Dieu VS Darwin (ou le contraire ?…) 1/2

ATTENTION : derrière le mot Dieu, je mets un simple principe, supérieur à ce que l’on peut atteindre, je ne mets aucun lascar issu d’un dogme de confession religieuse A, B, C ou D, etc.. mais vous comprendrez tout ça si vous poursuivez votre lecture.

Préambule :

À l’origine de ce billet il y a une discussion sur le réseau face book (voir ici si vous possédez un compte).

Cette discussion a été amorcée par le commentaire suivant de la personne qui souhaitait porter à la connaissance des facebookiens la vidéo qui suit :

Après, certains disent que les mutations n’existent pas, que Darwin raconte n’importe quoi… que les êtres vivants sont le fruit de Dieu, selon les créationnistes !

The Evolution of Bacteria on a « Mega-Plate » Petri Dish from Harvard Medical School on Vimeo.

Lire la suite

Dieu VS Darwin (ou le contraire…) 2/2

ATTENTION : ce billet a un précédent (lien)

Où est Darwin ? Qui est-il ?

Tout est-il donc question d’inertie ?

Quittons Darwin un moment pour rendre visite au travail de Newton à défaut de celui d’Aristote. Si l’inertie, principe (un fait premier) dit fondamental de la dynamique (c’est-à-dire du jeu des forces), régnait en maître, depuis longtemps… eh bien… il ne se serait rien passé et personne ne serait là pour écrire puisqu’il n’y aurait personne pour lire ni vie pour animer tout ce qui n’existerait qu’à l’état inerte. Le principe fondamental de l’inertie du système du monde ne fonctionne pas.

Lire la suite

LA PAROLE au royaume d’Utopia… 2

Cet article suit le précédent…. il est donc conseillé d’avoir effectué la lecture de ce dernier auparavant… (ordre chronologique des billets du blog oblige).

L'Esprit de la Parole existe, je l'ai rencontré... "Sentier des Arts" à Mijou, Pays de Gex (01/France)

L’Esprit de la Parole existe, je l’ai rencontré…
« Sentier des Arts » à Mijou, Pays de Gex (01/France)

Préambule

L’article cité en référence du précédent article nous invitait à penser trouver dans les robots que nous tentons de faire parler une sortons de moyen de découvrir l’origine du langage humain. Nous avons vu que l’auteur s’appuyait sur un présupposé osé… Et il n’y a pas que lui puisque tout l’évolutionnisme s’appuie sur ce genre de présupposés :

la parole doit se construire, elle doit venir d’une structuration des sons.

Mais déjà on bloque un peu en observant qu’on passe du son CH(e) à G(e), ou de F(e) à V(e) en mêlant un peu de voix à la consonne. Ainsi les consonnes s’apparentent bien à des bruits (des sons !) Lire la suite

LA PAROLE au royaume d’Utopia… 1

Bonjour chers lecteurs.

Voici une capture d’écran (l’image est en lien avec la source) :

Capture Futura-SciencesIl s’agit d’un dossier du site FUTURA-SCIENCES assez bref qui parle plus ou moins du sujet qu’il annonce (en fait on ne sait pas forcément grand-chose de plus après sa lecture).

Deux éléments ont retenu d’emblée mon attention : la première phrase de l’entête et la dernière. Cela a excité ma curiosité mais il faut dire qu’elle n’a pas été rassérénée par le développement de l’article qui reste d’une fadeur superficielle désagréable (enfin, chacun ses goûts).

J’ignore qui est ce chercheur en robotique qui a écrit cela, a-t-il des compétences en paléoanthropologie ? Je l’ignore, mais il semble répondre à une sorte de connaissance arbitraire sans doute issue de la culture cinématographique…. (ceci dit sans vouloir l’offenser).

Comment peut-on savoir quoi que ce soit du langage des hominidés ? Nous ont-ils laissé des traces ? Des enregistrements ?… Des tags ?…

« Il y a très longtemps, les humains ne produisaient que des grognements inarticulés. »

Voici en guise de buffet une affirmation des plus péremptoires. Lire la suite

La place de l’humain dans la nature

Photo de Clément Viala

D’autres images sur ce lien (nouvel onglet)

Merci à Mr Mondialisation (un internaut facebookien, qui a un énorme courage)…  Je suis entré dans la discussion à propos de ces images, et  en voici le fil.

Mr Mondialisation :

Les dernières photographies de Mars ? Le sable fin d’un quelconque désert à l’autre bout du monde ? Non, ces images viennent simplement de France, dans le Bassin d’Arcachon. Capturées par Clément Viala, photographe français, ces clichés uniques exposent La Dune du Pilat juste après la tempête du 11 janvier dernier. Une zone élue récemment 2nd plus belle plage du monde.

« Il est important de ne pas oublier que la nature est toujours plus belle sans l’homme » nous exprime en privé Clément Viala. Voilà pourquoi le photographe parcours la Dune après chaque tempête depuis des années à la recherche de ces clichés uniques. Un régal pour les yeux.

PR  (votre serviteur, ayant relevé la phrase en italique gras) :

Le problème est que l’homme était là, derrière l’appareil. Lire la suite

Évolutionnisme ou Créationnisme ?

À la vue de deux articles de Sciences et Avenir, magazine de vulgarisation scientifique, parus coups sur coups

j’ai un peu envie de réagir dans un débat :

intégrisme vs intégrisme.

Voilà que coup sur coup on voit se rebeller un dinosaure face à un alien si vous me permettez cette métaphore.

L’obsession d’une déstabilisation hanterait-elle l’orthodoxie scientifique ?…
Ou alors la hantise de la persécution&nbsp?…

Ou encore la crainte d’un retour de bâton mal ciblée de la période où on brûlait les sorcières (oui juste des femmes !), les hérétiques c’est-à-dire toute une clique (hommes et femmes cette fois) qui allait « contre » la sacrosainte science, euh, église catholique alors régnante ?…

LA Science (oui, j’ai mis 3 majuscules) pense tout savoir parce qu’un chercheur a eu un jour l’idée d’être le créateur d’une expérience où il a créé des molécules appelées acides aminés.
Ces acides sont présents dans les protéines qui sont présents dans les cellules du monde vivant.
Sans être du tout adepte du créationnisme… je ne le suis pas non plus de l’évolutionnisme tout aussi abrancadabrantesque.

En gros pour faire court disons que les évolutionnistes sont des doctrinaires qui s’opposent à la doctrine créationniste qui plaide de son côté pour une intervention divine en déphasage avec les conclusion de la lecture logique de l’histoire géologique de la Terre (et même du cosmos).

Disons encore, et pour faire court une seconde fois, que les uns (allez, prenons les créationnistes cette fois) ont du mal avec le temps et s’appuient surtout sur les convergences de textes religieux et la complexité des êtres créés et que les autres, qui nient toutes hypothèses d’un fondement religieux quelconque, voient la vie comme une création (zut le mot est lâché, je suis désolé de l’employer ici mais je ne vois pas comment faire autrement), une création donc du matériel.

En gros (et pour en finir avec faire court) :

  • Les uns pensent que Dieux (qu’est-ce ? Mystère…) a fondé la nature.
  • Les autres pensent le stérile a fondé le vivant.

Évolutionnisme ou Créationnisme ? That’s the question…

Est-ce une alternative ? Un manichéisme ???

En fait rien n’empêchant un croyant de faire de la science est de valider les idées évolutionnistes mais il est difficile de penser qu’un incroyant puissent accepter la moindre idée créationniste… L’un n’est pas le négatif de l’autre.

Pour comprendre notre histoire (car en fait la question du débat est juste celle-ci),

  • faut-il s’appuyer sur la logique temporelle des apparences et la logique cognitive de l’enchainement des faits et causes propre à une science matérialiste (bin oui, c’est le  cas) et réductionniste (rebin oui, c’est la conséquence du matérialisme) ?
  • ou faut-il se contenter d’élargir à peine le moment présent à partir de l’interprétation des Écritures dites saintes sans tenir compte des apparences géologiques[1] ou de la perspicacité tout à fait honorable d’une science capable de décortiquer la moindre chose jusqu’à son plus ultime atome, voire même ce qui est en-dessous de cet atome ?

N’y a-t-il pas une troisième voie ?

Pour votre serviteur le travail de la science matérialiste est absolument magnifique (même s’il n’en suit pas forcément les conclusions qui, elles, sont du ressort de l’interprétation dans un cadre limité dès le départ). Par ailleurs, ce même serviteur travaille sur lui, travaille à connaître ce ‘je’ qui n’a rien à voir avec un autre je et qui pourtant, dans l’apparence, est semblable à environ les 7 milliards d’autres je (pales, foncés, gros, petits, estropiés, caractériels, obtus ou ouverts, pervers ou saints, toujours ou jamais en bonne santé, riches ou pauvres, bleus ou oranges, etc.).

C’est une évidence qui devrait être la première chose à postuler : entre le monde et les concepts qui le forment il y a un être, l’humain, qui a envie de faire le lien, il fait lui-même partie du monde et de ses concepts, mais il est capable de se couper du monde pour le percevoir avec sa conscience, conscience capable par ailleurs de relier des concepts pour créer des idées, concrétisables ou non dans la matière.

Cette troisième voie, entre créationnisme et évolutionnisme, postulerait que le vivant doit composer avec le matériel, et donc qu’à côté du milieu physique, ou plutôt avec le milieu physique, en concordance avec le milieu physique (la nature apparente, brute, instantanée) il existe un milieu vivant fort peu enclin à se laisser étudier par des « mécanismes » qui doit concilier ces propres forces (vivifiantes) avec les forces inertes de la matière, ou disons mieux, du monde matériel (le mot matière étant trop attaché au contexte des matériaux : dense, pesant, tangible). On a pour l’instant juste un mot valise pour comprendre ce milieu : la vie.

À partir de ce postulat, on peut relire la géologie… et aussi bien d’autres domaines.

La belle idée. Merci Darwin.

La moche idée peut-être bien… (merci le darwinisme).

Parce que le monde n’est pas un choix entre noir et blanc (merci d’attribuer ces termes selon vos orientations intimes et respectables)… parce qu’il y a aussi la couleur[2] l’humain n’a aucune raison de limiter son expérience du monde, son expérience de vie !

A+.

On pourra aussi relire mon billet : Obscurantisme scientifique


NOTES

1 Les apparences cosmiques sont négligeables car elles sont purement théoriques : on n’expérimente pas avec le cosmos. []

2 Voici un sacré sujet à rouvrir en permanence. Pour moi qui tâtonne aussi dans la peinture, blanc et noir sont des couleurs extrémistes, le blanc est la couleur (matérielle) qu’on peu attribuer à la pleine clarté, et de même le noir sera celle qu’on peut attribuer à l’obscurité… (mais on dira, c’est de la peinture, pas de la science ; pourtant la peinture est bel et bien une expérience reproductible avec toujours les mêmes causes créant les mêmes effets… []

Une énergie libre… cqfd (partie 3/3)

Bref parcours de la partie 1  et de la partie 2 : après une mise en train d’introduction, nous avons établi une relation entre  trois concepts liés en une triade : Force – espace – énergie et nous avons considéré l’équation aux dimensions 1J = 1N.m. Puis nous avons cherché dans la nature un exemple manifestant une énergie non directement matérielle (et on a trouvé !).
Nous nous sommes alors interrogés plus profondément sur le concept d’énergie pour aboutir à un concept d’énergie libre.

IV) Mais l’énergie : qu’est-ce donc au-delà de ce qu’en a résumé Feynman ?

J’ai bien conscience qu’il peut paraître présomptueux de vouloir rajouter aux propos de Feynman, mais ce n’est pas de ma faute s’il a pensé sans doute très juste dans un système … fermé. S’il eut été ne serait qu’un peu biologiste de cœur, il n’aurait pas dit les choses de la même manière. Comme nous le soulevions dans la première partie : la forme de la plante ne relève d’aucune énergie physique au sens ce qualificatif et donc enfermée dans un contexte à la Carnot ou à la Mayer.

Car ici le bats blesse sérieusement et gâche même le concept d’énergie. Il nous faut absolument sortir de l’obstination du matériel, et cela d’autant mieux qu’à l’ère de la physique quantique celui-ci bat de l’aile d’un côté. Mais il se bride l’autre aile et tourne en rond par trop de matérialisme, un matérialisme aigu qui devient étranger à notre existence propre d’humain, et ce faisant nous entraînons la nature sous son apparence au lieu de la manifester dans sa magnificence.

L’énergie est une quintessence de la nature. C’est notre chance. Elle n’est pas matérielle, mais le matériel en est imprégné.

Une énergie, c’est un pouvoir :

celui de mettre en œuvre ce qui est à disposition in situ

pour transformer quelque chose in situ ou ailleurs.

Ce qui est à disposition peut l’être intérieurement ou extérieurement au système à transformer. Ceci n’est pas un postulat, c’est le fruit de l’observation :

  • Monde végétal : la plante se transforme en permanence sur des bases non inhérente à la matière, ni même aux molécules composées élaborées par le vivant. Cette transformation est issue pour la part matérielle de l’intérieur (composer les substances ad hoc) et pour la part formelle sur un plan non physique donc non concerné en tant qu’intérieur ou extérieur.
  • Monde animal :
    • l’énergie vient du dedans :
      • sur la base de ce qui est puisé à l’extérieur (alimentation, respiration transformées pour usage propre)
      • et sur la base de ce que ressent son intérieur (faim, soif, descendance, etc.) ce qui pourrait s’appeler la motivation à chercher,
  • mais elle vient aussi du dehors, l’animal étant en permanence en lien avec l’environnement de façon psychique (à travers la sensorialité, vue, écoute, odorat, toucher), l’animal s’enfermant à peine dans le sommeil, hors hib(v)ernation.
  • Monde humain : pour ce qui est du corps l’humain possède une énergie semblable à celle de l’animal [1], et pour ce qui est de lui-même, ce qu’il a donné une fois peut continuer à travailler sans lui, ou bien disons simplement même une fois que le corps n’est plus.

Dans ce dernier ordre d’idée, l’énergie que possède l’humain est l’AMOUR, par lui bien des choses sont possibles mais il ne faut pas se contenter de penser « je veux » il faut aussi et surtout vouloir intérieurement au-delà de l’intention, c’est-à-dire pouvoir entrer en activité ne serait que par une présence vraie du style « Je suis pour toi et non pour moi » (un exemple étonnant, merveilleux et actuel est Amma Amritanandamayi dont parle le film Un plus une de Claude Lelouche).

On est évidemment obligé pour considérer cela de se placer au-delà du monde physique. Et quand on atteint l’ouverture à ce monde  »parallèle », désengorgé du  »bourbier » matériel inflexible (ou à peine flexible) [2].

L’amour par exemple qui s’appuie sur une action pour l’autre est un pouvoir de se transformer qu’on offre à l’autre sans rien perdre soi-même et au contraire. L’amour est une énergie qui demandera des mathématiques bien moins matérialistes que celles-d’aujourd’hui si on veut un jour la mettre en équation (on pourra sans doute l’envisager à partir du moment où on sera pleinement capable de s’ouvrir à ce qui ne passe pas sous le microscope…)


Il est sûr que les trois derniers paragraphes de ce billet ne font pas très scientifiques, mais c’est juste parce que la science est à l’heure actuelle enfermée dans l’étude du concret, fut-il parfaitement conceptuel pour certains domaines. L’amour est l’énergie de se relier sans direction, sans objectif, à l’image du Soleil. C’est un don de soi pour alimenter les autres, n’importe quel autre, un don qui alimente jusqu’à son producteur (qui dans un corps de chair reste soumis aux lois de cette chair jusqu’au jour où peut-être l’amour saura aussi transformer celle-ci).

On aura beau chercher mille raisons obscures à la place que tient l’humain sur Terre, elles seront toutes caduques tant que la dimension de l’amour sera dépendant d’un dogme, d’une morale, il doit devenir inconditionnel et hors de toute confession.

Ce long chemin de soi vers chacun et de l’humanité vers elle-même possède son phare et son énergie en l’amour, voilà la première source vraie d’énergie libre. Il faut l’amadouer, la canaliser, la formaliser un peu mais pas trop car elle ne tolère pas la contrainte dès lors que ce n’est pas le juste, le vrai et le bon qui l’oriente.

Une autre forme d’énergie humaine est aussi de savoir accueillir ce qui vient…

Avec mes remerciements pour votre patiente lecture de ces trois longs billets.

Patrick Roussel


NOTE

1 L’énergie humaine semblable à celle de l’animal mais non identique, nous le comprendrons vraiment un jour. Elle est semblable pour ce qui est du corps mais même là l’humain peut aller plus loin, comme par exemple contre certains besoins, ou les différer et faire alors appel à d’autres ressources face au manque d’énergie inhérent à certains manques de matière ; il fait alors plus que puiser dans ses stocks comme on dit, voici un point commun sur lequel sur lequel l’animal passe bien plus difficilement outre.

[retour au texte]

2 Il devient alors inutile de parler de Dieu par exemple comme d’un être supérieur ou illusoire perdu dans des confins de toutes façons inatteignables, l’être lui-même, ouvert, se révèle en tant que tel. La religion pensée, forcément étiquetée et finalement dogmatique,  qui n’existe qu’au niveau physique devient inutile en tant que doctrine dès qu’elle est vécue : Dieu n’est plus un barbu bien au chaud dans ses contrées célestes, il est à motiver, à mettre en œuvre, en nous.

En ce sens l’athée est souvent plus près de Dieu que celui qui prêche en son nom et souvent se met en porte-à-faux entre l’intention de son discours et ses propres actes (c’est un peu comme ne politique, faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais !). Une version presque caricaturale de cela est vécue aujourd’hui par l’humanité à travers certaines sectes ou confessions plus ou moins anodines (au maximum destructeur on a daech qui impose dans la violence un nihilisme des valeurs humaines, et au minimum constructeur, les confessions religieuses dogmatiques qui génère une bonne conscience avec récompense finale…).

C’est pour cela que celui qui pense être athée peut finalement être plus proche des autres parce que sans fard (à condition que son attitude et son discours s’accorde et qu’il ne joue pas le nihiliste…).
[retour au texte]

Une énergie libre… cqfd (partie 2/3)

Bref parcours de la partie 1 : après une mise en train d’introduction, nous avons établi une relation entre  trois concepts qui nous semblent liés en une triade qu’il est difficile d’éluder : Force – espace – énergie ; nous avons jonglé un peu avec l’équation aux dimensions 1J = 1N.m. Cela nous a portés ensuite à commencer à évoquer le fond du problème : Énergie libre vs conservation d’énergie… et là nous nous sommes brièvement interrogés sur l’énergie nécessaire à une plante pour générer sa forme en tant que forme (et pas d’assemblage/empilage de molécules)…

 

III-1) Énergie : un concept

On a soulevé en dernier point un aspect du monde vivant, mais restons encore dans le monde physique avec l’aventure de nos ampoules d’éclairage. Le watt tombe en désuétude car il n’est plus significatif de ce qu’il était avec les ampoules à filament. A l’époque des LEDs on a besoin de finalement très peu d’énergie calorique (ce qu’illustraient les watts-heure) pour obtenir pas mal d’énergie lumineuse. On quantifie la première en joules mais pour être plus parlant en terme de faculté d’éclairement on parle en lumens pour la seconde.

Le résultat perceptible (lumens) est toujours plus important que la chose cachée (énergie) qui le manifeste

Le lumen est une sorte d’énergie d’émission (si je peux créer ce terme.) L’énergie reçue (mesurée en lux) par un capteur par exemple sera de son côté fonction de la distance (au carré) entre source émettrice et capteur réceptif mais parler de lux… n’est pas pratique puisqu’il faudrait connaître la distance entre le récepteur et la source. On est donc bien avec le lumen dans une aptitude potentielle* d’éclairement mais on ne prend pourtant pas le lumen comme une quantification de l’énergie. [* Aptitude potentielle : cela pourrait bien définir une énergie]

On préfère attribuer l’énergie lumineuse à une longueur d’onde… Avec la pirouette Planck on quantifie l’énergie lumineuse en joules : E = h . λh est la constante de Planck et λ la longueur d’onde considérée en mètre…

L’énergie lumineuse ne dépend donc ici pas de la  »puissance » de la source mais d’une donnée attribuée au photon, quantum de lumière ou plutôt d’onde électromagnétique puisque couvrant la fourchette entre les rayons γ (gamma) et les ondes radio (c’est un peu comme si on quantifiait la chaleur d’un atome de carbone… ce qui est ce qu’on fait avec la capacité thermique de chaque élément mesurée en J/K (joules par kelvin)).

Les lumens étant donc en arrière-plan c’est par la quantité de photon émise qu’on est aveuglé avec une lumière trop forte qui consommera non pas de la force (celle-ci concerne la portée de l’émission) mais de … l’énergie pure ! On parle ainsi de quantum d’énergie mais le réel qui s’offre à nous se trouve dans des proportions nettement plus importante.

Selon le premier principe de la thermodynamique, l’énergie déployée par une source atteint toujours quelque chose qu’elle transforme, ou bien elle se perd dans l’infini cosmique jusqu’à ce que… elle trouve de quoi se mettre sous la dent, quelque chose à transformer, quitte à tourner en rond pour y arriver :

« Au cours d’une transformation quelconque d’un système fermé, la variation de son énergie est égale à la quantité d’énergie échangée avec le milieu extérieur, par transfert thermique (chaleur) et transfert mécanique (travail). »

L’idée d’énergie actuelle, matérialiste, repose en fait sur quelque chose de très fragile voire d’indéfinie… comme l’a souligné Feynman : « Il est important de réaliser que dans la physique d’aujourd’hui nous n’avons aucune connaissance de ce que l’énergie est. » [page 86 de Leçons sur la physique (Odile Jacob, févr. 2000) après une métaphore sur la conservation de l’énergie].

Qui dit système dit limite du système dit forcément intérieur au système et par extension, extérieur au système. Mais alors que devient le premier principe quand on prend le système cosmique dans son ensemble ?… Eh bien, c’est l’entropie qui saisit tout le système physique sous emprise énergétique, on ne parle plus d’extérieur sauf en tant que potentialité d’expansion de l’intérieur, d’un élargissement des limites.

Nos poumons se gonflent, ils jouent avec leur limite… mais ils le font parce qu’il existe quelque chose à l’extérieur qui doit entrer pour que l’intérieur puisse  »vivre », et ils profitent du geste pour mettre dehors ce qui (gaz) a du mal à y revenir par d’autres voies usuellement consacrées aux liquides et aux (pseudo) solides.

Sans vouloir parodier Feynman, je dirais qu’il est important de réaliser que dans la physique d’aujourd’hui nous avons étendu empiriquement la limite du système à l’espace cosmique physique ; et j’ajouterai à propos du premier principe de la thermodynamique évoqué que justement c’est un principe… : il n’est vérifiable que par l’expérience, sans espoir de démonstration.

Si on a limité l’expérience, le principe est caduc ! Or les physiciens de l’époque de Carnot, s’ils sont fait un excellent travail, ont bien limité leurs expériences à la sphère physique, la seule qu’ils aient en fait pratiquée. Et l’expérience ici nous dit qu’effectivement ce qui se disperse d’un côté se retrouve forcément quelque part.

L’énergie libre en tant que source énergétique à disposition sans préjudice ne semble donc pas possible. Mais…

III-2) Énergie libre

Mais on peut se dire : le soleil dispense de l’énergie tout autour de lui. Qu’importe que quelque chose en profite. Admettons qu’il soit l’extérieur considéré dans le premier principe et que les planètes qui font leur ronde autour de lui soit l’intérieur du système. Là où il n’y a pas de planètes (naines (Pluton), géantes (Jupiter, etc.), normale (Terre, etc.) ou insignifiantes comme les astéroïdes) l’énergie solaire est malgré tout dispersée et donc à disposition. C’est une énergie libre qu’on pourrait utiliser sans porter de préjudice au Soleil ni à aucune autre entité matérielle planétaire et leurs habitants…

Le préjudice aurait quand même lieu pour la matière noire qui absorbe indubitablement cet excédent disponible en participant donc à l’entropie du système global, je n’ai rien à redire là-dessus. On se situe dans l’espace physique et donc tout même le rien physique est à considérer. Mais que l’énergie inutilisée soit puisée par cette matière noire qui nous explique malgré elle que le premier principe est juste ou par tout autre entité du système ne change rien à l’entropie globale. L’énergie libre dont on parle pour activer nos systèmes physiques est donc une énergie disponible.

En fait c’est exactement ce que veut faire la science technologique en plaçant une parabole géante au-delà de la Terre pour renvoyer vers celle-ci l’énergie solaire dispersée mais non utilisée (bon, ça ferait un peu d’ombre de temps en temps aux martiens qui évoqueraient la possibilité d’une nouvelle lune pour la Terre).

Donc pas d’énergie libre mais de l’énergie disponible. Si avec la parabole sur Terre vous voulez utiliser l’énergie, vous ferez une ombre qui privera le sol de la même quantité d’énergie que celle que vous utiliserez ; la parabole dans cette histoire se contente de concentrer l’énergie pour la rationaliser. Dans l’espace l’ombre ne grèvera pas la Terre de sa part d’énergie solaire et au contraire la planète en recevra davantage : c’est de l’énergie gratuite (hors construction, mise en orbite, entretien, etc.), et libre.

Capter pour la concentrer l’énergie lumineuse des étoiles du ciel nocturne offrirait une énergie. L’énergie libre première est une énergie qui ne ferait pas défaut à la Terre. Une énergie libre seconde serait une énergie native d’une source autre que physique

  • soit une énergie de magicien, ce qu’on met en général derrière l’idée énergie libre, mais qui ne serait qu’une astuce technologique concentrant ici une énergie quelconque diluée dans l’environnement.
  • soit une énergie provenant d’un autre plan que le plan physique et qui donc aura peut de chance d’être efficace sur des systèmes physiques… mais si ce genre d’énergie était disponible en quantité infinie alors même un mauvais rendement serait tout bénéfice.

 

Une énergie libre… cqfd (partie 1/3)

I) Mise en train

L’énergie libre… voilà le sujet qui fait vibrer nerveusement les financiers, qui fait rêver de paradis les fanatiques éclairés, qui fait sourire en coin les scientifiques rabat-joie ; les autres ne se posent pas de questions…

Les premiers ne veulent pas que soit mis en péril leur mine d’or. Les seconds pensent à tout ce qu’ils voudraient faire sans limite à cause de l’énergie et de son coût qui, pour l’heure, rapporte uniquement aux premiers, les troisièmes savent que l’entropie régnante ne peut qu’infirmer l’espoir et la quête des seconds en comptant en même temps sur quelques subsides des premiers.

Bref ici on tremble, ailleurs on plaide pour, autre part on crie au fantasme.

La consistance argumentaire est chez les troisièmes ; ils brandissent les grands principes de la thermodynamique, car le terme énergie est bien sûr une histoire de thermie si je puis encore m’exprimer avec ce terme tombé en  désuétude car trop lié à l’image calorique de la chaleur ; il est surtout peu pratique et aussi ambiguë que la calorie puisque celle-ci, maintenant rapportée à des joules n’a pas de constante normalisable même si le système des mesures actuel la centre sur une équivalence à 4,1868 joules :

1 thermie = 1000 kilocalories ≡ 4,1868 . 106 joules

(Et on peut aussi transformer nos watts-heures en joules : 1 watt-heure= 3 600 joules.)

Le joule est pour sa part défini très précisément comme étant le travail d’une force motrice d’un newton dont le point d’application se déplace d’un mètre dans la direction de la force.

1 J = 1 N.m

ou encore le Newton étant lui-même un raccourci, si j’ose dire, 1 J = 1 kg.(m/s2).m en unité du système internationale.

Le joule (1J) serait ainsi l’énergie mise en œuvre à développer une unité force (1 N) sur un mètre (1m).

Ou encore le joule serait l’énergie à mettre en œuvre pour accélérer une unité de masse (1 kg) de une unité d’accélération (1 m/s²) sur une longueur d’un mètre (1m).

On rapporte donc l’énergie, produite ou à déployer, comme étant un produit de force et d’espace, c’est-à-dire que l’énergie assure ici le lien entre la force et l’espace.

II) Énergie Force Espace

Voici une belle triade : énergie, force, espace. Aucun de ces termes ne peut s’imaginer sans les deux autres dans le contexte énergétique :

  • Un espace pur sans énergie pour le solliciter ni force pour le tenir est voué à la dispersion.
  • Une énergie pure sans force à activer ni lieu pour s’exprimer est voué à l’ennuie éternel
  • Une force sans énergie pour la concrétiser ni espace pour l’appliquer est simplement inutile.

Les duos eux-mêmes ne mènent à rien :

  • Espace-énergie (force) : rien pour construire, pour former
  • Énergie-force (espace) :  rien à modeler, façonner
  • Espace-force (énergie) : absence d’action possible (potentielle comme en œuvre)

Les trois vont donc de paire si on peut oser ce jeu de mots, ils sont inséparables même si le physicien a pu établir une relation d’égalité en terme quantitatif : l’énergie d’un côté et de l’autre l’espace et la force.

On peut passer la partie suivante (vert) si on est pressé...

Il serait intéressant de chercher dans quel esprit on pourrait bâtir les deux autres situations possibles. Cela va paraître un peu abscons au début d’établir de telles relations mais à tenter la chose, on ne risque pas grand chose si cela n’aboutit pas… Par contre si cela aboutit on peut en sortir grandi !

  • 1 J = 1 N.m : la relation officielle, monde des grandeurs mesurables, mathématiques. L’égalité s’appuie sur un produit que les chiffres valideront sans faute. On utilisera cette relation d’égalité (équation) au besoin pour quantifier soit la force soit l’espace en fonction des deux autres s’ils sont connus, donnés ou possibles.

Pour les deux autres relations (N=J/m et m = J/N)nous sommes en présence de rapports à peine curieux si on essaie de mettre un signe égal (=) entre les termes ; cela rapporte l’équation ci-dessus à un jeu algébrique, rien de plus.

Par contre on peut utiliser le signe  »identique » (≡) pour indiquer une direction quant à l’esprit qui peut nous motiver à trouver une réponse (à quoi ? à la qualité qui s’exprime).  Il va nous falloir perdre ce qui donnait sens à l’égalité (les nombres) pour ne garder que les qualités, ce qui pouvait être quantifié (la grandeur) ; reprenons-les dans l’ordre inverse, les rapports puis le produit :

  1. N ≡ J/m : la force née quand énergie et espace entre en rapport
  2. m ≡ J/N : l’espace né quand énergie et force entre en rapport
  3.  J ≡  N.m : l’énergie née comme un produit, une production de force et d’espace

Observons donc plus profondément ces trois propositions dans leur aspect qualitatif.

N ≡ J/m et m ≡ J/N sont des rapports. En ce sens ils installent une relation de proportionnalité entre eux. L’état fondamental force ou l’état fondamental espace sont ici ramenés (rapportés) à une relation comme en musique où la demi-corde donne l’octave de la note fondamentale obtenue avec la corde à vide.

Les trois grandeurs en lice sont fondamentales, l’une ne porte pas davantage la réalité que les autres mais quand on voit un rapport il faut se dire qu’on se place en situation de différencier, séparer, désunir des grandeurs entre elles qui appartiennent à une même agrégation, ici la triade force espace énergie.

Pour l’exemple de la musique, on agrège une chose (la corde), un fait (la limiter) et un acteur (le musicien). Pour faire une note particulière (émission sonore liée au monde physique et à la nature physique des éléments mis en commun), le musicien fixe une longueur déterminée de corde qu’il va solliciter (par pincement ou frottement) : il établit ainsi un rapport entre la corde à vide et la part qu’il souhaite en utiliser.

Il en va de même avec nos J, N et m. La force sera le résultat d’une action énergique dans un espace donné, et l’espace (distance parcourue) sera la conséquence de l’action (force) énergique entreprise.

Une grande énergie mise en œuvre dans le cadre d’une force faiblement actrice manquera d’efficacité en terme de mouvement : si vous chauffez (énergie) un objet, son poids (force : masse soumise à la gravitation diminuée de la poussée d’Archimède liée au milieu qui baigne l’objet) ne sera guère concerné, l’espace lié à l’objet n’aura guère d’influence sur le poids (dilatation et donc légère augmentation de la poussée d’Archimède). Par contre il peut résulter de cette même dilatation une force extraordinaire par l’intermédiaire d’une pression par exemple (serrage libre d’une pièce froide dans une pièce à température ambiante ou chaude par exemple qui devient dur quand les températures s’harmonisent).

La proposition 3., celle qui en fait nous intéresse au plus haut point, est amusante… : l’énergie est identique à un produit de force et d’espace. Amusante oui mais pourtant c’est bien cela qui se produit quand on observe par exemple le résultat de l’énergie cinétique avec choc c’est-à-dire limitation brutale de l’espace d’expression. Il se dégage une force d’impact.

Tant que l’espace n’est pas limité, on est en inertie comme en aurait convenu Newton, et l’énergie cinétique n’a alors de réalité que … potentiellement ; elle prendra par contre pleinement sa réalité lors du choc, c’est-à-dire, quand son vecteur devra changer de milieu, d’espace (au CERN, on communique de l’énergie aux particules avant de la transposer, par le choc sur d’autres particules, en pouvoir de destruction).

L’énergie n’est pas à la base mais elle existe comme les deux autres à la congruence des trois : énergie, force, espace.

III) L’énergie libre ou la conservation de l’énergie ?

Fort de ce préambule se pose alors la question des limitations

  • de l’énergie atteignant avec le système qui la porte une entropie maximum,
  • de l’espace rempli de corps totalement éparpillés,
  • de la force qui ne peut plus s’appliquer nulle-part.

Si l’on considère l’espace cosmique limité par le fond cosmologique alors effectivement l’énergie libre semble ne pas entrer dans le cadre. Il faut prendre ici ce qui en fera défaut tôt ou tard pour l’utiliser ailleurs. C’est le monde de l’entropie : le chaos s’installe, les choses n’ont plus de lien, tout se disloque, plus rien ne coopère pour construire, l’espace par en lambeau (où ?), les forces n’ont plus de raison d’être (que sont-elles devenues ?) et l’énergie a atteint son point le plus bas par la dispersion (elle existe globalement mais sans concentration aucune).

En entropie maximum, il n’y a plus de centre de force [1]. 

L’énergie libre n’a donc pas sa place dans un tel système de considération, il faut chercher ailleurs… si on veut la trouver pour en parler !

Que fait-on quand on pense énergie ? On pense joules… c’est-à-dire on l’aura deviné qu’on pense en même temps espace et force physiques. Mais question simple s’il peut en être :

Quelle énergie est-elle nécessaire à la formation d’une feuille de nénuphar ou d’une aiguille de pin (ou tout autre organe ou organisme vivant, évidemment) ?

La réponse est rapide : aucune ! Aucune du monde physique (car on peut dire qu’on a fait le tour depuis trois siècles, non ?)…

Aboutir à la forme ronde du nénuphar ou à la forme rectiligne de l’aiguille de pin ne demande aucune énergie physique. Même si, comme on le pense usuellement, la forme serait contenue dans les gènes, ces derniers jouant ensuite sur les molécules ; la matière va se confronter à des échanges d’énergie pour pouvoir assembler/empiler des molécules ad hoc, mais la forme elle-même, en tant que telle,  ne prendra pas sa part de ce genre d’énergie (les formes moléculaires ne la justifiant tout simplement pas…).

Par contre il se passe bien quelque chose, chacun peut le constater sans aucun appareil technologique…

à suivre


NOTE

1 Les forces considérées par les physiques galiléenne, newtonienne et même quantique aujourd’hui s’appuient toujours sur une notion de forces centrales (même la force centripète…). Ces théories n’interrogent absolument pas une notion de forces périphériques qui seraient des forces ‘confinante’ et sans origine vectorielle, venant de nulle-part précisément et s’exerçant partout sans distinction, forces agissant depuis l’ensemble de la périphérie vers l’intérieur du système considéré.

Une physique du vivant comme celle que développe l’association scIence permet de s’ouvrir à de telles forces influentes jusque sur les systèmes physiques.

Après tout, une force est une force, non ?… Pour concevoir mieux comment se situent les théories qui ne sont finalement que des points de vue, des attitudes mentales et limitatives de considérations sur un sujet donné du monde physique (la nature !), on pourra lira  : De la mécanique galiléenne à la relativité restreinte un T.I.P.E. de Julien Baglio, 2005, École Normale Supérieure). ce texte assez simple, dans un cadre expérimental, permet de comprendre que tel fait qui est un mystère pour telle théorie s’éclaire à travers une autre qui simplement tente de voir plus large.

On pourra ensuite s’interroger plus avant sur le fait de considérer les théories comme des sortes de visions absolues si aucune, ouverte à des forces périphériques, n’englobe celles qui éclairent presque parfaitement les notions physicochimiques du monde physique (Einstein les avait prédites… les ondes gravitationnelles qui pourraient motiver des forces, encore centrales…).

Pour comprendre l’intérêt des forces périphériques il faut s’ouvrir à l’existence d’un milieu vivant congru au milieu physique qui forme la nature…

[retour texte]

 

De la nécessité d’un nouveau départ scientifique

De la nécessité d’un nouveau départ scientifique

c’est-à-dire d’un changement de paradigme

Le titre reprend celui d’un texte de René Huyghe « D’une réforme nécessaire de la pensée »

Bilan préambulaire

Depuis Galilée la méthode scientifique a évolué fondamentalement vers un détachement de ce que nous pourrions appeler le Réel. Le perfectionnement des outils d’observation en lieu et place de nos sens en a été le véritable moteur.

Pourtant la démarche elle-même, même si elle est légèrement infléchie par certains travaux actuels, est restée la même : miser sur la neutralité de l’observateur, et déléguer l’impartialité à des appareils conçus dans un but unique, spécialisés et donc réducteurs à la qualité qui est la leur (quid de l’ensemble des qualités à prendre en considération dans l’étude d’un phénomène ?).

En même temps, les humains ont appris à se séparer en beaucoup d’endroits qui sont sous tutelles de la technologie : les réseaux sociaux autorisés par l’internet en sont la preuve non pas vivante mais affligeante et désespérante.

Avant, on lisait les grands penseurs, les chroniqueurs, les artistes, enfin ceux qui avaient la science pour écrire, traduire des choses qu’ils pouvaient cultiver dans leur conscience à partir d’une philosophie du bon, de la vérité des faits ou de leur imagination pour sensibiliser à la beauté.

Aujourd’hui chacun peut jouer ce rôle de grand auteur et tout le monde déverse sa verve plus ou moins élégante en un grand pot-pourris de (in)culture. La pensée aphoristique exprimée dans les réseaux sociaux est même généralement colportée sans avoir été mise à l’épreuve dans sa propre paix intérieure : ce sont souvent les tripes qui s’expriment avec leur potentiel impulsif, mais parfois aussi un cœur qui s’éveille à sa capacité de ressentir, entre pensée et action.

Face aux réseaux dits sociaux qui rassemblent les masses en des communautés virtuelles généralement insipides, on a le monde productif qui ne sait plus quoi faire des gens à cause des gains de productivité, par exemple les exploitants laitiers industriels en sont à 1 000 000 de litres de lait par an et par employé !

[Mais ce sont les vaches qui produisent le lait, pas l’employé, et encore moins l’actionnaire en lui ou son patron. On est juste dans un monde du nombre : un employé peut gérer son lot de 120 prim’Holstein seulement, capables chacune de produire 28 litres de lait par jour pendant 10 mois, en stabulation entravée et sur claies, alimentées par chaînes automatiques apportant de la nourriture industrialisée et équilibrée, élaborée sur la base d’une agriculture intensive extraterritoriale !…]

Le monde devrait marcher au rythme du vivant, des êtres vivants, de la vie.

Mais on a trouvé le truc : concentrer le vivant et rationaliser les tâches nécessitées par les conséquences indésirables de la vie…

En fait, on aura beau trouver des astuces techniques, fruits de recherches pointues, on aura beau déformer la vache à l’image de ce qu’on imagine d’elle (elle fait trop de viande, pas assez de lait, elle pousse des cornes inutiles, elle évacue trop de méthane dans ses flatulences, …), aura-t-on avancé d’un iota sur la connaissance du vivant ? De cela naîtra-t-il un progrès pour l’humanité ?…

Non ! Le monde, dont l’humain, doit aller avec les impératifs de sa part vivante.

Grâce aux médias en temps réel, la science doit suivre le mouvement : elle produit de plus en plus, et les effets d’annonces sur le public, et même en son sein, sont essentiellement maintenant ceux qui ne concernent finalement qu’un nombre très réduit de personnes, et encore surtout par propre intérêt « culturel » car guère utile à l’évolution sociale (dernière annonce en date : « les ondes gravitationnelles » : Einstein avait (encore) raison ! (titre Europe 1).

Je m’interroge souvent sur ce qui sort à destination des populations à partir de ces grandes recherches…

La science est surtout devenue technique, c’est la technique qui ouvre les portes, mais seulement si les portes sont techniques, les portes purement physiques… et en poussant la vie dans ses retranchements la science soulève un à un les voiles du vivant avec des leviers techniques sans découvrir la vie (c’est ainsi…), tout comme elle s’obstine à regarder le cerveau pour finir par dire : il n’y a pas d’être dans cette viande !

Et ce n’est pas tout, la technoscience creuse aussi le gouffre entre les gens (entre ceux qui peuvent s’offrir ses fruits et ceux qui ne le peuvent pas) séparant ainsi le vivant en des « espèces » qu’elles ne maîtrisent pas du tout.

La technoscience donne à croire qu’elle pourra tirer les ficelles du vivant … oui sans doute mais dans quel sens ? Et qu’appelle-t-elle le vivant ? [Monsanto & Co : nourrir toute l’humanité… au prix de la destruction des potentiels de ressources (uniformisation de la diversité, minéralisation-stérilisation des sols, pollution des eaux, etc.) et des consommateurs !]

Faire autrement

Plusieurs façons de faire

Il existe plusieurs façons d’entrer dans un église, on peut y entrer en touriste avec chapeau et caméra, en architecte, en artiste, en ingénieur du bâtiment avec un œil aiguisé sur la perspicacité ou les intentions des bâtisseurs, les perspectives, les jeux de lumières, le son, la répartition des forces, ou encore en croyant qui pénètre dans un espace conçu pour la paix, l’ouverture, le recueillement, le souvenir, etc…

On peut aussi entrer dans une église en composant tout cela. On peut y entrer parce qu’on est musulman, athée, jaïn, etc. pour tester le trait commun avec sa propre foi, ou simplement se recueillir. On peut y entrer pour écouter les pierres rendre la musique des humains, pour y chercher l’esprit qui vaincra le doute ou au contraire pour se prouver qu’il n’y a rien d’autre que des pierres, du froid, des ombres, de l’écho et une musique électronisé pour gommer un peu un silence qui pourrait effrayer…

On peut y entrer avec vénération et calme intérieur ou bien avec les pensées agitées par le tumulte qui règne à l’extérieur. On peut y entrer avec le couple espoir/maladie pour solliciter les forces du lieu ou simplement pour apaiser des tourments, etc..

Il y a plein de façons toujours de faire les choses, et de les voir. Chacun voit à partir de lui, de l’expérience qu’il peut faire, comment il la fait, avec quoi et dans quel état d’esprit. Qui pourrait s’ériger aujourd’hui en autorité capable de dire : « le monde c’est cela, et rien d’autre » ? Ce genre d’attitude, extrémiste, allant même jusqu’à un prosélytisme officialisé, rencontre de plus en plus le doute et la réticence chez celui qui cherche par lui-même, peut-être en s’égarant, mais par lui-même !

Ouverture du point de vue

Le principe dit actif de tel ou tel remède sauvage ou ancestral, traditionnel, efficace n’aurait jamais aidé à guérir s’il avait fallu attendre de le découvrir en laboratoire. Mais à l’époque où l’humain était connecté au milieu vivant, ce fruit, cette racine, cette feuille ou fleur, ce bois, ce champignon, etc. avait su se montrer apte à combattre certains maux, et les humains concernés savaient le voir.

Notre époque a eu la chance de pouvoir plonger à fonds hors des limites de ce qui s’offre à la simple perception pour en fouiller les tréfonds, elle a plongé dans les arcanes de la matière avec un émerveillement à hauteur du pouvoir créateur qui a généré cette matière (selon ce qu’on en pense aujourd’hui et officiellement).

On a eu de la chance : la matière, même instable a pu être amadouée, testée, torturée pour en extorquer des vérités.

Mais, par exemple, pour étudier la lumière en général peut-on partir du fruit de nos persécutions sur le monde physique en utilisant une lumière contrainte, mise en forme comme celle du laser ? Non. Cela devrait couler de source. Le laser est technique, il n’est pas à échelle humaine ni même naturelle. Ce n’est pas parce qu’on pense que la lumière est un complexe électromagnétique, comme semble l’être apriori le laser puisque construit sur cette idée, qu’elle l’est dans l’absolu.

Le vivant n’est guère mieux loti dans cette histoire de la science au regard aiguisé. La biologie s’efface devant la biochimie et la biotechnologie ; elle n’a plus d’intérêt à simplement observer, on sait déjà presque tout, presque…

Disons qu’on connaît bien l’apparence du vivant, mais on n’a toujours aucun concept fondamental sur la vie elle-même.

La science nous permet maintenant d’asservir le vivant pour mieux gérer nos ressources, il faut le contraindre dans les limites qui sont les siennes, enfin celles qu’on pense être les siennes puisqu’on ne le connaît que sous sa façade matérielle. On le rationalise, on se radicalise !

La matière est pérenne (rien ne se crée, rien etc.) à l’échelle de l’humanité au moins, elle est relativement docile, et on sait comment elle peut se rebeller (pensons ici surtout au milieu radioactif). Il est facile d’en connaître les lois (on sait ainsi beaucoup de chose sur le sodium par exemple qui n’a aucune existence ailleurs qu’en laboratoire, il faut toujours s’en souvenir)…

Mais parfois il y a des désobéissances aux lois, comme une intention autre, une inflexion qui sort du cadre ordinaire, de la normalité, un agissement parallèle invisible, inconnu. On constate ou on écoute (ou lit) et on conclut : Comment ? Ce n’est tout simplement pas … possible !

D’où peuvent provenir ces désobéissances constatables, objectivables, et même parfois reproductibles ? Que sollicite-t-on quand on devient capable de reproduire la désobéissance comme on le fait à l’association scIence avec le capteur sensible d’André Faussurier ? Quel agent actif appelle-t-on ? Quel agent se met à l’œuvre avec fantaisie là où on devrait avoir une uniformité ?

La "courbe" identifiée N devrait être la norme dans cette expérience.

La « courbe » identifiée N devrait être la norme dans cette expérience (jeu de 5 capteurs sensibles, avec 1 témoin (N)).

Considérer le vivant, non en tant que les espèces qui le composent mais en tant que milieu, c’est s’ouvrir à un monde de forces actives quand le physique est le monde des forces passives : Il est aisé de faire faire des pirouettes à un ours en peluche, bien moins avec un ours agité (ou endormi), mis en action (même inactive) par sa vie.

Derrière la matière il y a l’inerte, derrière le vivant il y a l’activité.

Le vivant sollicite sans arrêt l’inerte et quand il arrête sa sollicitation l’inerte revient à… son inertie. La poussière retourne à la poussière mais entre temps elle a échappé à l’emprise des forces propres de la poussière, elle a été portée, entourée, conditionnée par d’autres forces pour former un corps habité par un être pour s’ouvrir à d’autres forces encore (celles de la lumière / chaleur au niveau physique par exemple pour le végétal mais aussi celle de la mise en forme d’espèce au niveau du milieu vivant en général, celles par exemple de la sensibilité pour l’animal, celles par autre exemple de la volonté individuelle pour l’humain).

Changer de paradigme, ce n’est pas changer la manière de faire avec ce qu’on croit savoir pour le restructurer, c’est s’ouvrir à un côté du monde qu’on n’a encore pas exploré, avec un mode de pensée qu’on a encore pas sollicité.

Changer de paradigme, c’est faire autrement que ce qui a été fait jusque-là !

Bien à vous et à une prochaine fois.

global 160301

Il est difficile de se dire que ces 4 capteurs* qui sont censés parler le même langage (s’appuyer sur la même  »cause ») expriment la même chose mais à partir de points de vue différents du fait de leur constitution. * les courbes bleu cyan et violet rouge sont issues d’un même capteur en lecture directe (violet rouge) avant un amplificateur électronique, et après l’amplificateur (bleu cyan).