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Manifeste pour une science post-matérialiste

D'où viennent ces régularités qui d'un jour à l'autre changent (si dégel bien sûr)
D’où viennent ces régularités qui d’un jour à l’autre changent (si dégel bien sûr)

Le manifeste pour une science post-matérialiste (en français)
http://opensciences.org/ (tout le site mais en anglais)
ATTENTION : les liens s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.


Je pense qu’il fallait que nous « tombions » dans le matérialisme le plus poussé (fin du XIXe) et même descendre encore plus bas (XXe), dans l’intérieur de l’atome avec la mécanique quantique pour comprendre que quelque chose manque au dogme matérialiste (rangeons la mécanique quantique dans le matérialisme même si on est dans l’inframatériel avec elle).

Le dogme matérialiste est par essence réductionniste (qui n’est pas un postulat comme indiqué dans le point 1 du Manifeste mais un état de fait).

Le manifeste cité en lien plus haut m’a évidemment interpellé :

« tiens, ça bouge (et en français !) »

mais j’ai vite vu que la plupart des signataires sont PHD américains ou souvent PHD made in USA ) — second lien —.

[(PHD : docteur en philosophie = doctorat en France

C’est aussi un fait indubitable qu’aux États Unis il y a plus d’ouverture que chez nous, sans doute la nostalgie d’aller de l’avant des pionniers… On trouve aussi cette façon de vouloir aller de l’avant chez les peuples du nord de l’Europe.

Mais en France, règne un drôle d’esprit… qui pour moi est celui d’une science relativement très sûre d’elle-même, c’est du moins ce que je perçois dans mes lectures ou dans les réponses à mes interventions sur des forums :

« tu ne vas tout de même pas remettre en cause un prix Nobel ? »,

interventions qui se bornent plus à tenter de poser des questions (orientées j’en conviens, mais n’est-ce pas nécessaire ?) qu’à donner des solutions que je n’ai pas généralement pas ; d’autant que sans l’étiquette « persona masterisa » je demeure diplômé PNG (persona non grata)…]

Dans son point 7 ce manifeste évoque la mécanique quantique et les études faites sur la relation expérimentateur/expérience en terminant avec cette phrase :  « le monde physique n’est pas la composante unique ou primaire de la réalité, et [qu’]il ne peut être pleinement compris sans faire référence à l’esprit« . C’est un bon postulat après le constat du point 5 ci-dessous :

« 5. Toutefois, la dominance quasi absolue du matérialisme dans le milieu académique a étouffé les sciences et entravé le développement de l’étude scientifique de l’esprit et de la spiritualité. La foi en cette idéologie, comme cadre explicatif exclusif de la réalité, a amené les scientifiques à négliger la dimension subjective de l’expérience humaine. » [les caractères gras sont du blogueur.]

En fait cette « négligence » avait sa raison d’être : ce qui se passe dans la tête de l’un ou de l’autre n’a d’importance que si l’un peut faire sien ce qui est dans la tête de l’autre. Mais ceci dit, à la suite des premiers pas ébauchés par Wolfgang Pauli dans la postulation du neutrino, celui-ci zyeuta du côté de Jung jusqu’à écrire un livre avec lui (voir Wikipédia) et de se faire ainsi de nombreux détracteurs…

Personnellement je me dis que mettre l’esprit à côté de la matière ou l’englobant, fut-elle quantique, est une erreur, mille fois moindre que d’ignorer l’esprit. Mais une erreur tout de même car il faudrait déjà avoir une définition scientifique de l’esprit… ce qui n’est pas le cas.

La voie post-matérialiste est autre…

Les EMI (expérience de mort imminente) et autres expériences hors du corps dont il est fait mention au point 10 sont extraordinairement importantes quant à la situation de l’humain plus particulièrement, mais le saut matière/humain n’a rien de quantique lui… c’est une sérieuse ellipse qui implique des gens déjà très ouverts… d’esprit (et il y en a de plus en plus).

Ceci dit, je pense qu’il faut encore apprendre de la nature, ne serait-ce qu’en y lisant la vie dans son essence, ce que la science (devenue sous-naturelle) est encore incapable de faire d’autant plus si elle se dirige vers la technoscience (même à) propos du vivant !!!). S’intéresser au vivant non pas en détaillant la biodiversité mais en accueillant l’idée puis le concept, puis la réalité de l’existence d’un milieu vivant serait le premier pas à faire.

Parallèlement, ceux qui n’ont pas besoin de preuve scientifique d’une réalité de l’esprit doivent à mon sens faire un effort eux aussi  : parler de l’esprit en lisant la même vie que celle décrite par la science (enfin, que celle que décrira la science).

S’occuper de la vie comme pont entre matière et esprit :
voilà ce que serait pour moi une première science post-matérialiste.

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Par Patrick ROUSSEL

Conseiller en écologie, chercheur goethéen et enseignants.

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