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De la nécessité d’un nouveau départ scientifique

De la nécessité d’un nouveau départ scientifique

c’est-à-dire d’un changement de paradigme

Le titre reprend celui d’un texte de René Huyghe « D’une réforme nécessaire de la pensée »

Bilan préambulaire

Depuis Galilée la méthode scientifique a évolué fondamentalement vers un détachement de ce que nous pourrions appeler le Réel. Le perfectionnement des outils d’observation en lieu et place de nos sens en a été le véritable moteur.

Pourtant la démarche elle-même, même si elle est légèrement infléchie par certains travaux actuels, est restée la même : miser sur la neutralité de l’observateur, et déléguer l’impartialité à des appareils conçus dans un but unique, spécialisés et donc réducteurs à la qualité qui est la leur (quid de l’ensemble des qualités à prendre en considération dans l’étude d’un phénomène ?).

En même temps, les humains ont appris à se séparer en beaucoup d’endroits qui sont sous tutelles de la technologie : les réseaux sociaux autorisés par l’internet en sont la preuve non pas vivante mais affligeante et désespérante.

Avant, on lisait les grands penseurs, les chroniqueurs, les artistes, enfin ceux qui avaient la science pour écrire, traduire des choses qu’ils pouvaient cultiver dans leur conscience à partir d’une philosophie du bon, de la vérité des faits ou de leur imagination pour sensibiliser à la beauté.

Aujourd’hui chacun peut jouer ce rôle de grand auteur et tout le monde déverse sa verve plus ou moins élégante en un grand pot-pourris de (in)culture. La pensée aphoristique exprimée dans les réseaux sociaux est même généralement colportée sans avoir été mise à l’épreuve dans sa propre paix intérieure : ce sont souvent les tripes qui s’expriment avec leur potentiel impulsif, mais parfois aussi un cœur qui s’éveille à sa capacité de ressentir, entre pensée et action.

Face aux réseaux dits sociaux qui rassemblent les masses en des communautés virtuelles généralement insipides, on a le monde productif qui ne sait plus quoi faire des gens à cause des gains de productivité, par exemple les exploitants laitiers industriels en sont à 1 000 000 de litres de lait par an et par employé !

[Mais ce sont les vaches qui produisent le lait, pas l’employé, et encore moins l’actionnaire en lui ou son patron. On est juste dans un monde du nombre : un employé peut gérer son lot de 120 prim’Holstein seulement, capables chacune de produire 28 litres de lait par jour pendant 10 mois, en stabulation entravée et sur claies, alimentées par chaînes automatiques apportant de la nourriture industrialisée et équilibrée, élaborée sur la base d’une agriculture intensive extraterritoriale !…]

Le monde devrait marcher au rythme du vivant, des êtres vivants, de la vie.

Mais on a trouvé le truc : concentrer le vivant et rationaliser les tâches nécessitées par les conséquences indésirables de la vie…

En fait, on aura beau trouver des astuces techniques, fruits de recherches pointues, on aura beau déformer la vache à l’image de ce qu’on imagine d’elle (elle fait trop de viande, pas assez de lait, elle pousse des cornes inutiles, elle évacue trop de méthane dans ses flatulences, …), aura-t-on avancé d’un iota sur la connaissance du vivant ? De cela naîtra-t-il un progrès pour l’humanité ?…

Non ! Le monde, dont l’humain, doit aller avec les impératifs de sa part vivante.

Grâce aux médias en temps réel, la science doit suivre le mouvement : elle produit de plus en plus, et les effets d’annonces sur le public, et même en son sein, sont essentiellement maintenant ceux qui ne concernent finalement qu’un nombre très réduit de personnes, et encore surtout par propre intérêt « culturel » car guère utile à l’évolution sociale (dernière annonce en date : « les ondes gravitationnelles » : Einstein avait (encore) raison ! (titre Europe 1).

Je m’interroge souvent sur ce qui sort à destination des populations à partir de ces grandes recherches…

La science est surtout devenue technique, c’est la technique qui ouvre les portes, mais seulement si les portes sont techniques, les portes purement physiques… et en poussant la vie dans ses retranchements la science soulève un à un les voiles du vivant avec des leviers techniques sans découvrir la vie (c’est ainsi…), tout comme elle s’obstine à regarder le cerveau pour finir par dire : il n’y a pas d’être dans cette viande !

Et ce n’est pas tout, la technoscience creuse aussi le gouffre entre les gens (entre ceux qui peuvent s’offrir ses fruits et ceux qui ne le peuvent pas) séparant ainsi le vivant en des « espèces » qu’elles ne maîtrisent pas du tout.

La technoscience donne à croire qu’elle pourra tirer les ficelles du vivant … oui sans doute mais dans quel sens ? Et qu’appelle-t-elle le vivant ? [Monsanto & Co : nourrir toute l’humanité… au prix de la destruction des potentiels de ressources (uniformisation de la diversité, minéralisation-stérilisation des sols, pollution des eaux, etc.) et des consommateurs !]

Faire autrement

Plusieurs façons de faire

Il existe plusieurs façons d’entrer dans un église, on peut y entrer en touriste avec chapeau et caméra, en architecte, en artiste, en ingénieur du bâtiment avec un œil aiguisé sur la perspicacité ou les intentions des bâtisseurs, les perspectives, les jeux de lumières, le son, la répartition des forces, ou encore en croyant qui pénètre dans un espace conçu pour la paix, l’ouverture, le recueillement, le souvenir, etc…

On peut aussi entrer dans une église en composant tout cela. On peut y entrer parce qu’on est musulman, athée, jaïn, etc. pour tester le trait commun avec sa propre foi, ou simplement se recueillir. On peut y entrer pour écouter les pierres rendre la musique des humains, pour y chercher l’esprit qui vaincra le doute ou au contraire pour se prouver qu’il n’y a rien d’autre que des pierres, du froid, des ombres, de l’écho et une musique électronisé pour gommer un peu un silence qui pourrait effrayer…

On peut y entrer avec vénération et calme intérieur ou bien avec les pensées agitées par le tumulte qui règne à l’extérieur. On peut y entrer avec le couple espoir/maladie pour solliciter les forces du lieu ou simplement pour apaiser des tourments, etc..

Il y a plein de façons toujours de faire les choses, et de les voir. Chacun voit à partir de lui, de l’expérience qu’il peut faire, comment il la fait, avec quoi et dans quel état d’esprit. Qui pourrait s’ériger aujourd’hui en autorité capable de dire : « le monde c’est cela, et rien d’autre » ? Ce genre d’attitude, extrémiste, allant même jusqu’à un prosélytisme officialisé, rencontre de plus en plus le doute et la réticence chez celui qui cherche par lui-même, peut-être en s’égarant, mais par lui-même !

Ouverture du point de vue

Le principe dit actif de tel ou tel remède sauvage ou ancestral, traditionnel, efficace n’aurait jamais aidé à guérir s’il avait fallu attendre de le découvrir en laboratoire. Mais à l’époque où l’humain était connecté au milieu vivant, ce fruit, cette racine, cette feuille ou fleur, ce bois, ce champignon, etc. avait su se montrer apte à combattre certains maux, et les humains concernés savaient le voir.

Notre époque a eu la chance de pouvoir plonger à fonds hors des limites de ce qui s’offre à la simple perception pour en fouiller les tréfonds, elle a plongé dans les arcanes de la matière avec un émerveillement à hauteur du pouvoir créateur qui a généré cette matière (selon ce qu’on en pense aujourd’hui et officiellement).

On a eu de la chance : la matière, même instable a pu être amadouée, testée, torturée pour en extorquer des vérités.

Mais, par exemple, pour étudier la lumière en général peut-on partir du fruit de nos persécutions sur le monde physique en utilisant une lumière contrainte, mise en forme comme celle du laser ? Non. Cela devrait couler de source. Le laser est technique, il n’est pas à échelle humaine ni même naturelle. Ce n’est pas parce qu’on pense que la lumière est un complexe électromagnétique, comme semble l’être apriori le laser puisque construit sur cette idée, qu’elle l’est dans l’absolu.

Le vivant n’est guère mieux loti dans cette histoire de la science au regard aiguisé. La biologie s’efface devant la biochimie et la biotechnologie ; elle n’a plus d’intérêt à simplement observer, on sait déjà presque tout, presque…

Disons qu’on connaît bien l’apparence du vivant, mais on n’a toujours aucun concept fondamental sur la vie elle-même.

La science nous permet maintenant d’asservir le vivant pour mieux gérer nos ressources, il faut le contraindre dans les limites qui sont les siennes, enfin celles qu’on pense être les siennes puisqu’on ne le connaît que sous sa façade matérielle. On le rationalise, on se radicalise !

La matière est pérenne (rien ne se crée, rien etc.) à l’échelle de l’humanité au moins, elle est relativement docile, et on sait comment elle peut se rebeller (pensons ici surtout au milieu radioactif). Il est facile d’en connaître les lois (on sait ainsi beaucoup de chose sur le sodium par exemple qui n’a aucune existence ailleurs qu’en laboratoire, il faut toujours s’en souvenir)…

Mais parfois il y a des désobéissances aux lois, comme une intention autre, une inflexion qui sort du cadre ordinaire, de la normalité, un agissement parallèle invisible, inconnu. On constate ou on écoute (ou lit) et on conclut : Comment ? Ce n’est tout simplement pas … possible !

D’où peuvent provenir ces désobéissances constatables, objectivables, et même parfois reproductibles ? Que sollicite-t-on quand on devient capable de reproduire la désobéissance comme on le fait à l’association scIence avec le capteur sensible d’André Faussurier ? Quel agent actif appelle-t-on ? Quel agent se met à l’œuvre avec fantaisie là où on devrait avoir une uniformité ?

La "courbe" identifiée N devrait être la norme dans cette expérience.

La « courbe » identifiée N devrait être la norme dans cette expérience (jeu de 5 capteurs sensibles, avec 1 témoin (N)).

Considérer le vivant, non en tant que les espèces qui le composent mais en tant que milieu, c’est s’ouvrir à un monde de forces actives quand le physique est le monde des forces passives : Il est aisé de faire faire des pirouettes à un ours en peluche, bien moins avec un ours agité (ou endormi), mis en action (même inactive) par sa vie.

Derrière la matière il y a l’inerte, derrière le vivant il y a l’activité.

Le vivant sollicite sans arrêt l’inerte et quand il arrête sa sollicitation l’inerte revient à… son inertie. La poussière retourne à la poussière mais entre temps elle a échappé à l’emprise des forces propres de la poussière, elle a été portée, entourée, conditionnée par d’autres forces pour former un corps habité par un être pour s’ouvrir à d’autres forces encore (celles de la lumière / chaleur au niveau physique par exemple pour le végétal mais aussi celle de la mise en forme d’espèce au niveau du milieu vivant en général, celles par exemple de la sensibilité pour l’animal, celles par autre exemple de la volonté individuelle pour l’humain).

Changer de paradigme, ce n’est pas changer la manière de faire avec ce qu’on croit savoir pour le restructurer, c’est s’ouvrir à un côté du monde qu’on n’a encore pas exploré, avec un mode de pensée qu’on a encore pas sollicité.

Changer de paradigme, c’est faire autrement que ce qui a été fait jusque-là !

Bien à vous et à une prochaine fois.

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Il est difficile de se dire que ces 4 capteurs* qui sont censés parler le même langage (s’appuyer sur la même  »cause ») expriment la même chose mais à partir de points de vue différents du fait de leur constitution. * les courbes bleu cyan et violet rouge sont issues d’un même capteur en lecture directe (violet rouge) avant un amplificateur électronique, et après l’amplificateur (bleu cyan).

Le progrès, et sa valeur

(Cet article a valeur d'amorce de réflexion et non de définition.)

Mouvement en avant, en arrière, sur le côté, un pas après l’autre dans une direction : nous progressons !

L’humain progresse. C’est même plus fort que lui, comme s’il était tiré vers l’avenir, quitte à y aller à reculons ! Le progrès est le propre de l’homme… si tant est que cela lui appartienne, c’est ce que je propose de voir dans ce billet.

La perspective du progrès dépasse largement le bien-être ou simplement le mieux-être. Il ne s’agit pas de savoir mieux manger (selon des lois de la diététique), d’avoir un toit pour s’abriter et avoir chaud, non, il s’agit de connaissance, de naître avec ce dont on prend conscience !

Ne jamais demeurer trop longtemps dans les mêmes conditions de vie, toujours aller de voir ailleurs, faire évoluer les choses, les transformer, en un mot les dépasser ! Toujours, savoir puis améliorer, et de fil en aiguille on bâtit ce qu’on appelle le progrès. Lire la suite