Catégories
développement Environnement paradigme science société

Environnement III

Nous avons suivi un peu la vision actuelle de cette matière qui occupe tant de place dans notre environnement au cours de la partie I de ce sujet.
Dans la partie II nous sommes arrivés à la notion essentielle d’équilibre phylogénétique qui est maintenant à comprendre et à élargir pour aller vers une connaissance riche de la notion d’environnement et nous avons vu comment le ressenti humain était une porte ouverte sur un monde qui nous dépasse un peu si l’on souhaite rester dans le carcan physicochimique. Cette porte reste à objectiver. Ces deux points ne trouveront pas réponse ci-après mais je voudrais apporter encore un peu d’eau à la notion d’environnement car mon but, non encore avoué jusque-là, n’est pas de le définir mais de voir comment s’y ouvrir…

<< Chapitre précédent

3) L’environnement (enfin !)

Dans cette notion d’environnement nous incluons bien volontiers tout l’aspect biotopique qui nous héberge avec ses ressources et ses lacunes. Mais force est de constater que celles-ci dépendent de notre activité : l’humain adapte plus qu’il ne s’adapte ! Il puise aux ressources et les épuise (forêt brésilienne) déstabilisant l’équilibre local ; il apporte des compensations pour ses propres besoins (l’eau en plein désert) créant peut-être des déséquilibres irréversibles (ceci dit on est là très d’une animalité de l’humain, ou alors c’est un animal dont la spécialité est le manque de bon sens qu’il devrait avoir…)

Tout cela résulte généralement d’un manque de perspective : notre prise de conscience forcée par une consommation à outrance aurait du avoir lieu avant par des considérations plus performantes. Cet enseignement que la nature, l’environnement nous offre en ce moment, en tenons-nous vraiment compte ?

NON !

  • On ‘balance’ (il n’y a pas de mot aussi percutant qui soit plus soigné, excusez-moi), on balance donc les OGM en pleins champs,
  • on pense avoir des perspectives de solutions pour les déchets nucléaires,
  • on inonde les nues de poussières nanométriques pour casser la force des tempêtes,
  • on utilise les nanotechnologies pour améliorer tout un tas de trucs,
  • on tente d’agir sur l’ionosphère,

MAIS ON IGNORE TOUT DE LA RÉACTION, DEMAIN, DE L’ENVIRONNEMENT À CES POISONS BÉNÉFIQUES (APPAREMMENT) À NOTRE INSTANT « T ».

Nous n’avons aucun recul au niveau santé quant à la douche crescendo des rayons électromagnétiques, aucun recul au niveau social sur l’utilisation prégnante des écrans comme interlocuteurs privilégiés dans de plus en plus de situation (je préfèrerai faire des conférences que d’écrire tout ceci pour le dire à des âmes …), on s’habitue à se déresponsabiliser en confiant notre attention à des machines (certes très performantes), etc..

Par exemple, il suffit de regarder l’attitude industrialo-commerciale et celle de la santé publique vis à vis du lait et de son calcium pour comprendre que nos études doivent porter sur des années de consommation, des années de tests en grandeur nature ! 30 ans de recul n’est pas vain… mais peut valoir des tragédies. Il y a celles qui nous sont rapidement perceptibles et qu’on a du mal à enrayer (carbone fossile pas exemple !), mais il y a aussi celle qui vont devoir s’installer sur deux générations au moins pour les réflexes usuels soient oubliés ou abandonnés au profit d’autres sollicitations.

Comment la nature reçoit nos actes, comment les sociétés se conditionnent : voilà des notions d’environnement, non ?

J’ai mentionné plus haut les 4 forces fondamentales du milieu physique. Trois de ces force portent directement en leur nom le mot interaction, il n’y a que gravitation qui échappe à la règle mais qu’on pourrait aussi nommer interaction entre masses ou interaction massique.

Eh bien, l’environnement est aussi une interaction, il n’est pas physique, il n’est pas vivant, il est le lien, l’activateur de la dynamique de relation, donc d’interaction entre le milieu physique et le milieu vivant. Mais pour comprendre ça il faut admettre l’existence à côté du milieu physique d’un milieu vivant…

Ainsi on saisit totalement le fait que mon environnement ne se limite pas à mon voisinage ou mon pays, mais à tout mon espace dans sa transversalité (biosphère) et son extension verticale (Terre et cosmos),  et qu’il réside non en un concept spatial mais dans ce qui anime cet espace, ce qui est actif dans les relations, les interactions locales ou globales.

L’environnement ce n’est est un lieu, l’environnement est une dynamique.

Notre conscience évoluée, qui nous fait volontiers passer outre le fameux principe de précaution, devrait nous interpeler quant à l’ignorance dans laquelle nous sommes de ce que signifient les mots environnement et vie. On ne comprend pas, et on s’en cache même peut-être les yeux, les oreilles et le reste pour ne pas vouloir comprendre, au risque de mettre en péril notre société, la société des « sociétés économiques et autres lobbyistes » qui nous donnent du travail pour avoir les moyens de vivre en consommant…

C’est un serpent qui se mord la queue : mais ce serpent ignore (volontairement !) tout de ce qui lui permet d’être et de ce qu’il pourrait en faire en partant à la vraie découverte du monde qui l’héberge (je parle du monde vivant, celui des forces de vie, pas du monde géographique, du minéral, celui des forces de l’inertie !).

L’humain est riche d’une faculté : il peut écouter son être, accueillir ce qui n’est pas lui (environnement) et, ce faisant, agir en conséquence et non seulement subir.

Les forces de vie s’expriment dans l’environnement mais elles sont plus qualitatives que quantitatives. Nos instruments les ignorent donc, car eux sont aveugles à tout ce qui n’est pas nombre ou mesure.  Et notre foi en eux se double actuellement de leur puissante faculté à simuler. Se rend-on compte de ce qu’on fait ??? Bientôt, chacun pourra TOUT savoir à partir de son portable, de sa voiture intelligente qui lui annoncera le piéton caché qui risque de surgir, d’une médecine à haut rendement et à la sécurité apparente. L’humain perd la confiance en lui en la remplaçant par celle qu’il peut avoir en la machine.

Et plus cela ira, plus la distance entre nous et le monde deviendra infranchissable. Nous nous coupons du monde, et c’est maintenant qu’on parle d’environnement, un environnement peau de chagrin dans notre conscience et nos actes, on en parle parce qu’on commence à comprendre qu’on en dépend. mais qui donc à oublier ce facteur dans les équations ??? Je me demande ….

On a réduit les forces de la lune à une simple action mécanique sur les masses fluides, a-t-on bien fait ? Les anciens étaient-ils si benêts qu’on veut bien nous le faire croire ?  On s’appuiera peut-être dans deux ou trois siècles sur toutes nos stupidités pour faire dérailler nos connaissances de pointe qui auront mené au désastre écologique ! Ne sera-t-il pas trop tard ?

L’environnement, la maison, est à découvrir ; et je souffre qu’on cherche les réponses à la question fondamentale de notre vie dans le fond cosmologique, dans un environnement hors temps et hors espace, et fondamentalement inaccessible à autre chose que la théorie, la façon de voir ! (Personnellement je trouve moins fiable d’abstraire l’idée de l’univers dans le contexte logique, purement déductif, qu’on lui prête que d’approcher la notion du divin qui au moins fait écho en nous directement…)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La suite et la fin de ce thème sur l’environnement est accessible hors blog sur une page spéciale car il est important pour moi que ce qui est dit « pour finir » ait été porté par au moins la lecture de cette partie. Accéder à la dernière partie.

Merci pour votre lecture.

Share Button

Par Patrick ROUSSEL

Conseiller en écologie, chercheur goethéen et enseignants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.