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Environnement Observations science société

Environnement (introduction à des articles précédents…)

Petite aventure : j’ai voulu proposer sur notre-planete.info une redirection vers ma série d’articles sur l’environnement.

On m’a dit, pas de redirection, mais de la substance. Vus les trois textes (quatre dans les faits) je n’ai pas été capable de les résumer en leur gardant l’essentiel dans la démarche. J’ai donc refait un texte d’introduction… qui n’a malheureusement pas séduit davantage car invitant trop à la réflexion par rapport au style d’articles attendu.

Tant pis, le travail a été fait, alors je l’offre ci-dessous (en italique)… et vous invite chaleureusement à découvrir notre-planète.info par ailleurs très bien, sous la tutelle d’un administrateur parfaitement louable.


Lequel doit s'adapter à l'autre ?
Prunier ou goudron : Lequel doit s’adapter à l’autre ?

La notion d’environnement

Ne faut-il pas dépasser la notion d’environnement qui, telle qu’elle est prise aujourd’hui, demeure assez floue malgré son apparente évidence ?

C’est un concept qui, presque paradoxalement, centre complètement l’époque actuelle en nous invitant à le prendre plus intimement que simplement « ce qui est autour ».

L’environnement est pour l’heure, et sans doute dans beaucoup d’esprits (mais pas sur ce site, j’espère), un concept presque plus politique qu’écologique, il ne faut alors pas s’étonner que la prise de conscience de sa réalité sur la base des troubles qui l’agitent ait du mal à passer dans les actes.

On est encore trop tourné vers ce qu’on pense perdre, car cet environnement est recouvert d’une notion plus accessoire que fondamentale.

On a mis longtemps à comprendre l’air car il était inodore et invisible… mais on a fini par comprendre que le vide apparent qui nous englobait n’était pas du vide. On comprendra aussi que l’environnement est plus qu’un concept, que ce n’est pas une simple idée d’écologiste…

Pourtant, c’est bien normal qu’on le prenne ainsi pour un concept dès lors que, pour l’approcher, on ne dépasse pas l’étude du monde purement physique. Et il est grand temps maintenant d’en comprendre non seulement les ressources, mais surtout l’aspect « maison » qu’il recèle. C’est ce que tente de faire l’écologie.

2 ou 3 idées pour s’en faire une sur l’environnement

Nous sommes en évolution, en progrès, et notre perception du monde ne doit en aucun cas s’appuyer (seulement) sur ce que nous pensons avoir appris jusque-là.

Les anciens n’avaient pas notre forme d’intelligence (et ils n’étaient sans doute pas moins intelligent !), et le monde qui les hébergeait cadrait pourtant avec leur interprétation (je parle de ceux qui nous ont laissé des traces utilisables pour notre époque et pas de l’impression qu’on se fait de leur époque). Les premiers en la matière, les philosophes s’interrogeaient et déposaient au fil de leurs exercices des définitions, des façons de finaliser non pas les choses mais d’arrêter l’idée qu’ils se faisaient d’elles. Il faut bien une marche où s’appuyer pour tenter d’atteindre la suivante…

En cela rien n’a changé… l’humain est toujours en dialogue avec son monde. Il cherche à se relier avec lui. Depuis peu il fait rencontre avec l’environnement, un environnement dont il est difficile d’être l’hôte et … l’hôte en même temps (ce mot en français décrivant sous forme d’homonymes les deux pôles que sont celui qui accueille et celui qui est accueilli).

Pour parler de quoi que ce soit il vaut mieux s’en abstraire pour l’observer ; l’environnement n’échappe pas à la règle mais il nous impose son fait de ne pas nous laisser le choix de nous isoler physiquement de lui… Oui, j’ai bien écrit : physiquement. Le seul être dans les règnes de la nature qui fonde cet environnement jusqu’à lui chercher un sens, l’humain, possède plein pouvoir d’être celui qui accueille et qui est accueilli, qui a la possibilité de voir le dehors depuis son dedans (via notre faculté de représentation, de reformer en images utilisables par la pensée). L’humain peut donc s’abstraire tout en étant partie intégrante.

Ce serait une catastrophe que de figer l’environnement dans une définition étroite car ce serait lui donner des limites et ainsi nous priver d’en élargir le concept.

Tout est question d'équilibre. (D'autres photos comme celle-là à la page http://hiaoh.free.fr/pierreindex.html
Tout est question d’équilibre. (D’autres photos comme celle-là à la page http://hiaoh.free.fr/pierreindex.html, ou sur https://www.facebook.com/lithostatisciens

Élargissons donc

Dans un article de mon blog de scIence (oui je mets le I en majuscule), je montre, enfin j’essaie de le faire, que l’environnement est une notion complexe qui dépasse complètement toute notion de spatialité (et encore plus de politique !). Pour cela j’invite le lecteur à plonger dans la matérialité (un hors d’œuvre assez lourd à digérer !) qui est l’aspect perceptible de l’environnement, puis à passer par la notion essentielle d’équilibre phylogénétique avant d’arriver à des idées d’harmonie de relation, puis de responsabilité et de conscience en ce qui concerne l’humain.

Je ne partage pas à proprement parler l’environnement avec autrui, autrui est mon environnement, comme je suis le sien. L’environnement au sens spatial ne serait-il pas  »juste » l’espace de relation et de respect d’autrui ?

Nous ne sommes pas le fruit d’un assemblage cœur, foie, poumon, cheveux, etc. mais tout cela contribue à notre être. Cet assemblage, notre corps, est l’environnement proche qui est à disposition de notre ego. Comme le dit Patrick Wattel (ici) « La musique est plus que la somme des pupitres. », c’est de même qu’il faut voir l’environnement.

Lire l’article Environnement I qui vous mènera à Env. II et III et même peut-être au-delà… En attendant, merci de m’avoir suivi jusque-là et à une prochaine fois peut-être.

Patrick R.

Lecture complémentaire : Environnement I, II et III


Ajout du 26 novembre 2015 : (extrait d’une publication sur mon réseau Linked In)

Bonjour,

la COP 21 approche à grand pas, mais comment définit-on la notion d’environnement ?

Après tout, l’environnement sera au cœur de cette conférence de Paris, mais ne serait-ce que par la définition du Larousse, on voit combien on est limité à une subtilité relativement grossière.

On lit que l’environnement est «  l’ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins. »

Mais l’environnement est loin d’être un paquet d’entités (et on oublie même les notions de force et de phénomène dans cette définition !!!)… L’environnement est LA relation entre ces entités, il en est la cohérence ; et dans la définition du Larousse le mot le plus important est bien le premier : ENSEMBLE

Même si je pense qu’elles sont bien trop limitative à un domaine très particulier, restrictif et réducteur de la science contemporaine, je ferai ici mienne les paroles du professeur Marc Henry :« En physique quantique,

il n’y a qu’une seule chose à retenir : la réalité de ce que l’on observe se trouve dans les interactions et non pas dans les objets. »

Derrière ce mot, ensemble, vivent ceux de cohésion, d’harmonie. Mais si ce sont les éléments qu’on regarde comme des entités majeures, alors on court à la catastrophe. Pourquoi ? mais tout simplement parce que l’élément maître dans l’histoire du dérèglement qu’on devrait qualifier d’environnemental, c’est l’humain, celui qui peut transformer son cadre de vie par l’épuisement des ressources lié à une augmentation permanente de la demande, c’est l’humain qui est à la fois dans et hors de l’environnement (ne serait-ce que par l’impossibilité pour un (autre ?) animal même parmi ceux qu’on qualifie de supérieurs de s’abstraire de cet environnement pour l’observer sans parti pris).

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Par Patrick ROUSSEL

Conseiller en écologie, chercheur goethéen et enseignants.

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