Vous avez dit « nucléaire » ? (avec message pour AREVA)

 

Chers lecteurs, voici un billet hors thème du mois.

Le nucléaire… : il y aurait tant à dire sur ce sujet que je préfère généralement me taire.

Mais l’augmentation prochaine des tarifs edf soit disant justifiée par la couverture des frais de fonctionnement m’a poussé un peu à réfléchir sur la question de la production d’électricité à partir du nucléaire dont se charge directement edf (et éventuellement de façon indirecte avec son partenaire areva qui installe son EPR en partie sur nos deniers pour pouvoir faire de gros profits peut-être bien sans avoir à couvrir des frais de fonctionnement, de démantèlement, etc. bref je ne sais pas trop quels sont les accords edf erdf areva état).  edf ne fait pas tout mais sous-traite à des entreprises qui vendent leur services et empochent les bénéfices…

Sur le site edf on trouve :

« EDF prend en charge la totalité de ses déchets radioactifs depuis la mise en service de sa première centrale nucléaire. Pour les gérer, l’entreprise a toujours appliqué quatre principes qui permettent de réduire les déchets et de protéger l’homme – aussi bien le public que les salariés – et l’environnement. »

C’est faux, ou alors edf c’est nous… Les profits sont bel et bien dégagés, mais edf ne prend pas dessus pour assumer ce qui a été du temps de De Gaule une perspective énergétique et lucrative très avantageuse ( l’état finance les constructions, edf produit et distribue, les investisseurs touchent leurs dividendes, … je me trompe ?!). Comment, à l’époque d’une transition énergétique qui prend conscience, rattraper le retard sachant que les dividendes ont été ingérés sous forme de foie gras et autres caviar ou ferrari, ou encore (r)achat d’usines de sous-traitement pour le compte d’edf dès les premiers jours de leur versement ?

J’ai été détourné de ma recherche dès son entrée en matière par la première page de ma recherche d’informations ; alors venons-en au vif du sujet, car si l’économie est passionnante, je manque pour elle de trop de concepts.

nucléaire_co2

1) Gaz à effet de serre

En me baladant sur le site edf, j’ai lu l’argument phare cité en prologue de leur « carte des centrales nucléaires ».[1] On y lit :

« La disponibilité des 58 réacteurs répartis sur 19 centrales standardisées, construites pour fonctionner au moins 40 ans, garantit une production d’électricité performante, sûre, sans émission de gaz à effet de serre. »

Et c’est vrai, dans les réactions nucléaires le gaz carbonique n’est pour rien.

Parenthèse bémol :

Pour produire une tonne de béton on libère une tonne de CO2 (gaz carbonique) ; pour faire du béton il faut :

  • de l’eau douce…

Rappel, lors de l’hydratation du ciment (processus de durcissement), il y a formation d’hydroxyde de calcium Ca(OH)2, conférant à la pâte de ciment un caractère fortement basique. Les fers d’armature obtiennent ainsi une protection naturelle contre la corrosion. La pénétration d’acide carbonique, CO2 normalement présent dans l’air, permet la formation de carbonate de calcium, CaCO3 (carbonatation : Ca(OH)2 + CO2 devient CaCO3 + H2O).
[réf. texte : http://www.genetti.ch/b_chimie.htm ]

Je reconnais avoir été un peu fort dans mon accusation car c’est vrai le béton ne garde pas toute l’eau qu’on lui a donnée… puisqu’en formant du carbonate de calcium il en dégage et il piège même du CO2 (mais sur quelques millimètres seulement, millimètres qu’on voudrait bien ne pas voir, pour cause d’affaiblissement par rouille des fers…),

  • du sable.

Rappel : le sable à béton commence à manquer sur Terre, il est sujet d’une exploitation non contrôlée, et cela même dans des lieux critiques comme les Maldives !!!

  • et aussi l’inévitable liant, le ciment, puissant exprimeur de CO2

Rappel : Le principe de la fabrication du ciment est le suivant : calcaires et argiles sont extraits des carrières, puis concassés, homogénéisés, portés à haute température (1 450 °C) dans un four. Le produit obtenu après refroidissement rapide (la trempe) est le clinker. Un mélange d’argile et de calcaire est introduit dans un four tubulaire rotatif légèrement incliné chauffé par une flamme aux environs de 2 000 °C. Cette flamme est alimentée par différents combustibles solides, liquides ou gazeux. Au contact des gaz chauds la matière s’échauffe progressivement. À l’entrée la température de l’ordre de 800 °C provoque la déshydratation des argiles et la décarbonation du calcaire pour produire la chaux(CaO). Puis la chaux se combine d’une part à l’alumine et l’oxyde de Fer pour former des aluminates et aluminoferrites de calcium, et d’autre part, à la silice pour former du silicate bicalcique (bélite). La température augmentant tandis que la matière progresse vers la flamme, les aluminates (1 450 °C) et aluminoferrites (1 380 °C) fondent : cette phase de fusion favorise la formation de silicate tricalcique à partir du silicate bicalcique et de la chaux restante. C’est l’hydratation au cours de cette phase qui donne l’essentiel de sa résistance au béton de ciment Portland.
[réf. texte Wikipédia ciment portland)].

Bon on me dira, oui mais une fois la centrale construite… plus de CO2, bin pas vraiment car il faut du béton pour les conteneurs à déchets par exemple et comme on ne peut pas concentrer ces fichus déchets il faut beaucoup de béton pour un chouïa de déchets… par exemple : 28500 fûts de déchets radioactifs au large de La Hague … sans commentaire, mais article pour public averti !

Bon là il s’agit d’anciens fût datant des années 50-60 du siècle passé… depuis on a fait des progrès (il faut du verre par exemple – donc du sable… -) un article ici (http://www.dechets-radioactifs.com/defi-science-technique/concevoir-stockage-souterrain/choix-materiaux.html) [pour faire du verre, on chauffe, non ? Et avec quoi ? Avec de l’électricité issue du nucléaire, pas avec du gaz naturel ou autre carburant – enfin je pense ! -]

Pas de gaz carbonique qu’y disent chez edf, ah bon !!!

(Et ne parlons pas de l’aluminium et le fer bien présent dans nos centrales, qui sont champions en ce qui concerne le dégagement de gaz carbonique – bin quoi ! le charbon est très pratique pour réduire l’oxyde d’aluminium ou de fer.)

En fait de l’extraction du minerai à l’entassement des résidus en passant par les infrastructure, le nucléaire est … sale (mais les locaux sont nickel) : il est générateur de gaz carbonique.

2) Rayonnement

Une centrale rayonne 400 fois moins en une année qu’un téléviseur…. c’est ce que j’ai vu sur le site d’EDF (mais que je ne retrouve pas pour la remise en place de cet article, je m’appuie donc sur mon texte d’origine).

La Terre est championne du rayonnement (naturel s’entend) qu’on subit en tant qu’hôte de la planète. Oui mais la Terre rayonne discrètement (foi d’un limousin). Elle se transforme petit à petit en étoile (par réaction en chaine, le rayonnement augmente lentement, très lentement, au fur et à mesure le vivant l’amadoue, se conforme à l’évolution de la radioactivité : la nature, c’est comme ça !).

Parenthèse bémol :

Mais

  • Une centrale, c’est une concentration dans l’espace et dans le temps.
  • Une exploitation de minerais c’est une mise à l’air libre de la biosphère d’éléments jusque-là inclus dans la lithosphère.

Et heureusement qu’une centrale ne rayonne pas ! Ils sont comiques chez edf, sinon personne ne voudrait y travailler !

Par contre Tchernobyl, Fukushima, etc. [voir vidéo en lien en webographie]. Et là ça rayonne dure, loin et pour longtemps ; l’avenir de ceux qui y travaillent (ou qui y ont travaillé – comme les liquidateurs -) est un véritable sacrifice plus ou moins imposé malgré les protections (dérisoires ou ridicules) prises.

Bon chez nous les accidents ne sont pas (trop) possibles, c’est ce qu’on nous dit bien qu’on mette en place toute une politique de protection des risques …

Mais c’est où chez nous ? Eh bien chez nous depuis 1986 s’appelle Tchernobyl, et depuis 2011 on a une résidence secondaire qui s’appelle Fukushima…, un refuge à Three Miles Island depuis 1979, et puis on a aussi quelques aires de campings à droite à gauche (pardon à l’est à l’ouest, au nord et au sud) depuis 1945 etc. (voir l’excellente animation ci-après, vous y verrez comment on a amorcé la transformation de la terre en étoile) :

Tous les essais nucléaires dans le monde de… par Bender_79

et une version plus moderne ajoutée en septembre 2015

3) Pollution / accident de Fukushima

Pour finir je suggère une idée à AREVA pour palier le stockage de l’eau contaminée à Fukushima :

Au lieu d’entasser l’eau contaminée et d’attendre que les piscines lâchent, on peut forcer l’évaporation et la concentration résultante des éléments radioactifs (qui ne partiront pas avec la vapeur d’eau)  en imbibant des quantités nécessaires de galets d’argile expansée (ou autres substrats hydrophiles emmagasineurs adaptés) régulièrement immergés puis aérés, séchés (chauffage, ventilation, circulation, etc.). Il suffit ensuite de traiter les argiles piégeuses arrivées à concentration optimale.

Cette idée est ma propriété, elle est soumise à droits d’auteur en cas d’utilisation, le cas échéant où on la trouverait perspicace.

A+

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Webographie intéressante :

Le sable: http://www.arte.tv/guide/fr/046598-000/le-sable-enquete-sur-une-disparition

http://independentwho.org/fr/2013/04/01/crime-tchernobyl-fukushima/

Tchernobyl : les liquidateurs oubliés (pour public sensible) http://youtu.be/3cPw6vfuRy4

Tchernobyl : les liquidateurs en colère (pour public averti) http://www.ina.fr/video/CAB00061652

Page du 16 juin 2011 site vie publique . fr (soutenu par le gouvernement) http://www.vie-publique.fr/actualite/dossier/securite-nucleaire/securite-nucleaire-france-dispositif-actuel-interrogations-apres-accident-fukushima.html

NOTES :

[1] C’est à dessein qu’aucun lien vers le site d’edf ne sera reproduit, je ne tiens pas à faire de la publicité…

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