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La nature aurait-elle horreur du vide ?

N’hésite pas à lire Art de Yasmina Rezza pour compléter ce billet.

La nature a horreur du vide

Aristote, quelque part… mais peut-être davantage Spinoza autre part

Aristote de son côté en est venu à cette conclusion en constatant que la nature exige que tout espace soit rempli de quelque chose. Ce quelque chose n’est pas forcément odorant ou coloré, et il se trouve ainsi invisible à nos premières sensations. Il en a conclu sans doute que la bouteille vide (d’eau) est pleine (d’air).
En fait l’affirmation est fausse autant au niveau matériel qu’au niveau philosophique. La nature doit faire avec le vide sinon la création humaine n’aurait rien à remplir et serait donc impossible, le monde n’évoluerait point. Voyons cela.

La nature suivrait son cours et l’humain le sien ! Quoi ?! L’humain ne serait pas de la nature, c’est du n’importe quoi dira M. Lambda. Ce n’est pas pour autant qu’il a raison.
Usuellement on se dit que cette pensée de M. Lambda n’existe pas dans la nature, ce serait donc un vide pour elle sans qu’elle en est « conscience » mais pour tout observateur conscient de ce vide maintenant comblé par M. Lambda, c’est une joie !

Vide physique

En terme de physique et à force de resserrer notre champ de perception autour de l’ultimité de la matière, on a découvert avec la fameuse expérience de Rutherford que la matière était surtout faite de vide jusque « dans » l’atome pourtant sorte de quintessence du solide pour notre jugement ordinaire : le mur est ainsi globalement plus vide que plein !

Le quantum de fer n’est plus du fer mais un vide qui peut parler du fer sans doute. Pas de solide ici puisque nous devrions justifier ce solide par autre chose qui justifierait le solide. Tout le monde l’ignore probablement mais on peut trouver du fer gazeux… Et oui, il suffit de le faire bouillir (fusion : déjà 1.538 °C et ébullition : 2.861 °C tout de même ; guère possible dans votre cuisine…) : à partir de quand ou jusqu’où verrions-nous ce fer gazeux ?

L’idée de fer n’est pas, pour moi, dans son nombre de protons et conséquemment d’électrons :

  • 56Fe, stable avec 30 neutrons (91,72 % du fer terrestre), couple du noyau neutrons-protons : 30-26,
  • 54Fe, radioactif avec une demi-vie de 3,1 x 1022 années (5,845 % id ), n-p : 28-26,
  • 57Fe, stable avec 31 neutrons (2,2 % id), n-p : 31-26,
  • 58Fe, stable avec 32 neutrons (0,28 % id),n-p : 32-26*,
  • diamètre atomique : 0,280 nm (1 nm = 1 milliardième de mètre),
  • diamètre du noyau : 100 000 fois plus petit que l’atome !
* Toujours 26 protons et conséquemment d'électrons. 26 est le numéro atomique du fer.

Un cœur cent mille fois plus petit !!! Avec autour de lui pour gonfler l’atome 26 électrons qui emplissent un espace immense pour eux, un peu comme les planètes perdues dans le système solaire ! Du vide !

La nature est donc, par nature, emplie de vide. Elle est vide, elle est un lieu où se prélasse un peu de ce que nous appelons sans doute matière… elle ne peut avoir horreur (sentiment humain de plus) du vide. Et la matière ?… On n’y trouve même pas le dense qui en fait la solidité !!! Le monde physique est plus riche de vide que de plein… (C’est, en considérant l’origine du monde, ce constat ce qui a conduit à l’idée d’avant Big Bang, un lieu-temps où tout le dense du monde n’aurait encore pas connu le vide.)

Signature lumineuse du fer : spectre de son émission de lumière quand il est blanchi par la chaleur… (spectroscopie et source) Là où il n’y a pas de couleur, il y a de l’obscurité

Vide philosophique

Le vide est un concept, pas une réalité… Son objet est donc plus philosophique que physique puisqu’on ne peut l’observer qu’en présence de plein quelque part autour de lui Sans trop préjugé des pensées du célèbre philosophe, je dirai que le vide aristotélicien était un lieu, pas une chose, un paysage, pas ce qui le fait. L’idée du lieu en fait un néant si nulle densité se trouve quelque part pour le révéler. Le vide, c’est pareil.

Que voyez-vous ? (n’hésitez pas à cliquer sur l’image pour trouver la réponse)

Il ne faudrait pas non plus que le vase soit plein sinon il n’est plus un contenant…

Un autre regard sur le vide

Le vide est co-acteur de la nature physique on l’aura sans doute compris sans se perdre dans des dédales intellectuels et la nature ne saurait en avoir horreur.

Entrons dans une chambre vide où n’apparaissent que les limites du lieu, absolument rien d’autre. Supprimons même la clarté pour plonger dans l’obscurité… Que se passe-t-il ?

Laissons de côté la couleur d’éventuelles angoisses, et observons-nous. Rien d’autres que le vide spacieux nous sollicite, et il y a de fortes chances que nous nous remplissions d’images, de perceptions sonores, d’impressions sensorielles que la seule absence de la vue nous permet enfin de mieux percevoir. On peut même entendre, troublants, les battements de son cœur. Quoi qu’il se passe, on s’aperçoit que l’espace vide s’emplit de choses dont la conscience n’avait cure jusque-là. L’imagination même va combler de couleurs l’obscurité environnante, les pensées vont courir dieu sait où…

Que le calme ou l’angoisse nous saisissent le vide est vite rempli. Nous parlons du lieu, de l’espace vide, mais quoi d’autre que l’espace peut être vide. Le temps vide ?… Non, le temps est là quoi qu’il arrive. Indubitablement le vide concerne le lieu que rien de connu, que rien qu’on puisse reconnaître n’habite… ce qui veut dire que la nature peut y mettre ce qu’elle veut…

Physiquement le vide spatial est synonyme de pression nulle impossible. Et le vide intraatomique alors ? Plus rien de matériel ne l’habite, ce vide, il est le lieu d’un champ (SIC) électromagnétique. Et ce champ n’est pas rien… la science nous le dit depuis qu’elle l’a découvert, il n’est pas rien bien qu’il soit inodore, invisible. L’espace intersidéral lui-même est empli d »un champ électromagnétique que nos appareils perçoivent s’ils sont faits pour ça.

Le champ électromagnétique est un lieu d’influence, un lieu d’action qui dans le cas de l’atome est même extrêmement dynamique puisqu’il en va de la cohésion atomique, de la densité de la matière et, dans le cas du champ des étoiles, un lieu mis à profit pour alimenter notre connaissance de l’univers !

Le vide n’existe donc pas, la Nature ne saurait en avoir horreur. S’il existait fondamentalement un vide que rien ne remplirait ou ne pourrait remplir alors tout serait … figé, défini, inaltérable ! Personne ne serait là pour observer, chercher à comprendre et laisser naître en soi des ambitions.

Pour l’heure nos machines ne détectent que ce qu’elles sont faites pour détecter, c’est-à-dire encore à l’heure présente ce qui est en phase avec notre regard sur la matière. Aucune, je dis bien aucune, n’est sensible à la vie… aucune donc ne détecte quoi que ce soit qui serait de la vie pure. Mais la vie n’est insensible au matériel… il peut l’endommager, l’anéantir, lui nuire.

Notre vision scientifique du monde est unilatéralement prise sous son aspect matériel… même si le monde nous montre autre chose en faisant foisonner sa part vivante. Les réponses à la maladie par exemple ne viendront jamais de façon satisfaisante si l’on en reste au matériel et à nos croyances à son propos. Pour autre exemple nous pourrions vite trouver le sens profond de ce concept de champ dont l’aspect électromagnétique semble emplir totalement l’univers, ne laissant aucune zone… VIDE !

Dire que la nature a horreur du vide signifie simplement que le vide existerait, or tout est comblé d’office ; le vide est un concept d’absence intolérable pour l’humain qui doit simplement se mettre en route pour comprendre que les réponses à ses questions sont déjà en lui. Si un seul vide existait quelque part ce serait un trou « grain de sable » et la machine cosmique ne serait qu’une machine dont le système lui-même n’aurait pu se mettre en œuvre.

Tout petit déjà cette question me hantait et m’empêchait de croire bien des choses : s’il y a un univers qui contient le monde, qu’y a-t-il autour qui donc ne ferait pas partie du monde ?

Depuis, j’ai découvert que simplement notre concept d’espace est faux… Hors du grain de sable qui porte la réalité « grain de sable » il y a un espace infini habité par d’autres entités que lui mais dont ignore simplement la façon d’être.

Le mot Nature lui-même n’est pas défini… il s’agit pour la science, et bien d’autres, de l’apparence seulement physique du monde, apparence qui occulte toute la réalité de l’intangible dans ce qu’on nous décrit d’elle, ne serait-ce pour commencer que la Vie.

L’idée du vide est en nous, et cette idée se remplit de nos croyances quand notre connaissance ne sait se lier à ce que notre savoir ignore. Nous sommes, êtres humains, le seul endroit où existe le vide, mais pas sous forme réelle, seulement sous forme de ce dont on est encore dans l’ignorance, la chose est là mais nous n’arrivons pas à nous unir à elle.

L’esprit, comme la nature, a horreur du vide. Dans le vide, la nature met l’amour ; l’esprit, souvent, y met la haine. La haine occupe.

In L’Homme qui rit de Victor Hugo

Je ne partage pas l’avis exprimé ici par Victor Hugo (que j’apprécie sur bien d’autres plans), mais là il nous dit à sa manière et simplement que tout lieu doit être plein ne serait-ce que d’une quintessence, c’est-à-dire une essence au-delà du matériel.

À nous de bien saisir le bâton de relais que la Nature nous offre dans l’époque actuelle et qui aura indubitablement ouvert des petites fenêtres dans nos consciences donnant sur d’autres possibles*


Notes

* : Je préfère terminer par une étoile que par un point final.

On trouvera matière à réflexion à travers l’éclectisme de ces pages :

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Par Patrick ROUSSEL

Conseiller en écologie, chercheur goethéen et enseignants.

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