Une énergie libre… cqfd (partie 3/3)

Bref parcours de la partie 1  et de la partie 2 : après une mise en train d’introduction, nous avons établi une relation entre  trois concepts liés en une triade : Force – espace – énergie et nous avons considéré l’équation aux dimensions 1J = 1N.m. Puis nous avons cherché dans la nature un exemple manifestant une énergie non directement matérielle (et on a trouvé !).
Nous nous sommes alors interrogés plus profondément sur le concept d’énergie pour aboutir à un concept d’énergie libre.

IV) Mais l’énergie : qu’est-ce donc au-delà de ce qu’en a résumé Feynman ?

J’ai bien conscience qu’il peut paraître présomptueux de vouloir rajouter aux propos de Feynman, mais ce n’est pas de ma faute s’il a pensé sans doute très juste dans un système … fermé. S’il eut été ne serait qu’un peu biologiste de cœur, il n’aurait pas dit les choses de la même manière. Comme nous le soulevions dans la première partie : la forme de la plante ne relève d’aucune énergie physique au sens ce qualificatif et donc enfermée dans un contexte à la Carnot ou à la Mayer.

Car ici le bats blesse sérieusement et gâche même le concept d’énergie. Il nous faut absolument sortir de l’obstination du matériel, et cela d’autant mieux qu’à l’ère de la physique quantique celui-ci bat de l’aile d’un côté. Mais il se bride l’autre aile et tourne en rond par trop de matérialisme, un matérialisme aigu qui devient étranger à notre existence propre d’humain, et ce faisant nous entraînons la nature sous son apparence au lieu de la manifester dans sa magnificence.

L’énergie est une quintessence de la nature. C’est notre chance. Elle n’est pas matérielle, mais le matériel en est imprégné.

Une énergie, c’est un pouvoir :

celui de mettre en œuvre ce qui est à disposition in situ

pour transformer quelque chose in situ ou ailleurs.

Ce qui est à disposition peut l’être intérieurement ou extérieurement au système à transformer. Ceci n’est pas un postulat, c’est le fruit de l’observation :

  • Monde végétal : la plante se transforme en permanence sur des bases non inhérente à la matière, ni même aux molécules composées élaborées par le vivant. Cette transformation est issue pour la part matérielle de l’intérieur (composer les substances ad hoc) et pour la part formelle sur un plan non physique donc non concerné en tant qu’intérieur ou extérieur.
  • Monde animal :
    • l’énergie vient du dedans :
      • sur la base de ce qui est puisé à l’extérieur (alimentation, respiration transformées pour usage propre)
      • et sur la base de ce que ressent son intérieur (faim, soif, descendance, etc.) ce qui pourrait s’appeler la motivation à chercher,
  • mais elle vient aussi du dehors, l’animal étant en permanence en lien avec l’environnement de façon psychique (à travers la sensorialité, vue, écoute, odorat, toucher), l’animal s’enfermant à peine dans le sommeil, hors hib(v)ernation.
  • Monde humain : pour ce qui est du corps l’humain possède une énergie semblable à celle de l’animal [1], et pour ce qui est de lui-même, ce qu’il a donné une fois peut continuer à travailler sans lui, ou bien disons simplement même une fois que le corps n’est plus.

Dans ce dernier ordre d’idée, l’énergie que possède l’humain est l’AMOUR, par lui bien des choses sont possibles mais il ne faut pas se contenter de penser « je veux » il faut aussi et surtout vouloir intérieurement au-delà de l’intention, c’est-à-dire pouvoir entrer en activité ne serait que par une présence vraie du style « Je suis pour toi et non pour moi » (un exemple étonnant, merveilleux et actuel est Amma Amritanandamayi dont parle le film Un plus une de Claude Lelouche).

On est évidemment obligé pour considérer cela de se placer au-delà du monde physique. Et quand on atteint l’ouverture à ce monde  »parallèle », désengorgé du  »bourbier » matériel inflexible (ou à peine flexible) [2].

L’amour par exemple qui s’appuie sur une action pour l’autre est un pouvoir de se transformer qu’on offre à l’autre sans rien perdre soi-même et au contraire. L’amour est une énergie qui demandera des mathématiques bien moins matérialistes que celles-d’aujourd’hui si on veut un jour la mettre en équation (on pourra sans doute l’envisager à partir du moment où on sera pleinement capable de s’ouvrir à ce qui ne passe pas sous le microscope…)


Il est sûr que les trois derniers paragraphes de ce billet ne font pas très scientifiques, mais c’est juste parce que la science est à l’heure actuelle enfermée dans l’étude du concret, fut-il parfaitement conceptuel pour certains domaines. L’amour est l’énergie de se relier sans direction, sans objectif, à l’image du Soleil. C’est un don de soi pour alimenter les autres, n’importe quel autre, un don qui alimente jusqu’à son producteur (qui dans un corps de chair reste soumis aux lois de cette chair jusqu’au jour où peut-être l’amour saura aussi transformer celle-ci).

On aura beau chercher mille raisons obscures à la place que tient l’humain sur Terre, elles seront toutes caduques tant que la dimension de l’amour sera dépendant d’un dogme, d’une morale, il doit devenir inconditionnel et hors de toute confession.

Ce long chemin de soi vers chacun et de l’humanité vers elle-même possède son phare et son énergie en l’amour, voilà la première source vraie d’énergie libre. Il faut l’amadouer, la canaliser, la formaliser un peu mais pas trop car elle ne tolère pas la contrainte dès lors que ce n’est pas le juste, le vrai et le bon qui l’oriente.

Une autre forme d’énergie humaine est aussi de savoir accueillir ce qui vient…

Avec mes remerciements pour votre patiente lecture de ces trois longs billets.

Patrick Roussel


NOTE

1 L’énergie humaine semblable à celle de l’animal mais non identique, nous le comprendrons vraiment un jour. Elle est semblable pour ce qui est du corps mais même là l’humain peut aller plus loin, comme par exemple contre certains besoins, ou les différer et faire alors appel à d’autres ressources face au manque d’énergie inhérent à certains manques de matière ; il fait alors plus que puiser dans ses stocks comme on dit, voici un point commun sur lequel sur lequel l’animal passe bien plus difficilement outre.

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2 Il devient alors inutile de parler de Dieu par exemple comme d’un être supérieur ou illusoire perdu dans des confins de toutes façons inatteignables, l’être lui-même, ouvert, se révèle en tant que tel. La religion pensée, forcément étiquetée et finalement dogmatique,  qui n’existe qu’au niveau physique devient inutile en tant que doctrine dès qu’elle est vécue : Dieu n’est plus un barbu bien au chaud dans ses contrées célestes, il est à motiver, à mettre en œuvre, en nous.

En ce sens l’athée est souvent plus près de Dieu que celui qui prêche en son nom et souvent se met en porte-à-faux entre l’intention de son discours et ses propres actes (c’est un peu comme ne politique, faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais !). Une version presque caricaturale de cela est vécue aujourd’hui par l’humanité à travers certaines sectes ou confessions plus ou moins anodines (au maximum destructeur on a daech qui impose dans la violence un nihilisme des valeurs humaines, et au minimum constructeur, les confessions religieuses dogmatiques qui génère une bonne conscience avec récompense finale…).

C’est pour cela que celui qui pense être athée peut finalement être plus proche des autres parce que sans fard (à condition que son attitude et son discours s’accorde et qu’il ne joue pas le nihiliste…).
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