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Des 7 portes du monde physique à l’intention du mouvement

(article hors notes et titres : env. 1500 mots, lecture 7-9 minutes, article inspiré par celui de sciences et avenir n°861, le Big Bang des unités de mesure)

Les 7 portes…

La masse, la longueur, le temps, le courant, l’éclairement, la chaleur et la quantité de matière définissent les critères mesurables du monde physique. Tout est là ! On n’en a pas encore découverts d’autres.

Ou plutôt : tout serait-il là ?!!!

Aucun de ces critères ne concerne le milieu vivant qui actuellement n’est pas reconnu en tant que tel. Le milieu vivant est un milieu autonome qui s’appuie sur le physique dans sa manifestation. Il en est séparé (parallèle, conjoint, adjoint, sécant, etc.), voire il pourrait englober le milieu physique, peut-être même le porter… Le physique est peut-être lui aussi légèrement ouvert au vivant comme semble nous le faire penser les expériences faites dans le cadre de l’association scIence.

Pour l’heure, la science académique ne (re)connaît que le versant physique du monde, et elle le connaît joliment, savamment, nous ne pouvons que louer ses efforts pour en percer les détails.

 

Mais réorganisons les critères, ces sept clés que cette science du physique a su cerner et isoler :

    • courant
    • quantité de matière
    • masse
  • temps
    • longueur
    • chaleur
    • éclairement

Quelle différence avec la première liste me direz-vous ? Dans l’absolu des mots et des noms, effectivement, hors un aspect alphabétique, on peut les mettre dans tous les désordres possibles. Mais là cette liste dans la suite où elle est proposée possède un aspect révélateur du vivant…

Là on se dégage progressivement de la matérialité. Évidemment le temps semble peut matériel, pourtant il convient comme nous allons voir de le placer ici, entre les deux autres trios.

Le premier trio s’adresse à la matière in situ avec plutôt un côté obscur, fermé, dense, centré sur lui-même ; le dernier trio parle de l’espace avec un aspect plus lumineux, ouvert, léger dans le sens où tout se détache de la matière pour tendre plus spécialement vers la périphérie. Matière et espace sont reliés par le temps…

On me dira volontiers que c’est n’importe quoi, que c’est infondé, que c’est arbitraire et non structuré (et que je n’ai aucune autorité reconnue et validée pour affirmer cela…), je ne contredirai pas, c’est inutile car il est trop difficile dans ce monde d’exprimer des idées nouvelles… Et je m’en moque… l’important étant de les exprimer au moins pour ceux qui sont ouverts, peuvent s’affranchir de leurs modèles et entrer dans une critique constructive.

On pourrait donc aussi se dire : c’est remarquable ! La nature est bien faite… Voilà de quoi réfléchir !

Car qu’en serait-il de la nature si tout cela, tout ce que nous avons su lire chez elle, n’était pas cohérent ? Si les critères que nous avons su fondamentaliser étaient disparates, anarchiques, ne pourraient-ils pas être aussi anecdotiques, fantaisistes ?

On pourrait alors poursuivre le discours intérieur de la manière suivante : Alors qu’on plébiscite par ailleurs le temps comme un produit dérivé de l’espace [1] on me parle ici de lui comme d’un élément central, un pivot, éventuellement structurant ! Voilà sans doute un sérieux point d’ancrage vers le vivant chez qui indubitablement je perçois son rôle fondamental…

Pourquoi alors cette place centrale pour le temps au cœur du milieu physique, un temps qui me semble être bien autre chose qu’un épiphénomène ?…

À propos du mouvement.

Rudolf Steiner dans l’une de ses conférences tente de montrer qu’il est injuste de dissocier le temps de l’espace comme on le fait pour parler de la vitesse. Je ne vais pas ici redonner ses paroles, il suffit d’entrer dans la teneur des cycles Lumière et matière, Chaleur et matière, et Science du ciel, science de l’homme pour commencer à se saisir de la chose. Pour ma part j’en suis arrivé à établir que la réalité c’est le mouvement, c’est le point de départ. Du fait du mouvement effectué forcément avec une certaine célérité, on établit un rapport de proximité entre dimensions spatiale et temporelle (il faut un temps T entre le début et la fin du mouvement, et entre temps… on a parcouru une certaine distance D vitesse V= D/T, cela nous apparaît dans le raisonnement mais ce qu’on va saisir en premier c’est bien la vitesse).

On rapporte effectivement la distance au temps sous l’effet de la vitesse mais ni l’un ni l’autre n’ont quoi que ce soit d’absolu, ils dépendent chacun du mouvement effectué avec sa célérité propre.

On parle ici de mouvement pur, de geste. Mais dans le monde physique un mouvement ou un geste doit être manifesté dans et par la matière. Dans le monde physique, c’est une masse M en mouvement avec une certaine vitesse V (cette masse peut éventuellement laisser une image de son passage dans une autre masse de matière sous forme d’une opposition au déplacement). Il convient donc de faire apparaître la masse et sa vitesse dans une autre équation. C’est ce qu’on concrétise mathématiquement sous forme de quantité de mouvement (sic) P = M.V.

La quantité de mouvement qui est un concept assez obscur d’un certain côté (au lycée par exemple…) peut devenir très parlant de l’autre (ici par exemple). En combinant nos relations on peut représenter P sous la forme P = M.D/T faisant apparaître les trois critères du pivot de notre liste réorganisée : la masse et la longueur sont rapportées au temps. Et la réalité, c’est la quantité de mouvement P qui est fondamentale [2] comme précédemment nous avions la vitesse.

Et ce qui est intéressant au-delà de ce dessin préfiguré dans notre liste c’est de se demander mais qu’est-ce donc qui crée le mouvement qui va être quantifié.

Qu’un big bang ait été à l’origine des mouvements planétaires, pourquoi pas, mais si l’ensemble mis en mouvement d’expansion s’est mis en mouvement maintenant inerte (il continue sur sa lancée), c’est que cet ensemble était déjà en mouvement intérieur (échange calorique, chimique, nucléaire comme de gigantesques tripes ou quelque chose de plus subtile puisqu’on dit qu’à l’époque rien de ce nous connaissons n’existait sous la forme connue) car sinon il n’y aurait eu aucune raison que la situation, en tant qu’objet inerte donc, changeât.

L’intention du mouvement

Personnellement, je ne suis pas allé voir du côté du Big Bang et je n’arrive pas à concevoir ce que j’ai entendu un jour de la bouche d’un chercheur du CERN à l’époque « mais Monsieur, nous au CERN, c’est tous les jours que nous le voyons le Big Bang »… On ne croit à la limite pas ce qu’on voit, mais on croit ce qu’on imagine… Bref !

De mon côté donc, quand je regarde le vivant je vois ça : la vie et sa mobilité intrinsèque, et la mort quand ce qui met en action s’absente, se retire, s’échappe, se perd. Et je me demande pourquoi l’objet physique résiduel ne bouge plus… ni dedans, ni vers le dehors. Quid des fonctions vitales ? Quid des choses à faire ?…

Rien dans le chemin de la mouche à la surface du mur en quête de quelque trou pour faire ses petites affaires ou de quelque chose à grignoter ne relève du monde physique. L’intention de la mouche n’est pas de ce milieu, mais d’un autre, peut-être même d’au-delà du milieu vivant, milieu plus apte à garantir les fonctions vitales comme le milieu physique garantit la stabilité des substances organiques ou les jeux de leurs rencontres que la justification des actes : quelle est l’intention de ses mouvements ? Quelle est la quête entreprise pour agir ainsi ?

Et, c’est sans doute pénible, mais pour l’heure, ce milieu vivant au moins n’a pas l’air d’accepter lois et équations sinon notre force mathématique y aurait déjà ouvert une brèche… Le chemin de la mouche m’échappe. Son origine et son but ne sont pas dans la mouche physique qui se meut dans l’indifférence de ma présence observante mais ils appartiennent à la mouche (en ou hors d’elle), un milieu qui m’échappe à moi, même si je peux constater l’activité de ses pattes, ses envols, ses toilettage, etc..

La question de la place des mathématiques

Contrairement à ce qu’affirme une sentence bien connue, je ne pense pas que le monde soit mathématique… Certes, on utilise les mathématiques comme une sorte de support à notre jugement dans tout ce qu’on peut quantifier, elles sont un modèle pour l’intellectualisation, et pour le milieu physique elles sont l’outil parfait que pouvait façonner notre intelligence cognitive.

Mais quid de ce qui ne se laisse percevoir que sous forme qualifiable, en terme de qualité ? Comme la vie ? Et bien plus loin encore, la beauté, la générosité, l’amour ?… Peut-être qu’en inventant d’autres mathématiques bien plus ouvertes aux aléas nous ouvririons de nouveaux modèles représentatifs, mais rien n’est moins sûr !

 


NOTES

Note 1
Ce qui est de part et d’autre du signe égal possède même quantification en valeur, c’est vrai en arithmétique, mais juste là. Dès qu’on brasse des unités même identiques de part et d’autre du signe égal, il en va autrement.

J’avais l’habitude de demander à mes élèves si véritablement 1 x 100 était la même chose que 100 x 1 comme ça ou en se disant qu’on parle d’argent : euro, francs, livres etc., peu importe. Les moins vifs voyaient le même montant et les autres la conséquence dans leur poche ou leur porte-monnaie…

On apprend la commutativité de la multiplication… C’est bien, et c’est intéressant, mais ce n’est valable qu’en mathématique, avec les nombres pour ce qu’on sait faire d’arithmétique avec eux. Même avec des salades on marchandera différemment pour un lot de 20 salades destinées à un restaurant et 20 jours à prendre une salade en tant que particulier… Les deux auront pourtant bel et bien mangé 20 salades ! 1 x 20 salades ≠ 20 x 1 salade la preuve est dans l’accord grammatical… [Retour]

Note 2
C (célérité de lumière) = distance (longueur)/temps (mis à parcourir cette distance). C’est ainsi qu’on définit une vitesse (V = L/T). Mais ici la célérité luminique est une constante engendrée par deux variables pour peu qu’on lise l’équation de droite à gauche. Ainsi cette constante peut aussi une justification de la longueur parcourue pendant un temps T :
L = c.T
d’où la définition de l’année lumière qui est en fait une distance parcourue (9 460 730 472 580 800 m) par la lumière à sa vitesse (299 792 458 m/s) en une année julienne – donc terrestre (31 557 600 s).

Le temps est ainsi engendré par une réalité spatiale découlant de l’absolu luminique. Ce qui compte et importe, et fait du temps une 4e dimension de l’espace, c’est ce rapport. Il y a les trois dimensions (x, y et z), orthogonales entre elles et une quatrième qu’on appellera c.T.

Oh, il est difficile de placer ce temps dans le monde physique consensuel dont les trois dimensions de l’espace radical ne laisse aucune place pour insérer une autre dimension spatiale. Par contre il est facile à prendre en compte mathématiquement puisqu’on sait jongler avec n dimensions sans trop de problèmes (cf. note 1).[Retour]

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