Réalité Réelle ou Virtuelle

Conséquence logique de l’article précédent qui portait sur la VAO (végétation assistée par ordinateur), nous nous devons de parler de la réalité virtuelle.

C’est une sorte de concept un peu paradoxal (juste pour ne pas dire … idiot). Car en fait, si une réalité s’appuie sur un Réel, que signifie un Réel Virtuel ?

On peut évoquer une Réalité Virtualisée sans trop de problème. Par exemple, une photographie, une peinture, une sculpture. Le fait de figer l’instant, ou d’idéaliser un être ou une chose, de composer même une image nous offre, en tant qu’image, une réalité (qui n’est plus accessible) de manière virtuelle [voir ici une définition de VIRTUEL(LE)].

On peut aussi penser tout aussi facilement à une Virtualité Réalisée : par exemple, les fractales (voir ici pour une explication et des exemples, certains sont commentés en note ci-dessous).

Ce qui est intéressant de noter est la différence d’aspect temporel selon qu’on table sur la réalité ou la virtualité. Lorsqu’on accède à une virtualité on fait un grand écart entre passé et futur et lorsqu’on s’inscrit dans la réalité, on …. la vit !

En effet pour créer une virtualité, on s’appuie sur une idée ou bien une loi, donc deux éléments qui ont été « arrêtés », « figées » à une époque passée et on tente de les étendre vers un futur onirique ou potentiel.

On ne crée pas la réalité : elle se vit au temps présent, pas besoin de long discours. La réalité est ce qui se réalise alors qu’on crée la virtualité.

La réalité virtuelle est donc une réalité (un vécu) non conforme à l’expérience directe mais placée dans un cadre artificiel. Je vais donc agir non en fonction de mon expérience physique corporelle mais en fonction de l’expérience suggérée par non pas un dérèglement de mes sensations mais des sensations non conformes à la l’expérience exacte de mon corps (voir cette vidéo ou celle-ci sur l’expérience du casque de réalité virtuelle). On s’immerge dans un autre ici et maintenant qui n’a pas de densité étant seulement un fruit d’une activité numérique.

Tout n’est pas négatif : l’apprenti qui veut se spécialiser peut apprendre… des gestes, des réactions à mettre en place, des manipulations à maîtriser avant de se retrouver en situation réelle, où, là, il aura alors affaire avec lui-même et du concret,

Dans la seconde vidéo proposée vous pouvez prendre la pleine mesure de la chose :

Vous ne touchez rien mais « croyez » toucher, c’est éminemment suggestif. L’impression de réel ne peut venir que d’images, de sensations déjà vécues

Vous attrapez un gâteau et le portez à votre bouche… c’est tout, l’expérience du gâteau s’arrête là, il disparait de votre …. main qui n’est pas la votre et n’a même pas eu à mobiliser les doigts, qui n’ont pas eu de sensations tactiles en terme de masse, de moelleux, de gras ou sec. Mais au moins, vous ne prenez pas de poids….

De plus vous ne voyez pas normalement… l’image est plane et sans profondeur…. vos yeux n’adaptent pas, comme sur l’écran : ce qui est net est imposé, ce qui est flou l’est aussi, votre regard est orienté, sans profondeur, il ne peut pas choisir de voir autre chose que ce qu’ON VOUS montre, VOUS ne pouvez pas choisir de prendre autre chose de l’expérience que ce qu’ON VOUS impose, qu’ON a choisi de VOUS imposer à la création du jeu ou logiciel de formation ! Et ce VOUS dont il s’agit, c’est vous avec un visage lambda, car un autre VOUS vivra exactement les même suggestions que VOUS. Cette expérience d’immersion dans le virtuelle est parfaitement anonyme bien que destinée à vous toucher en profondeur.

Vous apprenez à vous immerger dans un leurre. Un leurre aux allures volontiers formatrices (éviter les erreurs sur une opération à cœur ouvert, sortir le train d’atterrissage 10 m sous la piste – heureusement un crash simulé vous aura informé avant…).

Exemple d’application à la formation

Quand c’est du loisir, la virtualité forme non à éviter les leurres mais au contraire à les accepter comme des événements, des phénomènes normaux. Quid de votre comportement dans la réalité réelle ? (voir ici ou ici)

Si par exemple vous connaissez déjà le vertige, une vidéo de grimpeur solo peut vous donner des appréhensions que vous pourrez justifier et contre lesquelles vous pourrez vous dire : je regarde un film, mon corps n’est pas concerné, il est tranquillement assis et ainsi vous abstraire de ce vertige : l’écran est extérieur, si vous tournez la tête, vous voyez hors de l’écran et ça vous rassure.

En réalité sous casque, si vous tournez la tête pour fuir ce qui vous effraie, le paysage tourne avec vous, c’est fait pour ça. Votre expérience réelle est dupée bien au-delà de ce qu’elle l’est sur un écran, une photographie, un musée des horreurs ou même un train fantôme…

 

À suivre d’ici peu… (dans la troisième partie indépendante, c’est logique vu le sujet, où nous traiterons de l’homme (dé)connecté… Ainsi nous finirons par avoir une vue d’ensemble).


NOTE

Les brocolis, les choux-fleurs, les dessins des coquillages sont autant d’exemples pris et repris pour justifier le travail de lois fractales derrière la nature. Est-ce vraiment le cas ? Dans l’image que cela donne, alors oui, c’est le cas, mais dans la réalité il s’agit d’un développement suivi de la croissance de l’organe considéré le cas échéant. Un brocoli est un pétillement de germes qui une fois amorcés se contente chacun de grandir selon la forme d’origine… il n’y a pas d’itération… [retour texte]

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