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La lecture du Réel (+) : Moi, Internet

Bonjour,

Je vous laisse tout d’abord voir cette vidéo qui court sur le web :

MOI, INTERNET from Tongs et Curiosités disponible sur Vimeo.

Une vidéo pour le moins esthétique à tous les sens du terme, séduisante même, provocatrice ! Elle est à même de frapper peut être ceux qui dorment quant aux réalités du monde actuel s’ils font un peu attention à ce qui est dit sans vouloir suivre les images.

Internet qui s’exprime en son nom ! Internet porté à la qualité d’être…

L’être, c’est ce dont nous parlions avec le troisième volet du sujet précédent traité à travers trois billets (La lecture du Réel : des pensées « images », nos sens, la nécessité d’être.)

Faut-il en arriver à élever Internet, le chantre du virtuel, à la qualité d’être pour que nous prenions conscience de la valeur de ce concept ? Lire la suite

Médias de plus en plus faciles : méfiance tout azimut !

Conférence sur le thème des médias

 

par Uwe Buermann (Kiel, Allemagne)

(compte-rendu personnalisé (extrapolé par mes questions) et forcément succinct)

Compétence médiatique ?

Est-ce savoir se débrouiller sur un ordinateur ou être capable de reconnaître jusque là où il peut vous emmener ?
ATTENTION : un ordinateur s’appelle aussi un smartphone, une tablette….

La compétence médiatique relève d’une connaissance non de l’avis pour ou contre l’utilisation, mais où mène le comment j’utilise.

En tant qu’adulte, on est responsable, on a un peu de recul, mais nos jeunes ? Uwe Buermann a ouvert sa conférence en parlant des sexto (sexting en anglais). Exemple rapide, qui n’est pas une image mais qui fut une triste réalité :

  • A sort avec B. A commence à se sentir attirée par B. Après une 1e expérience, B demande à A de lui envoyer une photos d’elle, nue. A émoustillée par la demande répond favorablement en se photographiant dans le miroir et poste l’image sur le portable de B.
  • De fil en aiguille l’aventure se poursuit. B demande à A toujours plus. A se filme dans une action intime et solitaire.
  • Le temps passe. A et B finissent par se séparer.
  • Le temps passe. C un copain de B fricote avec le portable de B et ouvre un album photo.
  • Il tombe sur A et la trouvant sympa, partage l’image sur son propre smartphone puis sur son FaceBook.
  • D, une copine de A, tombe sur l’image, et reconnaît A. A se découvre exposée à des centaines d’amis de C qu’elle ne connaît pas et d’amis d’amis…
  • Il faut environ 2 heures pour que la censure (sévère?) de FB retire l’image. 2 heures pendant lesquelles les amis de C ont eu loisir de regarder A et de partager.
  • Sur la photo A avait 14 ans au moment des faits. B en avait entre 17.
  • C a diffusé une photo produite par A elle-même pour son ami B.

Au moment où le procès a lieu, B est majeur, comme C, et A est encore mineure de plus de 16 ans. Les casiers judiciaires s’ornent de la mention pornographie enfantine (selon réglementation européenne) ! Une trace indélébile pour une bêtise, un amusement aussi sincère et naïf soit-il dans l’instant !!!

Des vies peut-être tâchées à jamais.

Uwe Buermann nous a emmenés à travers divers exemples qui commencent comme des amusements à partir de la technologie de pointe disponible pour tous.

La possession d’un appareil technologique de pointe est un risque majeur pour le devenir de nos enfants.

Quelle doit être notre position, notre attitude, notre confiance vis à vis d’eux avec ce monde qui les enferme loin de notre action, de notre regard, de notre responsabilité de parents ?

Comment peuvent-ils connaître et reconnaître, savoir où sont les limites ? Le système « réseau social » les met en garde mais est-ce suffisant ?

A quel âge a-t-on assez de recul pour être en mesure de savoir que le présent a des conséquences parfois indélébiles sur l’avenir ?

Comment partager avec son enfant ? Comment découvrir un drame invisible qui se trame peut-être ?

En fait la conférence m’a semblé centrée sur la responsabilité morale de chacun pour lui-même, ce qui pour les adultes ne pose pas (trop) de problèmes revient pour un enfant à la position de l’oiseau qui a grandi en cage pour les raisons que l’on sait, et pour qui on crée une trappe de sortie totalement libre ! Cet oiseau doit avoir des pistes, des indications, des avertissements, et par la suite en cas de malheur, de la compréhension tant que justice n’a pas à y mettre son nez.

Uwe Buermann anime des rencontres avec garçons et filles ensemble ou séparés. Ces rencontres qui portent leurs fruits là où il agit comme spécialiste extérieur, mais il ignore tout de sa position face à ses propres enfants.

Il connaît beaucoup de jeux parmi les plus violents, il a travaillé sur des plus pervers accessibles hors commerce. Il connaît les sites de vengeance où des vies sont brisées (En Allemagne, des milliers de femmes ont déjà du changer de nom, de scolarité, de CV et donc d’histoire, de biographie pour laver des déshonneurs dont elles n’avaient sans doute pas imaginé que cela pouvait leur arriver à elles !

Autre exemple : Nos pays riches sont la cible de mafia (russes en partie) qui font pression à partir de rencontre via le net, puis échange de mails, puis connaissance des amis du réseau (dit) social, puis échanges plus chauds entre femmes (peut-être plus ou moins volontaires!) et jeunes garçons qui se voient racketter pour que le silence soit gardé sur leurs activités devant la caméra : « tu payes où tous tes amis vont te voir en train de … ».

C’est lamentable, oui ! Mais c’est la triste face de l’hypertechnologie à côté de ses multiples compétences, et des indiscutables moyens qu’elle représente.

Plus la technique augmente et plus elle met l’humain en face de lui-même et de sa morale.

Il y a encore 50 ans on avait des gros appareils photos qui permettaient de faire de (très) belles photos qui devaient être développées et donc vues plus ou moins par des employés. Mais aujourd’hui on est producteur, diffuseur, consommateur, voire truqueur, tout en même temps et sans intermédiaire aucun. C’est facile, discret (pas de bruit), performant (voir le dernier Sony QX-10 pour des photos smartphone d’extraordinaire qualité) !!!

Et maintenant chaque enfant est dans l’habitude depuis tout petit (avant même de respirer!) d’être mis en avant, d’être photographié, affiché, etc. on ne dit plus vraiment « non », on ne nous demande pas souvent (c’est un photographe qui vous le dit…), alors pourquoi se méfier quand une copine fait les boutiques avec vous pour essayer des sous-vêtements, comme ça juste pour voir et garder une image (de ce côté, les garçons sont un peu plus protégés…) !

***

La compétence médiatique n’est pas de savoir faire tourner nos appareils généralement plug & play (tu branches et ça marche) mais de savoir où l’on met les pieds et de posséder les limites… et surtout là où où peut nous entraîner le simple acte du pour voir pour savoir.

C’est un peu comme la première cigarette tout ça… Le risque devient très grand pour un instant plus ou moins agréable mais qui possède un potentiel de séduction, de clandestinité ( »destin de clan » ???) et de mode.

Alors nos enfants devant les écrans ?

Uwe Buermann propose « pas du tout » avant 10 ans, « pas seuls » avant 16 ans ! Mais comment faire ??? Nos progrès nous tordent le cou…

Rappelons-nous que les enfants d’aujourd’hui feront le monde de demain ! Auront-ils encore la force de pardonner ? Sauront-ils même qu’il y  aurait des choses qui pourraient être à nous pardonner, ou à envisager de nous pardonner ?

Sur quelles bases peuvent-ils s’appuyer pour devenir objectifs dans un espace où ils se sentent (enfin) libre mais sachant (jusqu’où ?) qu’il faut méfier ? Voilà la compétence médiatique à acquérir, et elle n’est pas du tout innée…

Où nous entraîne ce monde que nous détruisons d’un côté pour en rebâtir un autre, plus tentant, pratique, encyclopédique même mais où traînent mille occasions de se perdre, de perdre des amis alors qu’on croit en avoir plein… ?

Les réseaux sociaux sont la face joyeuse des usurpations identitaires, n’y laissons rien de nous qui soit intime, rien des autres qui soit intime, rien à propos des autres  de ce que l’on ne voudrait pas qu’eux-mêmes affichent de nous (et ne nous affichons pas nous-mêmes sous la forme de ce qui ouvre la porte aux autres pour élargir les images qu’ils peuvent apporter !).

Gardons la sociabilité du réseau pour débattre des idées dont nous sommes convaincus, et si votre patron vous trouve trop investi dans une direction qui ne lui plaît pas… c’est que, dans une certaine limite, vous n’avez peut-être rien à faire avec lui…

Pour en revenir au sujet direct de la conférence, il reste à espérer que le monde francophone se charge de la question comme le fait Uwe Buermann pour les germanophones (http://www.erziehung-zur-medienkompetenz.de/).

 Merci pour votre intérêt et vos partages sur les …. réseaux sociaux ! Cet article est libre de droit, mais pas de celui de transmettre sans citer la source !

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