun de leur côté humains, homme ou femme, qui descendaient de couples humains spécifiques constitués d’un homme et d’une femme qui étaient eux-mêmes chacun de leur côté etc. etc..

  1. Sachant qu’un couple peut produire une fratrie, une logique simpliste voudrait qu’on puisse remonter à l’infini en arrière jusqu’à ce qu’il n’existe pourquoi pas qu’une femme et un homme, deux humains capables de s’accoupler pour faire des petits humains [on admet qu’au début de la chaine qui mène à vous, ou à moi… l’inceste n’était pas immoral, et que la consanguinité ne conduisait pas à des tares : ce fut le cas dans les tribus ou les ethnies pendant des siècles sans que pour autant l’humanité dégénère…].
  2. Une autre logique plus abracadabrantesque voudrait que tous ceux de mon époque soit issu de la mutation d’une population de presque humains qui auraient muter tous à peu près ensemble, presque humains qui bien avant étaient presque autres choses, qui bien avant encore étaient presque encore autres choses qui bien avant avaient été [… …] qui avant avaient été des êtres unicellulaires qui avant n’étaient pas mais profitèrent d’une opportunité plus que hasardeuse pour commencer à être…

[Pour le point 2, on relit curieusement la chose dans l’autre sens pour expliquer avec logique la vérité qui découlerait d’une progression rétrospectivement très bien … pensée à l’époque actuelle, mais pas pensée dans sa mise en place au jour le jour et qui porte au nue l’être le plus complexe qui soit tant dans sa physiologie (équilibre instable) que dans son organisation psychique (fragilité).]

Bon, je ne possède pas la solution explicative de notre présence avec la Terre, mais je ne suis pas satisfait non plus ni convaincu du bienfondé déductif des travaux d’observation sur le terrain (le fameux maillon manquant entre nos cousins et nous (dans ma famille le cousin c’est le fils du frère ou de la sœur de mon père ou de ma mère. Si on veut m’expliquer que je descend du singe… là je ne sais pas, mon grand-père ayant eu des apparences totalement humaine me parlait de son grand-père en des termes qui ne prêtaient à confusion, il était un homme…

Je ris un peu, mais je ne comprends pas qu’on cherche un rapport familiale entre l’animal et l’humain, il y a un postulat totalement gratuit et sans fondement autre que la logique évolutionniste. En même temps le créationnisme dans son flou trop artistique ne me parait pas non plus très fiable…

Le temps

Il est une évidence : il existe une dimension non spatiale qui nous permet de comprendre que le monde n’est pas statique, minéral, stérile puisqu’il n’est pas figé. Cette dimension c’est le temps (4e ou pas n’est pas la question, on n’est pas dans des considérations mathématiques quoi qu’on veuille nous faire croire par-ci par-là).

Il va se soi que la voie 1 et la voie 2 ont deux points communs :

  • la ligne du temps qui porte une suite des présents
  • et un être capable de s’interroger : l’humain.

L’exercice 1 ne porte pas sur la même chose que l’exercice 2, on ne peut donc les comparer :

  • le 1 porte sur l’ascendance de l’être dépendant d’une déduction temporelle plus que spatiale (fixité de la forme),
  • et le 2 sur une hypothétique ascendance des êtres lue à travers dans une sorte de continuité temporelle subjective enchaînant une suite dans l’évolution des formes organiques piégées par l’évolution géologique de la planète.

[Remarquons que ni le créationnisme, ni l’évolutionnisme ne pose vraiment la question de la poule, du coq et du descendant, base qui rassemble pourtant l’espace (formes corporelles spatiales) et le temps (métamorphose au fil des ages et notion de descendance avec disparition (mort) des ascendants)… J’ignore totalement si la solution à notre question est là, mais c’est peut-être une piste à suivre.]

La notion de temps est fantomatiquement la même dans les deux cas, et cela par sa linéarité bornée c’est-à-dire avec le besoin d’un départ d’un temps 0. Mais dans le cas 1 on se rapproche d’une suite d’instant présent (pas d’antériorité fondamentale) alors que dans le cas 2 on force un peu l’antériorité par la logique : un être aussi complexe que l’humain ne peut avoir été matérialisé d’office.

Il est très difficile de ne pas penser autrement qu’avec la notion de temps, d’où un concept d’évolution (la flèche du temps qui passe) qui semble plus fiable qu’un concept créationniste (un temps présent qui s’éternise). Si le créationnisme s’amuse de l’évolutionnisme avec l’histoire du scarabée bombardier, l’évolutionisme tourne en dérision la spontanité créationniste. Quoi qu’il en soit les deux demeureront des théories, voire simplement des dogmes, tant que le fait ne sera pas avéré… [et comment le pourrait-il sans une objectivation par compression du temps dans l’instant ?].

Le temps 0 pour la physique rejoint le temps 0 de l’évolutionnisme (exercice 1) : le Big Bang [avec tout de même la question incongrue : « Et avant le Big Bang ? »…]. C’est normal puisque la notion de Big-Bang ou plutôt l’idée de Big-Bang est née de considérations strictement physiques.

Mais comment comprendre le temps si on ne comprend déjà pas la vie en tant que telle, en tant que force ou plus précisément en tant que monde de forces, en tant que milieu ?… Une science qui postule le vivant sur une base inerte sait-elle quoi que ce soit à propos de la vie ? Peut-elle accéder richement à la notion de temps ?

Le nombre d’ouvrages sur le sujet « temps » laisse percevoir qu’il s’agit d’un mystère très profond et qui n’est pas simple d’éluder la question avec des théories qui le ramène à une sorte de sous-produit du milieu physique vu par la lorgnette de sa spatialité et de ses forces.

Or, si l’on veut comprendre l’humain, il faut comprendre :

  • la vie car le temps est ce qu’elle a de commun avec tous les règnes, même le minéral [les concept d’inertie en tant que non vivant et celui d’inertie cinétique impliquent tous les deux la notion du temps],
  • ET le fait que l’humain soit capable d’une conscience du temps grâce :
    • à la verbalisation de la mémoire d’une part [pour aller de A à B, il a fallu, il faut ou il faudra du temps],
    • et d’autre part, à la possibilité d’effectuer la lecture analytique des empreintes d’un présent qui n’est plus dans les traces physiques inertes (détachées du temps ou, plus exactement, peu soumise au temps) [vues ces traces de pieds trouvées sous 10 m de sédiments, il a bien fallu qu’elles soient inscrites lors d’un présent qui n’est plus mais le fut par le passé].

Pourquoi ai-je insisté sur le ET entre les deux points ? Parce que le temps a besoin d’une conscience pour exister dans sa linéarité sinon, il ne serait qu’un éternel présent figeant l’espace, un éternel point soumis à une métamorphose telle une mouvance sans mouvance :

L’impression de mouvement dans cette image vient de nos yeux qui ne connaissent le repos que dans leur nuit (et encore ?…) : ils bougent par rapport à l’image comme s’ils parcouraient sans cesse une tout petite zone dans l’ensemble de l’image [ceci dit en quelques secondes de fixation plus rien ne bouge] . Notre conscience saisit donc un mouvement qui n’existe pas à cause de la perfection de nos sens (ici la vue) et de l’incapacité chronique de notre intention à contrôler notre volonté on sait que rien ne bouge et on a beau se le dire on ne peut résister longtemps à figer vraiment l’ensemble, ce qu’on « voit » (tout et parties) car on veut si promener du regard pour voir que justement ça ne bouge pas. Pour arriver à constater que nos sens ne nous trompent pas il faut fixer d’une certaine manière le temps en S‘oubliant dans l’image (vision panoramique, les fameux bâtonnets)… Le moindre mouvement oculaire qui impose une mise au point localisée relance la machine autour des centres qu’on ne fixe pas !

Nous poursuivrons la prochaine fois et observant le mouvement avant de revenir à l’humain…

A+

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