Sexisme en société

Cet article m’a incité à m’interroger dans le sens du titre :  » Ces sociétés matriarcales sont à l’opposé des nôtres : les femmes y régissent la vie de toute la communauté  » .

  • Qu’est-ce qui différencie l’homme de la femme ?
  • Qu’est-ce qui différencie la féminité de la masculinité ?

Ma réponse à ces deux questions risquent de choquer certains, d’en faire rire d’autres, mais que m’importe ; ceux d’entre vous qui m’intéressent le plus sont ceux qu’elles vont faire réfléchir à la distinction femme ↔ homme qui, de fait, est à comprendre, et cela d’autant plus à l’heure actuelle.

Merci donc de penser à vos propres réponses à ces questions avant de lire la suite de mon propos  [il est toujours bon de se dire « qu’est-ce je pense de telle chose ? » avant de lire l’avis des autres à ce propos, ça ouvre bien plus que cela ferme].Je ne vais pas répondre au niveau des apparences ni pour ma part ni pour les autres car on risque de se perdre dans des aspects physiologiques plus ou moins cocasses voire triviaux (du genre il est agréable que l’homme soit ferme quand la femme est ouverte… ceci juste pour reprendre deux termes de la phrase précédente pas si anodins que cela).

Disons qu’au lieu de chercher les quelques différences de nature physiologique entre les hommes et les femmes il convient de nous représenter tout ce qui est commun non seulement à travers l’ensemble physiologique mais aussi à travers tout ce qui relève du psychique et prend bien plus de place qu’une question de sexes, de poitrines et de pilosités ou de formes des bassins respectifs !

Je pense que le titre de l’article cité dépasse la réalité du matriarcat par rapport au patriarcat des sociétés occidentales qui tentent bien maladroitement et seulement pour certaines d’imposer ou d’établir la parité homme ↔ femme sur des bases bien fragiles d’une soi-disant différence parce que très superficielle.

On se rapporte souvent dans les études sur le sujet à ce que l’on observe chez les animaux. On cite souvent la société des éléphants comme système matriarcal (et comme tout le monde le sait la famille des Elephantidae sait préserver un espace pour l’éducation en groupe ; ce n’est pas la seule espèce car cela est valable aussi chez les lions, hyènes, bonobos, etc. (j’ai pour ma part souvent fréquenté les étagnes et leurs cabris…).

Mais si l’homme est souvent (moins qu’)un animal dans sa relation à ce qu’il prend pour sa femelle, l’humain n’en est pas un (animal) quoi qu’on veuille nous faire avaler dans plus de 99% des parutions scientifiques. L’humain est … humain.

Son sexe est ce qui lui permet de procréer comme chez l’animal, mais à la différence de ce qui se passe chez ces derniers, l’homme (enfin certains, beaucoup peut-être, c’est-à-dire trop) fait de celui-ci la marque de sa puissance (!!!) ou de son impuissance… Mais Messieurs que je honnirais volontiers si j’ignorai que vous pouvez changer, la femme est plus puissante que vous, elle porte bien plus que n’importe lequel des plus puissants des mâles : elle porte la vie en développement, elle porte l’être qui l’a choisi, elle, pour faire son corps.

Je ne parle pas de Marie-Cécile ou de Wendy, voire de Véronique…, etc. non je parle du milieu maternel. Ce milieu maternel est celui qui appartient aussi à la femelle (animale donc). Mais chez l’humain, c’est une tout autre affaire que chez l’animal quand il s’agit de porter, et de laisser naître, et ensuite de continuer à porter et de permettre à l’individualité de se former. Chacun qui est passé par le rôle de parent comprendra plus facilement.

Féminité Masculinité


la déconnection dans la belle verte de Coline… par Tagetal

Vous avez dans ce passage splendide de « La belle verte » une image de l’homme animal et une image de la femme humaine (ce film me plait énormément, merci Coline Serreau). L’homme animal devient un homme humain à partir de 3 min 09 secondes (dans l’extrait bien sûr).

Que fait alors cet obstétricien ? Il laisse parler sa sensibilité, son être intérieur, sa part féminine qui ne sait pas prendre part à son corps physique de  »mâle ».

Voilà, tout est là, je pourrais très vite arrêter d’écrire : comprendre cela suffit largement à trouver naturelle l’égalité entre les sexes). Mais je ne vais pas vous laisser tomber :

Cet homme s’ouvre, il se montre dans son intimité, sa beauté riche, lumineuse, il la reconnaît (Lindon/Max a l’air un peu benêt… mais ça c’est la mise en scène pour appuyer le contraste entre les deux positions avant-après et l’humilité qu’implique une telle révélation de Soi à soi).

Cette part intérieure est présente chez tout les hommes, mais elle est spontanément manifeste chez la plupart des femmes, et elle affichée, visible alors que chez les hommes elle est masquée, trop intérieure. Dit en langage darwinien s’il peut en être, la vraie puissance du mâle humain est justement de craquer sa gangue pour révéler son côté intime, la force de la femelle humaine est de imposer son être face au mâle humain (qui n’en convoite généralement que le corps : femme-objet).

NOUS sommes tous des HUMAINS avant tout autre considération.

Aucun animal mâle, incapable par nature de cacher sa nature, ne fera subir de sévices à sa partenaire, mais à ses congénères, oui ! Et là aussi l’humain se distingue au plus haut point de l’animal : sa part féminine (chez l’homme comme chez la femme) réagit toujours. Chez les individus sains, quand ils sont mis en situation d’être spectateurs d’une injustice, de violence ils vont réagir intérieurement contre cette violence sans pour autant se dire qu’il faut prendre les armes pour éradiquer le problème. Il ne s’agit pas non plus de morale moralisatrice (sic). Ce qui fait agir (ou seulement ressentir) est une capacité d’empathie extrêmement fine et développée chez l’humain qui ne s’appuie pas sur un schéma de pensée ou un code quelconque mais sur un ressenti du vécu d’autrui (de la douleur au bonheur — mais là peut-être pas dans les situations violentes).

La tendance naturelle féminine est une attitude protectrice saine : former et entretenir une enveloppe, une zone de vie, ménager un espace de protection.

La femme en tant qu’être sexuée ne fait pas son enfant ; elle lui propose la matrice nécessaire pour qu’il puisse faire son corps, le corps de l’homme en tant qu’être sexué n’est pas adapté à cette situation, c’est donc lui qui donne vers l’extérieur de lui et elle qui reçoit dans son intérieur (mais ça, tout le monde le sait…) ; puis il sort, le bébé issu de ce mouvement, de cette rencontre de mouvement et d’accueil, il sort quand il est prêt (ce n’est pas la maman qui décide et encore moins l’obstétricien(ne)). Et là quand il est naît, il est le plus fragile, et pour longtemps, de tous les êtres naissants.

Les difficultés de l’enfantement humain sont exceptionnelles dans la nature (et qu’on ne vienne pas me dire qu’il y a aussi des cas où cela se passe mal chez les animaux…) et pour la mère et pour l’enfant (et aussi pour le papa quand il a la chance magnifique de participer autant qu’il peut).

Rien ne changera quelques soient nos lois sur le genre ; la mère sera toujours la mère, c’est elle qui croise la première le regard de son enfant (enfin souhaitons-le pour lui, c’est rassurant, il le connaissait peut-être du dedans, c’est alors la chose extérieure la plus intérieure qu’il devrait voir en arrivant dehors), la maman est celle qui reste auprès de lui alors que le père prend la relève pour ce qui est de la maison (bon, quand c’est possible, ou simplement voulu).

Évolution et humain

Le darwinisme c’est génial, disons jusqu’à Darwin, mais après lui on aurait du comprendre que si sa façon de lire le monde animal était parfaitement phénoménologique (évolution des formes) et que son œuvre en ce sens est admirable, les conclusions étaient un peu rapides, comme l’est souvent une idée qui parait bonne, et elles créent aujourd’hui des dégâts incroyables alors qu’on aurait du progresser (évoluer) en humanité (au lieu de cela, on encourage la compétition où l’homme plus chargé de force brute extérieure que la femme a d’autant plus de chance de prendre l’avantage, et on encourage la compétition ente les êtres parce qu’on croit que le meilleur naîtra de la sélection naturelle !…).

Croire que l’homme peut-être l’égal de la femme n’est pas un jeu de dupes, c’est, pour lui, apprendre à empêcher une part animale de se développer, mais une part animale caricaturée, déformée par une humanité dévoyée, part animale bien plus rarement mise en avant chez la femme, part animale plus facile à maîtriser dans son cas à elle peut-être.

Des systèmes, des doctrines comme Daech* auront toujours loisir d’investir les âmes faibles tant qu’on cultivera l’idée d’animalité de l’homme, tant qu’on ne cultivera pas l’humain en l’Homme !

L’humain est la seule créature pleinement hermaphrodite…. mais pas au niveau du corps, c’est peut-être dommage, ça rabattrait le caquet à certains machos… L’humain est hermaphrodite par nature, il porte toujours les deux versants, le masculin et le féminin, et celui qui n’aboutit pas à ce fait dans sa réflexion a forcément manqué d’objectivité… (je ne prétends nullement être totalement objectif).

Mais quels sont ces deux côtés de notre hermaphrodisme ? L’intelligence, la cordialité, et même la force appartiennent aux deux, homme et femme**. Si l’on veut chercher les deux côtés il faut trouver autre chose. Si vous regardez un cube vous le voyez de dehors : ainsi vont l’homme et la femme corporellement.

Oui, la femme est un Homme, ou dit autrement Eve est une Adam du chapitre 1 du texte de la Genèse où ils sont créés alors que Dieu prend la côte (un côté ?!) d’Adam seulement au chapitre 2….

Une affaire de point de vue ?

Prenons le monde comme un cube si vous voulez bien.

Si nous voulons chercher de quel côté est la nature féminine, nous le trouvons du côté intérieur du cube… le lieu de mystères qui sont à révéler.

La masculinité est la force d’affichage, de présence, de courage, d’investissement égoïste, d’acharnement, de connaissance du monde, etc..

La féminité est la force d’être, de retrait,  de protection, d’investissement altruiste, d’obstination, de connaissance de l’être, etc..

Quand on est un homme, la nature nous affuble directement de l’apparence extérieure du cube (physique assez stricte éventuellement façonnable en plus par de l’exercice physique, musculature), c’est facile d’être comme on est et de voir chez la femme son côté homme (physique plus riche, plus formé, plus poussé depuis… l’intérieur). Quand on est femme on fait écho à l’aspect intérieur des autres cubes…

L’intérieur du cube… c’est une drôle d’affaire !

Si on reste terre à terre on ne voit que le côté extérieur puisqu’on regarde la chose qui par sa nature ne montre pas son intérieur. Et même avec un cube en verre dont on peut voir l’intérieur, on n’a que ce cube observé à percevoir.

Mais un cube peut aussi être vu du dedans…, côté intérieur. Faites l’exercice de vous dire je suis à l’intérieur du cube… et je constate quoi ? Par rapport à moi ? Par rapport au monde qui n’entoure ? Comment je me sens (hors toute claustrophobie…) ?

Attention en plaçant ma conscience dans le cube, je ne suis pas en prison (burka ?!!!). Je vois le monde d’une manière différente selon que je suis dans ou hors du cube. Dedans j’ai une perception et une sensibilité vécue plus larges que si je suis le dehors du cube car il me concerne directement.

De dedans, en même temps que ses limites,  j’ai la perception plus ou moins confuse de ce qui le porte, de là où il se trouve, de sa relation avec ce qui l’entoure (environnement), je suis moins aveuglé par lui ; de dedans ma perception du monde est autre que si mes yeux se focalisent sur son apparence depuis l’extérieur car dans ce cas j’ai tendance à oublier ce qui est autour de lui pour ne voir que lui.

De dedans, je suis au cœur des forces qui tiennent le cube***.

L’humain possède la capacité d’être en conscience dans ou hors du cube, voire les deux en même temps. La féminité apporte la tendance de voir le cube du dedans alors que la masculinité apporte celle de le voir du dehors. Un homme sera d’autant moins humain qu’il oubliera sa part féminine qui l’ouvre à la perception des êtres dans les corps. Une femme sera d’autant moins humaine qu’elle se limitera à sa personne, voyant le cube du dedans sans voir ou deviner ou s’ouvrir à ce qui est au-delà.

Si la féminité prenait en charge la gestion de la communauté, elle parlerait de ce qu’elle connaît, de ce avec quoi elle vit au quotidien, et c’est pour ça que l’élément féminin en l’humain est le mieux adapté à gérer ce qui est à vocation d’intérieur, maison, âme, quartier, ville, pays…. planète !

Je parle bien de la féminité en l’humain, la nature féminine, de la femme en tant qu’être à nature féminine prépondérante à côtés d’autres êtres à nature masculine prépondérante (je ne parle pas de femme objet (humaine sans côté homme), concept idiot mais malheureusement très couru… qui fait généralement de l’homme aussi un autre objet trop souvent tortionnaire (humain sans côté femme).

Au pays des objets, la femme sera toujours faible, au pays des êtres elle sera l’autre versant de l’humanité, elle ne sera ni le premier ni le second (l’un étant toujours l’autre de l’autre…). Au pays des animaux, elle sera toujours la femelle, et lui le mâle.

Et il faut prendre garde que dans les sociétés matriarcales ou systèmes matriarcaux la femme sache aussi voir les choses de l’extérieur de la société, du système, qu’elle s’appuie sur sa part masculine, sinon tout ira bien au niveau du petit groupe, du petit cube, mais à vau-l’eau en ce qui concerne la gestion de la relation ce qui est au-delà, prenant alors le risque de faire un clan… (Voir l’Assemblée des femmes d’Arsitophane pour les adeptes des écrits anciens, ou de Robert merle pour une vision plus moderne).

La masculinité n’est pas féconde… elle est productive, elle a besoin d’amasser, de collecter, d’enrichir son aspect extérieur.

La féminité est féconde, elle réalise (rend réel), elle organise, elle donne, elle enrichit l’aspect intérieur d’autrui.

Sur quelles valeurs souhaitons-nous développer les sociétés ?

Une vraie politique, riche, constructive, ouverte ne pourra naître que de la rencontre des hommes et des femmes de la société, les un(e)s acceptant de rester ouvert(e)s aux autres, mais quoi qu’il en soit, ceux qui nous gouvernent devraient largement plus qu’ils ne le font (femmes politiques comme hommes politiques) développer le regard depuis l’intérieur…

Nous avons besoin d’humains politiques comme nous avons besoin d’obstétricienne (le vécu d’une maternité personnelle serait un +) !

Voilà, c’est ce que j’ai vu entre le titre de l’article et ce visage (magnifique photo qui révèle la force intérieure joyeuse et communicante ) :

Voir aussi un cycle de billets précédent : humain qui fut amorcé pour la réouverture du musée de ……….. l’Homme.

Allez, une petite chanson pour finir :

 

NOTE :

* De là à dire que Daech et consorts soient le résultat du darwinisme, ou de la doctrine évolutionniste, je ne sais pas, je pense que cela vient de plus loin, de force qui en l’humain sont laissées à elles-mêmes, mais c’est un autre sujet.]

** Notons que je mentionne 3 qualités : la tête et les jambes comme on pense usuellement en omettant entre les deux un élément central, parce que centralisateur : le cœur. Voir éventuellement d’autres pages à son propos dans ce blog comme : Utilise-t-on notre cerveau ? ou encore Cerveau, conscience et je : Le manche, la lame et l’artisan.

*** Un « cube de manufacture » est usiné depuis l’extérieur, mais un « cube vivant » sera tenu depuis le centre de son être comme c’est le cas de n’importe quelle forme organique.

4 réflexions au sujet de « Sexisme en société »

  1. Véronique sauveur

    Je pense avoir compris beaucoup de choses et pas seulement intellectuellement… je suis mère de 4 enfants tous nés par voie naturelle et tous mis sur mon ventre et leur regard dans le mien, tous mis au sein directement… c’est unique et naturel. Quand mon rôle de mère m’a laissé un peu de temps, ma féminité (toujours restée présente) s’est exprimée plus visiblement… quant à mon côté masculin, il a toujours été là et assumé par moi à tel point qu’on m’en fait régulièrement la réflexion. Mon époux à un côté féminin assumé aussi. Et il le sait. Nous sommes hétérogènes homogènes……ceci est juste mon expérience personnelle. Rien de plus. J’ai lu l ‘article avec attention. Personnellement, je te comprends mieux mais la discussion peut continuer. …. ps : mon mari a tes été présent aux accouchements dans l’éducation des enfants. … petite pointe d’humour : je sors régulièrement les poubelles, il fait la vaisselle et souvent la lessive☺

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  2. Véronique sauveur

    Je rajoute que notre vie n’est pas un exemple. ..elle ne ressemble pas à un long fleuve tranquille. ..certaines choses ont eu du mal à se mettre en place

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  3. Véronique sauveur

    Et pour être bien claire , je parle de nos côtés féminins et masculins non pas du tout au niveau physique mais bien d’un caractère intérieur mais qui s’exprime en certaines circonstances. .. bien sûr

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