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Le champ du Vivant

Paru en 2 parties : décembre 2011 et janvier 2012.
(Élargissement à suivre dans Le champ du vivant, collection
du pain sur la planche, disponible ici).

Article paru le 15 Décembre 2011

Le champ du Vivant (I) :

Le vivant est d’ordinaire l’ensemble des êtres vivants. Nous le définirons ici comme étant l’archétype commun à tous les êtres vivants, ce qui fait qu’ils sont vivants, capables donc d’échanges (alimentation, excrétion, respiration), de reproduction (formation d’un être indépendant à terme), de métamorphose (évolution des formes corporelles, psychiques ou spirituelles). Si la vie peut être définie comme l’état d’un être œuvrant dans les cadres précédent entre sa naissance et sa mort, je préfère utiliser à la place de ce mot celui de Vivant, comme l’activité à l’œuvre dans les règnes de la nature, principe fondamental et préalable au déroulement d’une vie (utilisation du participe présent d’un verbe pour souligner le caractère actif).

L’ensemble des êtres des règnes vivant suivent tous des processus analogues mais adaptés à leur niveau au sein de ce vivant :

  • Le végétal en est l’expression la plus simple et par la même occasion la plus aisée à manipuler pour comprendre le vivant.
  • L’animal, outre sa vie, ajoute au végétal les deux éléments que sont la mobilité intrinsèque et l’intériorisation (sensibilité).
  • L’humain ajoute à la complexité animale des facteurs biographiques et une liberté d’esprit.

De notre acceptation de la forme du Vivant dépendront les outils de sa perception, de sa compréhension et de sa rentabilisation (ce mot est inadapté si on le prend dans son sens économique seulement).

  • Le Vivant est-il conséquence ou origine ? Le vivant est-il l’état, l’activité de ce qui pourrait sortir de l’inertie ou l’inerte est-il l’état de ce qui est privé de vie ? Pris comme origine dont le matériel pourrait être une expression, alors sans remettre en cause notre savoir du physique, on pourra envisager ce dernier sous un autre angle.
  • La vie est-elle un simple paramètre, un facteur que l’on octroierait à matière sous certaines conditions ? C’est en fait le point de vue actuel qui prend la vie et donc le Vivant comme occurrence du matériel.
  • La vie est-elle une force ? Si tel est le cas il serait sans doute fort peu judicieux d’envisager le mot au sens qu’on lui prête dans le domaine physique.
  • La vie est-elle l’aspect d’un champ dans lequel s’exprime le Vivant ? Nous voici une situation sans doute plus proche de la réalité qu’un jeu de réactions chimiques entre molécules dites organiques.

Essayons d’asseoir une réflexion dans ce dernier sens.

Notre définition du champ au sens physique est : élargissement de l’influence d’une cause à un environnement plus ou moins étendu.

Le mot environnement fait son apparition… le phénomène producteur de champ ne se contente pas d’être centré sur son support mais embrasse aussi l’espace, voire agit ‘à distance’ sur une autre base matérielle.

On pense bien sûr au magnétisme, à l’électricité et plus largement à l’électromagnétisme, mais aussi à la gravitation, tous actifs sous forme de champs. La vie peut aussi être prise comme l’état d’une matière emprise dans le champ du Vivant :

  • les phéromones par exemple nous montrent l’extension de l’être à des distances remarquables de leur source,
  • les cris ou langages utilisent des propriétés physiques de l’air via lui-même ou des matériaux non élastiques pour étendre l’être, sa perceptibilité à distance,
  • par leur activité les êtres vivants modèlent d’une certaine manière leur environnement pour le rendre vivable,

Par ailleurs, le Vivant possède, inversement au champ rayonnant qu’on vient de considérer, la capacité de s’approprier ce qui vient de l’extérieur, c’est le trophisme, cette capacité à métamorphoser une forme inadaptée de l’environnement pour une utilisation locale, en interne au champ propre (ainsi les sels minéraux sont élevés au niveau nécessaire pour être intégrés au corps matériel de l’organisme vivant). L’alimentation est en ce sens une intégration du vivant au sein d’un vivant local, son insertion dans un milieu vivant. Il serait stupide de vouloir se nourrir d’éléments non vivants, non liés au vivant, qui serait absorbant du vivant local sans doute pour pouvoir être intégrer. C’est pourtant ce qu’on fait tous les jours sous la forme de médicament, de compléments alimentaires, d’additifs, colorants, etc..

Considérant un composé organométallique, force est de constater que l’élément métallique est enveloppé d’azote, oxygène, carbone et hydrogène. Et sous cette forme il devient apte à s’intégrer sans trop de peine aux organismes hétérotrophes. Cela veut-il dire pour autant que l’organisation chimique est responsable de la chose ? L’environnement NOCH n’est-il pas là pour élargir l’effet, la force inhérente, du corps métallique, pour en faire un champ là où il existe un point ?

Ainsi pour fixer du fer dans notre organisme, ne devons-nous pas réussir à vivifier ce fer s’il est chimique pour en faire un organométallique intégrable ? Ce faisant, pour vaincre une anémie par exemple, on doit puiser une force quelque part donc au détriment de quelque chose qui s’épuise : est-ce judicieux ?


Article paru le 1er janvier 2012

Le champ du Vivant (II) :

Le rythme respiratoire et le rythme cardiaque des organismes aérobies semblent capitaux pour ces organismes. Voilà un état – rythme d’inspiration / expiration en relation avec le rythme systole / diastole – qu’on peut qualifier d’état principe du vivant ‘supérieur’. Il se retrouve sous une forme différente au niveau végétal. Le rythme respiratoire ne se base pas sur un élément (in)volontaire, il est passif chez le végétal. Quant au rythme cardiaque qui semble lui faire défaut, ne se trouve-t-il pas simplement à un niveau différent de ce qu’on perçoit du réel du vivant végétal ? À une autre échelle ? Ou bien, est-il simplement absent ?

Notre ‘temps’ n’est-il pas réglé par le rythme cardiaque ?

Les bactéries, tant qu’elles ont des échanges à réaliser vivent hors du temps et sans cœur. Tout organisme à cœur vit avec un temps. Chez le végétal, il n’y a pas de temps propre comme chez l’animal, pas de dégénération cellulaire (sauf maladie). La feuille d’automne par exemple est causée par une rupture d’alimentation par la base du pétiole et donc de fait les cellules foliaires se dessèchent et ‘meurent’. Le vivant n’a plus accès à la feuille, le vivant a exclu la feuille pour une raison donnée (à notre sens humain). Il n’y a pas de terme, pas de vieillissement cellulaire ; il y a un cycle matériel développement reproduction qui est totalement dans celui de métamorphose et n’a rien à voir avec celui de l’animal bien que l’on attribue une reproduction sexuée aux plantes et qu’il lui faille du ‘temps’ pour assurer ce cycle. Le cœur de l’organisme végétal est planétaire, il bat au rythme des saisons. On rétorquera qu’il n’y a guère de saison entre les tropiques… : pas plus qu’il n’y a de cœur dans les pieds  ou la tête ! La Terre est un organisme qui respire au rythme que lui impose son cœur (le soleil ?)

Si l’on pense cela, on est obligé d’élargir notre champ cognitif au moins jusqu’au soleil. La Terre par l’inclinaison de son axe de rotation sur l’écliptique est responsable de ses saisons, cela n’en est pas le soleil… Cette oscillation annuelle liée à la révolution circumsolaire est tout aussi valable aux pôles qu’à l’équateur même si l’effet solaire n’est pas du tout le même :

  • La zone intertropicale est dans un rythme de vie très rapide (365 jours par an), et à faible amplitude (température et luminosité relativement stable).
  • Aux pôles, on est dans la situation inverse, rythme de vie très lent (1 jour par an), amplitude maximale (gradient thermique et lumineux relativement important).

La Terre en activité autour du soleil crée son rythme de vie.

La couche humique, fragile peau vivante est insérée entre une atmosphère dont la tâche est de réaliser les échanges et un socle pérenne qui assure une assise solide et stable. Cette couche humique est une interface entre les forces physiques (d’ordre terrestre) et d’autres forces que je laisse ici sans qualificatif direct mais qui sont d’ordre cosmique. En changeant d’échelle on peut constater que notre planète est un organométallique, tant sa nature est minéralement métallique dans un environnement proche de style NOCH.

Si l’on détruit l’interface humique on sacrifie la vie comme dans un arbre qu’on peut tuer en découpant simplement une bande d’écorce tout autour du tronc…

Or, cette interface humique, si l’on peut en sacrifier quelques lambeaux sans mettre en péril le monde qu’elle soutient est une sorte de peau de chagrin qui se réduit au rythme des activités humaines. L’animal ne porte atteinte à cette interface que d’une manière très superficielle (à l’image d’un léger pourrions-nous dire). L’humain, sédentarisé, socialisé, chez qui les individus dépendent d’autres individus (contrairement à la gente animale) porte atteinte sans cesse à cette couche humique pour ses cultures, ses villes, ses déchets, pour son industrialisation.

L’humain est en équilibre sur un fil… Il a tout pouvoir de vie ou de mort sur son milieu… il a encore à peine envisagé son pouvoir de vie, mais il s’inquiète de son pouvoir de mort, c’est déjà une première chose. Atteindre au champ du vivant et à sa compréhension doit devenir le centre de ses préoccupations, l’industrie se renouvellera… Ne misons pas plus sur la décroissance que sur la croissance, développons l’attente active : arrêtons notre course au profit technologique et observons le vivant il a tant de choses à nous enseigner dont nous ne connaissons que l’aspect superficiel !

Et ce n’est pas en faisant des inventaires qu’on apprendra ce qu’est le vivant, on en connaîtra la palette mais pas l’œuvre réalisable…

 

 

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Agriculture : bio ou autres ?…

3 articles parus en juillet, septembre et octobre 2011

Agriculture (I).

L’homme intervient dans la biosphère comme tous les règnes. Il a sa place dans le jeu des échanges. Un trait typiquement humain est la sédentarisation avec tout ce qu’elle implique. Par exemple de pouvoir gérer les ressources agricoles nécessaires à l’alimentation, mais aussi à l’habillement puisque sa nature ne lui permet de se contenter d’autonomie.

Lentement et pour ses deux raisons principalement l’humain a envahi la Terre il se l’est appropriée, la modifiant pour son évolution ? Cette évolution l’a amené à pratiquer les échanges, les systèmes économiques ont été mis en place. Ces derniers gèrent maintenant l’humain, la nature tout entière qui le porte et même sa planète (des couches géologiques jusqu’à la haute atmosphère alors qu’il y a seulement deux petits siècles, il vivait encore à la superficie du monde).

Indubitablement tout ceci ne peut se faire sans une transformation en profondeur du visage de la Terre qui se trouve de fait tendu sans arrêt entre ses propres rythmes et la cadence que lui impose l’humain.

On doit pouvoir affirmer que l’asynchronisme est actuellement à son maximum. Par sa conscience l’humain tente d’infléchir son impact sur la planète.

Son action principale dans ce sens se borne à une gestion atmosphérique (air), il est en soucis grandissant sur l’eau (eau) et commence à s’inquiéter des ressources minérales (terre). La révolution de son comportement vis-à-vis de la nature change, et dans le même élan les comportements socioculturels se modifient, les peuples s’affirment vis-à-vis de leurs dirigeants (feu !). On pourrait dire tout esty en place pour une sévère reconversion de l’élan pris il y a deux petits siècles.

Au cours de ces deux petits siècles, l’humain a eu le temps de créer des dégâts considérables allant presque jusqu’à inverser l’ordre naturel des choses : il comprend qu’il doit maintenant porter la nature qui l’avait alors porté ! Il doit se mettre à la hauteur des capacités de celle-ci et ne plus lui imposer le rythme effréné de la cadence économique (système totalement hors-sol s’il en est !).

L’humain est face à des choix quasi stratégiques qui dépendent entièrement de son attitude dans la gestion de l’économie face à l’écologie avec au cœur du problème : l’agriculture, nourrir l’homme qui a faim sans faire grossir les autres qui sont arrivés à satiété.

L’histoire de l’agriculture intensive (qui a… mettons 50 ans !!!) est intéressante à plus d’un titre dans sa façon qu’à l’humain de vouloir profiter de son intelligence en même temps que des ressources naturelles. Mais l’humain est plus vif que la nature (il est feu… quand la nature est plus paisiblement terre, eau et air…). Et ce qu’il comprend à un moment donné, il l’applique tout de suite à l’échelle immédiatement planétaire : le déficit alimentaire de l’après guerre a été rattrapé grâce à l’agriculture intensive. Cela a été un traitement de choc utile qui n’a pas à devenir éternel…

Aujourd’hui cette agriculture qui se développe avec ses promesses pacotilles (OGM, rendement, raisonnabilité…) dignes des cadeaux des premiers colons aux peuplades amérindiennes est en train d’enterrer le si fragile manteau de vie soit par la minéralisation (fossilisation, momification) soit par inoculation d’espèces technogènes fragiles nécessitant pour leur permettre de démontrer leur pouvoir (financier plus que tout autre) un contrôle complet de la chaîne du vivant : et là on arrive à une mécanisation du vivant, un asservissement de la nature à des techniques de laboratoire, c’est-à-dire un contresens !!! Qui sait ce qui ressortira de ce pas … tragique ?…

Mais il faut bien nourrir les villes et cela ne peut se faire qu’à la campagne. La raisonnabilité d’un régime moins carné est dans l’air, mais il ne faudrait pas en arriver là pour des raisons biocarburantes entre autres…

La planète doit pouvoir nourrir bien plus d’individus qu’elle ne le fait pour autant que l’humain saura être raisonnable, c’est-à-dire en adoptant, aujourd’hui, une attitude cohérente face à une nature qui n’a pas son feu, la même échelle de temps que lui !

Face à l’agriculture intensive (un homme produit pour dix mille autres !) l’agriculture biologique est une sorte d’agrément d’exploiter la terre parce qu’elle intègre, ou possède la volonté d’intégrer, tous ses amendements sous forme digeste pour le sol, pour plus précisément l’humisphère. Il ne devrait y avoir, dans l’intention, aucune charge, aucun déchet. De fait il y en a, ne serait-ce que parce que le circuit ne se ferme pas localement, les déchets se retrouvant hors du lieu de production et pour des usages qui ne concernent pas que nos intestins comme c’est le cas chez la vache ou le lion et bien d’autres…

 Agriculture (II).

L’adage rien ne se crée rien ne se perd de notre bon vieux Lavoisier n’est-il pas une erreur, même si on rajoute avec lui le tout se transforme mis en évidence par la thermodynamique couvrant de son regard paternel le monde et sa future fin entropique ?…

Que signifie cette formule si ce qu’on a perçu (peut-être seulement ce qu’on a cru percevoir au niveau du minéral)  est partiel en regard du développement des organismes vivants sans même parler de l’humain ?

Ce point de vue (minéral) ne concerne que la nature physique du monde, une nature dont nous commençons à peine à découvrir les cycles, leurs richesses, leurs imbrications leur importance, c’est-à-dire ce qui en fait quelque chose de vivant. Le minéral concerne une nature confinée dans une pérennité que l’humain a dramatiquement déséquilibrée pour ces propres besoins, pour assurer les idées qu’il crée (il est le seul dans les règnes naturels à faire cela, en ce sens-là au moins nous devrions nous interroger sur la nature animale qu’on lui prête généralement…).

Car l’humain crée. Et pour cela il a besoin de consommer de la ressource, pas seulement de la transformer (ce qui se transforme c’est l’objet de la création qui pour exister a besoin de matière). On devrait dire que pour avancer, comme dans la marche, il faut créer un déséquilibre. C’est ce que fait l’humain avec la nature.

Pour se mettre en accord complet avec la nature telle qu’on la voit aujourd’hui, il devrait accepter de ne pas créer, de ne pas … évoluer. Mais ça, évoluer, c’est dans sa nature à lui, et certainement bien plus que dans ses gènes (qui appartiennent à la nature) !

Pour en revenir à notre sujet, l’activité humaine agricole, même en bio, aura toujours un impact.

On peut s’appuyer sur le principe entropique et se dire que l’impact sera toujours négatif (davantage de dépense que de recette à cause de pertes).

On peut aussi se dire que l’inverse est possible et se donner les moyens de le mettre en œuvre : ne pas donner à la terre moins que ce qu’elle nous donnera, mais lui donner différemment, ce qui peut être envisageable si l’on se place dans le contexte du fluide – vivant, c’est-à-dire hors l’exclusivement minéral figé – physique…

Ceci n’est pas un miracle annoncé mais seulement ce que nous faisons aujourd’hui déjà, bien trop imparfaitement ou plutôt trop maladroitement.

En donnant nos engrais azotés style NPK, nous donnons à la terre, au terreau de culture ce que nous croyons qu’elle nous donne ou ce qu’il faut lui rendre pour assurer sa pérennité. Or, de son côté, elle semble donner plus puisqu’elle élève vers le vivant l’indispensable minéral que sa nature pesante porte davantage à rejoindre la Terre. Elle se charge donc toute seule d’ajouter un nécessaire que ni l’agriculture chimique (agrochimie), ni l’agriculture raisonnée ne lui donnent ou ne lui permettent de mettre en œuvre. Peut-être aussi que la terre ne donne pas ; peut-être n’est-elle pas active dans le don, peut-être sert-elle de passage entre ce qui forme et ce qui doit être mis en forme !?

Un simple compost vivant fait plus pour la terre qu’une dose de fertilisants minéraux. En ce sens le « bio » est plus performant que les techniques industrielles.

S’il en faut, un amendement biologique apporte les éléments indispensables pour compenser les affaiblissements en ressources que les déplacements végétaux ont produits (on cultive ici on utilise ailleurs). Il sera peut-être aussi riche pour le sol que la dose NPK minérale lessivée à la première pluie, mais en plus il sera moins minéralisant pour le terreau, il sera plus organique c’est-à-dire en accord avec le vivant qui doit se développer sur cet ancrage, et qui sans lui n’aurait pas de prise.

Le compost est plus digeste pour la microfaune qui stimule le vivant autour du grain qui doit germer ou autour des racines, microfaune dont l’activité digestive redonne à la terre le minéral fertiligène sous une forme de minéral rapporté du vivant. En outre, cette activité du vivant apporte certainement une qualité de chaleur au sol (sans élévation particulière de la température).

Peut-on assurer que ce minéral là, issu du travail par le vivant, soit de même qualité que le minéral issu du chimique ?

Il y a certainement là un gros travail à faire en partant du point de vue le plus large, celui du vivant au moins pour éviter d’omettre son impact.

Agriculture (III).

Associé à la naissance de la culture biologique il y a un nom : celui de Rudolf Steiner. Si ce n’est pas usuel d’en parler dans ce blog, nous devons bien le mentionner et l’honorer pour son apport incommensurable à la société qui perdait alors sa terre sans s’en rendre compte (et continue actuellement à le faire en s’en rendant curieusement compte !). Mais le bio dont il a parlé – il a dit en gros voici ce qu’il faut faire sans tarder, il sera toujours temps de réfléchir après – a permis de cultiver des terres dont le substrat n’était pas ou plus favorable. Il a donné les bases non du biologique mais du biodynamique : comment intégrer le vivant, comment stimuler le matériel, le terrestre afin qu’il fasse son œuvre avec le vivant. Et cette stimulation n’est pas un dopage du matériel, comme on peut le penser avec NPK, mais on se sert du matériel comme d’une ancre sensée maintenir, ou assurer, un lien avec l’environnement étendu jusque dans sa dimension cosmique.

Il semble que ce soit là le but fondamental de la biodynamie. Pour penser la biodynamie, qui s’appuie sur le Vivant il ne faut pas penser que le vivant se fonde sur le matériel.

La biodynamie est un trésor qu’on cultive (sic) depuis plus de huit décennies à l’ombre de sa fille… Car, de fait, la culture biologique a été la descendante de la biodynamie en ce sens qu’on a compris ici ce qu’on savait depuis les balbutiements de la culture agricole : les apports minéraux, outre leur potentiel minéralisateur, ne sont pas indispensables dès lors qu’on soigne le substrat avec des amendements organiques choisis, ils ne sont pas l’essentiel. La Terre finalement se débrouille bien elle-même depuis la nuit des temps avec son propre terreau, son minéral élevé dans un premier temps (croissance et développement) puis déchu dans un second temps (grainage et dépérissement) pour être digéré par du vivant (celui de la litière davantage sans doute que les autres consommateurs qui ne font que pré-mâcher le travail) qui le ressert pour une nouvelle élévation… On est là dans le domaine du bio, enrichi ici et là d’amendements particuliers du fait de cultures particulières.

Mais la biodynamie n’a pas la prétention particulière de rendre à la terre autrement que par l’utilisation du compost ce qu’on lui prend … elle ne veut pas non plus lui donner davantage (on ne créera pas un excédent de matière). Elle travaille entre autres directement sur ou avec le vivant qui se trouve dans cette si fragile et ténue peau humique pour qu’il joue son rôle de passeur. C’est davantage un accompagnement de la terre qu’un travail de la terre, c’est un soin, pas seulement dans les cas de guérison nécessaire, mais un soin presque hygiénique. L’hygiène dont il est question n’est pas la propreté (ôter les indésirables comme le font les pesticides et autres produits en -cides)  mais le moyen de garder une efficacité dans sa relation au vivant et d’aider à diriger cette efficacité vers le végétal.

Vue de l’extérieur, et pour reprendre un terme oublié depuis longtemps par notre matérialisme, la biodynamie ressemble davantage à un grand œuvre alchimique des époques antérieures à la chimie lavoisienne qu’à une application concertée et cohérente de déductions logiques.

Mais si la biodynamie n’est pas une logique d’exploitation des sols, comme l’agrochimie, elle n’est pas non plus une sorcellerie issue d’un autre âge, elle est, comme son nom l’indique, une dynamisation du sol dans la production qu’il est capable de fournir. Elle fait appel à des concepts dont une science dénaturée et en mal de non-matière a des difficulté à cerner.

Mais pourquoi vouloir cerner pour juger, ne faut-il pas se contenter d’accueillir ? La biodynamie ne semble pas porteuse d’effets négatifs… Elle souffre sans doute d’une image ascientifique  parce que la science d’aujourd’hui n’a pas encore cherché à ouvrir ses concepts à une dimension qui est celle du vivant. L’écologie (la science de l’environnement) et la biologie (la science du vivant) considèrent le vivant comme l’ensemble des êtres vivants comme si elle considérait le matériel comme l’ensemble des matières existantes.

Le Vivant est au-delà de l’ensemble des êtres qui le manifestent de même que la Matière est au-delà de l’ensemble des substances qui la représentent.

On a du pain sur la planche… À défaut d’un grand œuvre intellectualisable, contournons la chose et prenons le train du vivant… Ouvrons la science au Vivant, il saura bien nous indiquer la voie et nous saurons bien découvrir d’autres moyens pour lire le vivant, le dynamique que nos merveilleux moyens qui lisent le stérile, l’inerte. À n’en pas douter, ils seront aussi efficaces l’un que l’autre dans un cadre scientifique, mais ceux du Vivant seront sans doute aussi plus performant pour ce qui est du lien entre nos activités et consommations humaines et ce que la terre peut supporter.

Notre laboratoire scIence veut se développer dans ce sens ; il a besoin de moyens financiers très raisonnables. Ces derniers lui donneront, outre l’énergie consommable dans le travail de recherche, l’indispensable accès à la transversalité nécessaire, car nous ne comptons pas rester dans notre coin !

__________

Je relisais ce billet à l’heure où la magazine Science et Avenir titrait Ce que la science sait de la mort. Cela me rappelle cette petite phrase du philosophe Michel Henry :  » En dépit des progrès (merveilleux) de la Science, on en sait de moins en moins sur la vie. »

À bientôt.

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Respiration et biosphère

article paru le 15 juin 2011

Respiration et biosphère.

L’échange maître sous l’égide la lumière est celui du CO2,  échange archétypal du vivant, forme invisible et aérienne du carbone, structureur, architecte du Vivant !

On le connaît ce carbone, maintenant, pour être le maître artisan de tant de formes, de tant de variétés de structure décrites en tous sens par la physique. C’est un génie. On peut certes voir ses 6 protons, ses 6 neutrons et ses 6 électrons comme les ordonnateurs de cette diversification…

On peut voir aussi la tension dont il peut se parer entre l’obscur graphite qui délite en feuillet et le lumineux diamant s’adonnant tout entier à la lumière qui craint le choc physique bien que dans une solidité qui en fait le chantre de celle-ci. On peut aussi le prendre comme l’amorphe charbon souvenir d’une gloire organique passée, formée mais maintenant dépouillée de ses formes.

Mais ce carbone doit être passé par l’épreuve du feu pour être assimilable. Tout terrestre qu’il est il se charge d’oxygène pour s’alléger c’est-à-dire pour être capable de se détacher de lui-même de ne plus former bloc. Abandonnant alors solidité, obscurité, structure il atteint à l’existence dans la lumière, et par là, la possibilité de structurer une infinité de formes organiques par son union avec le minéral terrestre lui-même allié au dynamisme fluide de l’eau. Après avoir crée la suite admirable de l’amidon à la cellulose et autres substances organiques en passant par les mono, di et polysaccharides il permet au végétal de se parer des formes propres des espèces à tous les niveaux du vivant. Métamorphose qui commence en trois temps puis variétés innombrables de formes substantielles qui trouvent un terme dans l’état physicochimique qu’on leur connaît ensuite : Voilà le travail de ce maître d’œuvre dans le monde organique.

On pourrait donc pousser plus loin que graphène et autres fullerènes et voir qu’il est l’indispensable outil pour les mains de l’architecte de la nature se prêtant à toutes les formes imaginables (on retrouve même cette aptitude dans les nombreux composés minéraux que sont les carbonates).

La photosynthèse est une sorte de miracle du vivant qui fait entrer des éléments substantiels en lice pour leur permettre de se muer, de s’abandonner à la perte de leur pouvoir propre vers un devenir nourricier pour le reste de la chaîne trophique.

Et ceci n’est possible que si l’atmosphère est riche de carbone (pardon, de dioxyde de carbone comme dira le chimiste). Et nous de tenter de savoir si l’oxygène (le dioxygène) évacué provient du gaz carbonique ou de l’eau (hydroxyde d’hydrogène ou monoxyde de dihydrogène…). Que nous apprendra de savoir cela ?! N’est-ce pas l’arbre mort qui nous cache la vivante forêt ?…

On l’a bien compris : si on produit du GC, il faut du végétal pour le fixer. Mais l’existence de ce végétal dépend des conditions climatiques. L’idéal serait un climat tropical planétaire : puissance du puit de carbone, génération d’oxygène, fabuleuse source alimentaire… pourquoi franchement avoir peur d’un réchauffement ?!!! Si les eaux montent il y aura aussi davantage d’évaporation donc de précipitations pour arroser nos cultures… est-ce si dramatique ?… où est véritablement notre problème !?

Eh bien ce problème est dans la perte de notre stabilité établie par un changement climatique, il est dans le sentiment désagréable d’être responsable d’une transformation de la nature (voir toute l’énergie qu’on met derrière la sauvegarde de la biodiversité !). Surtout ne pas changer le monde !

Et pourquoi le monde ne nous changerait-il pas ? On est un avec notre planète. Tous les règnes vivants sont interconnectés par la respiration. Et nous, l’humain, on a touché, non à cette respiration, mais à sa substance, on l’a rendu plus difficile. Notre liberté individuelle de fumer ou non (inspirer des éléments toxiques indésirables, voire poisons), de ‘jouer’ avec notre corps a été transférée à toute la planète et maintenant on veut détoxiner ici, sevrer là, guérir ou soigner ailleurs.

L’humanité a-t-elle vraiment la volonté d’arrêter de fumer ? C’est-à-dire la volonté d’arrêter d’introduire dans son organisation respiratoire commune des éléments fossiles, puisés hors le champ vivant de la biosphère ? Le pire n’est pas à mon sens le gaz carbonique, mais tant mieux s’il nous fait comprendre que nous avons fait des erreurs de lecture du livre de la nature ! C’est tragique mais il semble que non : Et on va vers du pire par exemple avec les gaz de schiste, car non seulement l’air continuera à être empoisonné mais en plus l’eau (ressource et nature) sera atteinte, et même la structure des sous-sols devenant un mauvais sable risque de se transformer en terrain mouvant ! Tout ça parce qu’on se borne à croire que la manne énergétique doit venir de sous nos pieds, que seul le passé est porteur d’avenir…

 

La seule ‘chose’ qui peut nous sortir de ce très mauvais pas dans lequel nous nous enfonçons (dans lequel on nous enfonce – et ce verbe est totalement adapté) est de travailler d’arrache-pied sur notre vision du vivant et de produire, jusque dans le minéral, des applications en accord total avec lui. Nous reprendrons cela dans un prochain billet !

Il n’y a pas de limite ni de frontière dans la biosphère, elle est un lien d’échange permanent. Le malheur de l’humanité est d’avoir crû et de s’être sédentarisée au lieu de se laisser bercer par la vie. Le bonheur de l’humanité est d’avoir crû et de s’être sédentarisée, ainsi elle s’est posée, elle est sortie du cycle ‘infernal’ du vivant, et elle peut le regarder depuis sa position confortable de recul. Ne laissons pas passer cette opportunité de nous réintroduire, dans le vivant, chargés de bonnes et véritables intentions à l’égard du vivant, nous verrons alors peut-être d’un autre œil, et le rôle du carbone aérien et le rôle de l’eau que nous jetons si facilement à la mer avec l’eau du bain…

15 juin 2011

Respiration et biosphère.

L’échange maître sous l’égide la lumière est celui du CO2,  échange archétypal du vivant, forme invisible et aérienne du carbone, structureur, architecte du Vivant !

On le connaît ce carbone, maintenant, pour être le maître artisan de tant de formes, de tant de variétés de structure décrites en tous sens par la physique. C’est un génie. On peut certes voir ses 6 protons, ses 6 neutrons et ses 6 électrons comme les ordonnateurs de cette diversification…

On peut voir aussi la tension dont il peut se parer entre l’obscur graphite qui délite en feuillet et le lumineux diamant s’adonnant tout entier à la lumière qui craint le choc physique bien que dans une solidité qui en fait le chantre de celle-ci. On peut aussi le prendre comme l’amorphe charbon souvenir d’une gloire organique passée, formée mais maintenant dépouillée de ses formes.

Mais ce carbone doit être passé par l’épreuve du feu pour être assimilable. Tout terrestre qu’il est il se charge d’oxygène pour s’alléger c’est-à-dire pour être capable de se détacher de lui-même de ne plus former bloc. Abandonnant alors solidité, obscurité, structure il atteint à l’existence dans la lumière, et par là, la possibilité de structurer une infinité de formes organiques par son union avec le minéral terrestre lui-même allié au dynamisme fluide de l’eau. Après avoir crée la suite admirable de l’amidon à la cellulose et autres substances organiques en passant par les mono, di et polysaccharides il permet au végétal de se parer des formes propres des espèces à tous les niveaux du vivant. Métamorphose qui commence en trois temps puis variétés innombrables de formes substantielles qui trouvent un terme dans l’état physicochimique qu’on leur connaît ensuite : Voilà le travail de ce maître d’œuvre dans le monde organique.

On pourrait donc pousser plus loin que graphène et autres fullerènes et voir qu’il est l’indispensable outil pour les mains de l’architecte de la nature se prêtant à toutes les formes imaginables (on retrouve même cette aptitude dans les nombreux composés minéraux que sont les carbonates).

La photosynthèse est une sorte de miracle du vivant qui fait entrer des éléments substantiels en lice pour leur permettre de se muer, de s’abandonner à la perte de leur pouvoir propre vers un devenir nourricier pour le reste de la chaîne trophique.

Et ceci n’est possible que si l’atmosphère est riche de carbone (pardon, de dioxyde de carbone comme dira le chimiste). Et nous de tenter de savoir si l’oxygène (le dioxygène) évacué provient du gaz carbonique ou de l’eau (hydroxyde d’hydrogène ou monoxyde de dihydrogène…). Que nous apprendra de savoir cela ?! N’est-ce pas l’arbre mort qui nous cache la vivante forêt ?…

On l’a bien compris : si on produit du GC, il faut du végétal pour le fixer. Mais l’existence de ce végétal dépend des conditions climatiques. L’idéal serait un climat tropical planétaire : puissance du puit de carbone, génération d’oxygène, fabuleuse source alimentaire… pourquoi franchement avoir peur d’un réchauffement ?!!! Si les eaux montent il y aura aussi davantage d’évaporation donc de précipitations pour arroser nos cultures… est-ce si dramatique ?… où est véritablement notre problème !?

Eh bien ce problème est dans la perte de notre stabilité établie par un changement climatique, il est dans le sentiment désagréable d’être responsable d’une transformation de la nature (voir toute l’énergie qu’on met derrière la sauvegarde de la biodiversité !). Surtout ne pas changer le monde !

Et pourquoi le monde ne nous changerait-il pas ? On est un avec notre planète. Tous les règnes vivants sont interconnectés par la respiration. Et nous, l’humain, on a touché, non à cette respiration, mais à sa substance, on l’a rendu plus difficile. Notre liberté individuelle de fumer ou non (inspirer des éléments toxiques indésirables, voire poisons), de ‘jouer’ avec notre corps a été transférée à toute la planète et maintenant on veut détoxiner ici, sevrer là, guérir ou soigner ailleurs.

L’humanité a-t-elle vraiment la volonté d’arrêter de fumer ? C’est-à-dire la volonté d’arrêter d’introduire dans son organisation respiratoire commune des éléments fossiles, puisés hors le champ vivant de la biosphère ? Le pire n’est pas à mon sens le gaz carbonique, mais tant mieux s’il nous fait comprendre que nous avons fait des erreurs de lecture du livre de la nature ! C’est tragique mais il semble que non : Et on va vers du pire par exemple avec les gaz de schiste, car non seulement l’air continuera à être empoisonné mais en plus l’eau (ressource et nature) sera atteinte, et même la structure des sous-sols devenant un mauvais sable risque de se transformer en terrain mouvant ! Tout ça parce qu’on se borne à croire que la manne énergétique doit venir de sous nos pieds, que seul le passé est porteur d’avenir…

La seule ‘chose’ qui peut nous sortir de ce très mauvais pas dans lequel nous nous enfonçons (dans lequel on nous enfonce – et ce verbe est totalement adapté) est de travailler d’arrache-pied sur notre vision du vivant et de produire, jusque dans le minéral, des applications en accord total avec lui. Nous reprendrons cela dans un prochain billet !

Il n’y a pas de limite ni de frontière dans la biosphère, elle est un lien d’échange permanent. Le malheur de l’humanité est d’avoir crû et de s’être sédentarisée au lieu de se laisser bercer par la vie. Le bonheur de l’humanité est d’avoir crû et de s’être sédentarisée, ainsi elle s’est posée, elle est sortie du cycle ‘infernal’ du vivant, et elle peut le regarder depuis sa position confortable de recul. Ne laissons pas passer cette opportunité de nous réintroduire, dans le vivant, chargés de bonnes et véritables intentions à l’égard du vivant, nous verrons alors peut-être d’un autre œil, et le rôle du carbone aérien et le rôle de l’eau que nous jetons si facilement à la mer avec l’eau du bain…

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Pollutions et déchets

Paru sous forme de 2 articles en mai et juin 2011

La pollution en question !

Toute activité génère des déchets. Cela se produit à tout niveau de la chaîne trophique et du monde minéral tellurique. Tous ces déchets ainsi générés s’inscrivent dans une large mesure dans le cycle du vivant. Ce qu’il est intéressant de remarquer c’est la relation activité déchet vie, nous y reviendrons.

Une partie des déchets justifie le vivant lui-même qui les crée, les utilise, la met à profit pour son propre développement. C’est tout ce qui fait partie des cycles, tout ce qui est sous-tendu par du dynamisme.

Une autre partie des déchets est introduites à partir de l’utilisation de matériaux hors cycle, donc hors dynamique. C’est l’activité humaine qui génère cette portion congrue.

Le pet des vaches responsables du trou de l’ozone !…. lit-on parfois. Quelle arrogance ! Quelle erreur de conception sinon manque de responsabilité : sous prétexte que cela nous gêne, on veut agir sur le pet des vaches !!! où va donc se nicher notre misère ? Gérer le vivant pour mieux produire nous-mêmes !?

 

La pollution est inévitable, elle inhérente à la vie.

Nous le savons, il y a pollution et pollution mais on met tout dans le même panier puisque la nôtre forcée s’ajoute à la nôtre vivante et à celle de tout le vivant. La première est la conséquence d’une volonté de développement, les deux autres sont une réalité existentielle inhérente à l’instant présent, à l’interdynamisme des êtres vivants au sein de la biosphère : l’échange carbonique aérien en est le fer de lance, car là nous pouvons comprendre qu’il n’est pas de localisation qui tienne. Désordre globale, solutions locales est un bon titre (et aussi un bon regard et une bonne suggestion de limitation). Mais un élément comme la respiration place la biosphère dans un autre contexte que local, nous y reviendrons.

 

Il y a des pollutions humaines dynamiques et des pollutions non dynamiques (mais qui malheureusement s’insèrent dans la dynamique du vivant).

  • Les pollutions dynamiques sont celles qui s’intègrent dans le développement durable : éliminations dues à l’alimentation organique et la respiration (le nécessaire), activités de développement propres (pas obligatoirement nécessaire mais confortable), etc.

Là déjà s’insère un élément défavorable ou favorable selon le cas. L’alimentation humaine dépend d’une production et cette production génère ou non des pollutions dynamiques ou non dynamiques. Laissons de côté l’agriculture intensive (justifiée économiquement). A ces côtés il y a, toute raisonnée qu’elle soit, l’agriculture éponyme qui, en se limitant par la raison, limite les dégâts. Et il y a l’agriculture biologique, nous y reviendrons.

 

  • Les pollutions humaines non dynamiques sont :
  • Pollutions chimiques par les éléments minéraux hors cycle du vivant (s’ajoutant aux cycles dynamiques en les déstabilisant) (activités industrielles chimiques directes et aussi médicamenteuses via excrétion)
  • Pollutions déséquilibrées (ville, pays développés, zone vierge)
  • Pollutions physiques par le volume de déchets en attente (mais sur qui travaillent souvent le temps et le temps – time & weather)
  • Pollutions par les localismes de masses de déchets organiques
  • Pollutions mélanomes des déchets nucléaires.
  • Pollutions électromagnétiques

Là ne sont abordées que les pollutions physicochimiques et biologiques. Il faudra un jour songer aux pollutions mentales et psychiques qui, a priori, concerne seulement l’humanité !…

Mais c’est déjà une très lourde tâche que de vouloir les modifier, ces pollutions non ou mal intégrables au vivant !

Dans les prochains billets nous reviendrons en détail sur ces trois points :

  1. la relation activité déchet vie,
  2. la respiration place la biosphère dans un autre contexte que local,
  3. l’agriculture biologique.

 

Juin 2011

La triade activité déchet vie.

La vie qui s’active génère d’une part de l’activité productive et de l’autre une consommation. Apparemment la consommation ne saurait être qu’un jeu de transformation générant ce qu’on nomme énergie d’une part et, résultat non utilisable tel quel, déchets d’autre part. Ce qui est déchet devient consommation pour d’autres qui génère, etc. et la vie consomme ainsi ce qu’elle produit. Ce terme de consommation – et ceux qui lui sont affiliés – relève de notre compréhension entropique de la matière. Le terme juste dans une perspective du vivant est échange.

Ainsi nous pouvons partiellement briser aussi le terme de producteur si cher à l’écologie. Le producteur est l’organisme qui élève le minéral au vivant, celui qui intègre dans son dynamisme élémentaire (carbone, Hydrogène, Oxygène, Azote) les éléments métalliques, les transformant en organométalliques assimilables par les formes moins évoluées sur le plan trophique. Ces métaux se retrouvent en grande part dans les sols par le biais de la dégradation des roches (érosion hydraulique ou aérienne, dissolution – rôle de l’eau), et peut-être aussi directement dans la plante par une présence quasi hannemannienne dans l’air, chose qu’il faudrait étudier de près.

Ces métaux sont les caractères distinctifs des entités du vivant, plus que leur charge moléculaire de combinaison sous forme saline avec CO2 et H2O. Ils sont vraisemblablement les responsables premiers de son dynamisme terrestre. J’entends par là que sans eux le vivant ne saurait être manifesté. Un élément métallique est un élément qui possède la capacité de réfléchir la lumière, de s’y opposer, de lui apporter un contrepoids obscurcissant alors que CHON sont les vecteurs du vivant, ou forment le vecteur du vivant, de l’invisible, de l’archétype vivant.

Ce qui est utile à ce moment-là, par exemple magnésium du lemme de la chlorophylle pour la photosynthèse, ne l’est pas ailleurs. Au moment où la chlorophylle devient inutile, le magnésium devient un déchet. Ce même magnésium inscrit dans un même lemme au niveau de l’hémoglobine animale est inopérant car ici c’est le fer qui a sa place.

Il est à noter un point d’importance dans l’enrobage dont se pare une particule métallique pour s’intégrer sous forme organométallique au vivant. Ce magnésium, ou autre, n’est jamais sous forme atomique (nanoparticule), il s’incorpore au vivant sous forme de sels (nitrate ou carbonate) alors qu’il était peut-être arrivé des profondeurs telluriques sous forme de sulfate (activité volcanique, échanges fond / surface) avant de s’intégrer à la chaîne du vivant.

Cet échange fer magnésium pour un même porteur vivant (lemme) est au cœur d’une véritable chimie du vivant. L’élément lumière qu’on prête au magnésium et qui est exploité dans la chlorophylle est remplacé par l’élément chaleur associé au fer dans le corps mammifère.

Ce qui émane du solaire est lumière + chaleur ; la plante profite de l’un, le mammifère de l’autre : c’est un partage, autre mot à inscrire dans une véritable chimie du vivant. La plante n’a pas vraiment affaire avec le fer. Le mammifère a affaire avec le magnésium mais pour un autre versant de sa personnalité : la souplesse, c’est-à-dire la possibilité de dynamisme… Le magnésium, le fer, et aussi les autres métaux capables d’être ‘organisés’, sont à voir ainsi, ils ne sont pas que des structurants.

 

En biologie véritable, il y a des cycles, des dons, des partages, des échanges. C’est de cela qu’il faut s’occuper ! Il n’y a pas de déchets, ceci est un concept anthropique et entropique. Glisser vers la biochimie moléculaire comme on le fait actuellement est un leurre qui ne nous aidera jamais qu’à désosser le vivant…

Croire que rien ne se crée et que seulement tout se transforme est une erreur qu’il nous faut corriger. Si cela semble vrai au niveau de la matière, la vie par contre se charge d’apporter son lot d’une ‘énergie’ encore invisible pour créer les formes. La mission du XXIe siècle doit être cette quête de l’invisible organique.

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Une science fondamentale du Vivant ?

Paru en 2 articles en avril et mai 2011

Une science fondamentale du vivant ? (I)

Biologie, biochimie, biocosmologie, matières biosynthétiques, … : « bio », la vie veut se trouver partout. Avant, il y avait la (ou les) science(s) naturelle(s). Elle a éclaté en plein de petites parties qui se lâchent les unes les autres, s’excluent, s’ignorent, ne se reconnaissent plus les unes dans les autres.

Les différents regards que l’humain est devenu capable de porter sur son environnement (c’est bien ainsi qu’il nous faut désigner la nature) montrent tous, par l’existence même de ce regard, que l’humain est une espèce à part dans la nature.

Cette espèce est particulière car elle est capable de s’extraire du cycle de la biosphère. Elle le montre en ayant la capacité de sortir de l’atmosphère, donc de vivre hors conditions telluriques (mais dans des conditions terrestres, une fusée, une station étant par essence un ersatz de la planète !). Cette capacité vient du « recul » que l’humain est capable de prendre par rapport à ce qui fait sa vie animale (ressenti, mobilité, etc.) et végétative (reproduction, nutrition, respiration, etc.) dans un corps matériel (substantialité minérale terrestre).

Fort de son expérience de vie et du recul qu’il sait entreprendre, l’humain considère le monde qui l’entoure et tente de le comprendre : c’est la science. Dans ce cadre, le plus simple pour lui a été en premier lieu de travailler avec le visible perceptible. Ainsi en est-il du monde minéral dans lequel, le monde typiquement matériel sur lequel le scientifique exerce sa perspicacité depuis le xvie siècle. Mais l’humain a aussi les sentiments :

  • de sa vie – la mort, l’hygiène, maladie et guérison sont des étapes sur son chemin –,
  • de son ressenti – indifférence ou non à l’égard de ce qu’il n’est pas autant que de ce qu’il est –
  • et de son ‘existence’ – Je suis.

Et ces sentiments, cette perception ‘interne’, s’accordent mal avec la science mécaniste du minéral (en fait on devrait dire de la matière car il y a une différence entre ces deux termes). Notre époque s’intéresse à la matière et elle la décrypte à travers le minéral. Notre époque s’intéresse aussi au vivant et elle le décrypte à travers le minéral dont elle perçoit une place dans le jeu du vivant. En fait on devrait dire qu’elle décrypte le vivant comme une facétie de la matière, un aléas d’interactions entre particules, un jeu de déséquilibre dans les forces atomiques, un rêve de la matière ; et il suffit d’extrapoler ce rêve au ressenti, et de là à la conscience, puis à l’individu pour s’apercevoir que notre tout n’est plus rien !

C’est dramatique d’une part et déprimant de l’autre : est-ce la bonne voie pour nous stimuler à sortir de l’impasse dans laquelle nous nous fourvoyons ?…

Le regard porté sur les couches géologiques à partir des images cadavériques et minéralisées d’une large palette d’êtres possédant une structure minérale pérenne est complété par des observations beaucoup plus rares de restes ou de traces d’espèces sans structure minérale pérenne mais d’une organisation propre à pouvoir laisser des traces dans le minéral (fossilisation). Notre regard trouve aussi, grâce à l’acuité de ses instruments, des formes vivantes telles les bactéries qui semblent échapper au temps. Tout cela est autant de marques indéniables de l’évolution de la biosphère au fil des millénaires dès lors que l’on postule que l’empilage des couches se fait de haut en bas – plus on s’éloigne du temps présent.

Si l’on postule aussi l’inaltérabilité du temps, comme une balise de son ‘intemporalité’, on arrive même à déduire une chronologie de l’émergence du vivant dans la biosphère.

Ensuite, au-delà de ce qu’on peut lire directement dans les couches géologiques on postule un état antérieur, puis une nouvelle antériorité et de fil en aiguille on arrive à la nécessité d’un instant zéro tant pour le temps que pour l’espace : Big Bang !

Si par cette lecture du minéral vers son (envisagée) origine matérielle (particules, nucléons, quanta) on a été capable d’établir un fil viable (qui se tient dans la réflexion) alors on s’imagine capable de reparcourir le chemin en sens inverse, et, tel un dieu, de booster les rencontres nucléiques pour façonner du vivant ou, pour le moins, une apparence de vivant voire une parodie…

Cela n’est pas une perspective de travail, c’est la réalité quotidienne de certains laboratoires généreusement soutenus… L’expérience dite de la soupe primitive, partie d’une supposition qui a été confirmée par l’expérience de Stanley Miller en 1953 fut une étape décisive dans la perspective d’un fondement matériel non seulement des corps vivants mais du vivant lui-même.

Les hypothèses quantiques formulées antérieurement à cette expérience, et leurs confirmations instruites depuis, associées à l’obstination humaine et au développement des protocoles expérimentaux toujours plus pointus vont certainement permettre, à force de réchauffer cette déjà vieille soupe, de forger du vivant à partir de la matière… même Bran Stocker n’avait eu telle imagination avec son Frankenstein !

 

Le Vivant : délire de vitaliste ou fondement existentiel ???

 

Mai 2011

Une science fondamentale du vivant ? (II)

 

Loin de vouloir entrer dans la querelle Evolutionnisme – darwinien ou non – / Créationnisme, nous devons pourtant considérer certains facteurs qui, nous allons le voir, devraient nous imposer des moyens d’étude (dans le sens observation) fondés sur d’autres outils que ceux qui nous permettent d’analyser le minéral et les forces physiques.

  • Les formes minérales (cristallisation) sont pérennes.
  • Les formes organiques manifestent des variantes au sein d’espèce d’une même famille (expérience présente).
  • Les formes organiques ont laissé des traces qui montrent une métamorphose au fil des temps (lecture paléontologique).
  • Les expériences présentes, comme la lecture paléontologique, montrent des cycles, c’est-à-dire des interactions redondantes entraînant des transformations au sein de la biosphère – vie / mort, producteur / consommateur, cycle de l’eau, du carbone, de l’azote, du phosphore, potassium, etc.

Nous connaissons bien maintenant ces cycles et sommes même capable d’en connaître les évolutions qui en font non des cycles constant, à plat (cercle), mais des cycles variables au fil du temps (spirale).

Par ailleurs, hormis (en apparence) le premier de ces points il existe pour les autres une ligne rouge, un ‘concept reliant’ : celui de dynamique. Cette dynamique est le propre de ce qui est vivant. Même à travers la dynamique d’éléments minéraux nous avons une manifestation du vivant, car cette dynamique est une fonction du vivant, elle ne saurait en être une de l’inerte.

Actuellement tous nos outils de perceptions, d’analyse, d’investigation, … reposent sur l’élément non dynamique (lecture point par point : « à l’instant T : photo ! »). Nous avons une interprétation figée du monde, même de son dynamisme, on le prend comme une mécanique joliment auto huilée ! Il nous faut devenir capables d’accueillir le dynamisme, d’avoir une lecture de ce dynamisme sans préjugés, sans préformatage par une quelconque théorie : c’est la science du vivant.

Enfin réunir temps et espace dans notre pensée sans nous laisser abuser par leur dichotomiesque réalité !

 

Cette science nouvelle ne pourra être fondée qu’à partir du vivant ! C’est osé, peut-être prétentieux aux yeux de certains, de le dire mais c’est une évidence pour qui observe les faits actuels planétaires. Une science minérale, donc non capable de s’inscrire dans le cycle du vivant par son regard, ses intentions et ses actions ne pourra résoudre les problématiques planétaires dont l’augmentation du taux de CO2 n’est qu’un aspect peut-être mineur dans un ensemble dont seule l’apparence nous est manifeste (les querelles de clochers à ce propos faisant état de cette réflexion). La modification climatique est une sorte de maladie dont les symptômes sont à rechercher plus largement que dans l’excès de carbone atmosphérique. Nos déchets sont un pôle central dans ce sens-là. Nous aborderons ce thème dans le prochain N°. Notre intervention sur la façade nucléaire de notre planète (extraction, concentration, production) en est le second pôle centrale, nous y reviendrons aussi plus tard.

 

Un dernier élément pour aujourd’hui. Le monde scientifique se construit de plus en plus sur les termes d’interdisciplinarité et d’horizontalité, de transversalité. C’est certainement un grand bien. Nous devons cultiver par eux le dynamisme jusque dans le champ de la connaissance si l’on veut tendre vers une évolution positive. Ce concept d’évolution positive est pour affirmer l’aspect intrégrant de l’évolution humaine au cycle du vivant. Nous ne pourrons continuer à nous développer qu’en accord avec les forces de vie, un accord total, venant de notre intérieur, pas un pacte.

Mais nous devrons jamais perdre de vue le fait que toute action humaine, même en harmonie avec les forces et les formes naturelles sera toujours une création parce que résultante d’un désir d’évoluer, désir absent de la nature ailleurs que chez l’humain… Évoluer c’est-à-dire refuser que le lendemain soit la reproduction de la veille, hors variables saisonnières répétitives !…

Ne mettons pas un terme à notre évolution avant d’en avoir abouti l’étape. Ce serait dommage, alors qu’on vient juste de la découvrir, que nous la sacrifiions, notre planète !

 

Pour faire le pas que la découverte de la réactivité planétaire à nos actions humaines vient de nous inviter à mettre en œuvre nous allons devoir reconsidérer toute notre organisation. Les différents « sommets de la Terre » sont des constats de l’état de la planète, des manifestations de la prise de conscience planétaire nécessaire aujourd’hui mais ils sont seulement des amorces de suggestions de poursuite du développement humain car il manque une chose déterminante, un outil adapté au Vivant, pour véritablement poser des bases solides d’une volonté de changements. Les sommets de la Terre sont des pactes de bonnes intentions, de non agressions trop violentes, ils doivent avoir des moyens à la hauteur de leurs ambitions.

Ce qu’il faut, profondément, c’est du courage, du courage pour l’acte. Une véritable science du vivant ne se fondera pas à l’échelle planétaire sans une déstabilisation forcée (et qui sera éprouvante) du système économique mondial qui structure mais aussi garrotte le développement actuel. Nous avons besoin d’un dynamisme organique et non de règles structurantes et limitatives fondées sur la nécessaire mais utopique régulation des activités industrielles…

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Science et Société

Paru en 2 partie en février mars 2011

Science et Société (I)

La science est le socle de la société. Étienne Klein

 La science fait-elle la société ? La société appelle-t-elle la science ? Qui a besoin de qui ? Comment établir un lien fiable ? Harmonieux ?

La science est devenue technoscience. Elle entasse des résultats innombrables rendu possibles par des instruments performants, total interface entre l’observateur et le phénomène ; elle devient statisticoscience. Est-ce la fin de la création humaine ? N’a-t-on plus de ressource de créativité conceptuelle autrement que dans le domaine technique, mécaniste pour l’améliorer ?

Cette technoscience prend sa place dans la société, s’incruste, prend corps : elle s’incarne. On a de plus en plus l’impression que sans elle, la société humaine n’est rien, n’a pas d’avenir ! Elle est présente dans les médias dès lors qu’il s’agit de garantir quoi que ce soit. Elle fait autorité sur tout ou presque, ayant son mot à dire à propos de tout ou presque.

Ce mot ‘presque’ est peut-être le maillon faible de la science. Elle en est consciente et cherche à combler la lacune. Ainsi puisque l’on ne trouve pas l’être ou quelque chose qui y ressemble au fond du fond de la matière (avec nos outils faits pour percer les secrets de la … matière), on dit que l’être n’existe pas et l’on extrapole encore davantage en disant que la conscience qui n’existe pas matériellement construit l’image du réel qui donc se trouve exister purement sous forme onirique au sein d’un être qui n’en est pas un, contredisant presque avec arrogance l’expérience individuelle.

Et la science cette science qui façonne la société s’appuie sur ses propres arguments pour dire que l’objectivation atteinte par ses progrès du XXe siècle fait d’elle une discipline difficilement contestable (entendu d’Etienne Klein à la radio). Ainsi plus elle avancera, plus elle aura de poids pour se justifier elle-même. Tout ce qui n’est pas de son fait, n’entre pas dans son créneau, toutes les tentatives de voir autrement, par elles et bientôt, tout cela finira taxé de pseudosciences, quand bien même il y aurait là des trésors en germe !

Devient-on aveugle à ce point de ne plus pouvoir avoir confiance en nous pour construire un monde (ensemble de sociétés humaines) ? Jusqu’où a-t-on besoin réellement de toutes nos machines qui dissimulent le Réel au profit du virtuel ? Ne nous dissimulent-elles pas petit à petit ce que nous étions encore capable de percevoir avant elles ?

La compagne des machines, l’usure, la course au ‘mieux’, au ‘plus’, au ‘moins gourmant à consommer sans modération’ (!…), fait place nette petit à petit de nos liens avec la lenteur affable de la nature. Et si la nature s’en offusque, nous sommes loin de le voir ainsi. La nature blessé ne nous importe pas, ce qui nous importe c’est notre emprise sur elle, c’est le maintien de nos conforts acquis par le biais de nos machines.

Et voilà que l’obsolescence programmée arrive. Elle s’impose, augmente la hauteur de nos déchets. L’obsolescence nous donne le rythme, l’obsolescence mène la danse de la société comme un chef d’orchestre impitoyable qui veut nous faire croire que la musique est dans son coup de baguette ! Tout cela au détriment de la nature qu’on nourrit de déchets ! Devenons attendre son épuisement pour se dire il est temps de faire quelque chose ?!!!

Devons-nous compter sur les laboratoires de recherche et les industries pour imposer le rythme de nos sociétés ? Ces merveilleuses et prometteuses molécules synthétiques, voire maintenant biosynthétiques, véritable Golum en croissance, molécules que l’éthique n’ose plus empêcher d’avancer, sont-elles le phare de notre devenir ?…

Comment peut-on penser qu’en nous entourant d’un confort technologique, et technomédical, nous allons rosir notre avenir ?

Où résident les aspirations humaines : dans les lobbies et autres trusts qui affichent en 4 par 3 leur promesse de période bleu ? ou chez les ‘citoyens’ ?

Qui plus que d’autres a la possibilité de dire « voici la voie » ?

Qui peut fonder « l‘éthique de la société » ? L’industrie, la politique, autre ?

Les aspirations humaines sont-elles seulement  chez les politiciens intègres (oublions les autres) ?

Les écolos ou les éconos peuvent-ils modeler le monde selon leurs seuls principes ?

 

De quoi sont faites les sociétés ? D’enfants, de femmes et d’hommes et qui aspirent à un avenir agréable, ensemble ou pas. Rien de plus.

L’hégémonie affichée par certaines couches sociales est souvent par trop prétentieuse. Mais si l’on considère le laisser-aller ou l’acceptation passive d’autres, alors on comprend que les uns prennent l’aval sur les autres, cela fait partie des lacunes humaines à surmonter. Or entre les uns et les autres, il y a toute une frange des populations qui n’a ni l’esprit rebelle, ni l’esprit envahisseur, ni l’esprit mouton et qui généralement tend à organiser sa vie entre celle qu’imposent les uns et celle qu’acceptent les autres.

C’est avec cette frange que la science de demain doit sans tarder construire un monde plus équilibré. Dès aujourd’hui elle doit concerter pour pouvoir élaborer…

De quoi est faite la science ? D’impulsions qui naissent dans les êtres qui forment les sociétés humaines. Des gens qui ne sont pas étrangers à la vie qu’ils mènent et qu’ils font mener à leurs congénères. Mais alors pourquoi tout ne va-t-il pas mieux ? Sommes-nous vraiment seuls à gérer ce monde qui nous porte et qu’on sait modifier ?

Non, nous ne sommes pas seuls. Oh, point besoin d’aller chercher sur d’autres planètes des êtres supérieurs à nous en technologie ; non, tout est là sous la forme du serpent économique qui glisse ses promesses, tout est là sous la forme des monstres pouvoir et puissance qui imposent leur rythme, tout est là sous l’égide de la bête-maître dont une tête se pare de la couronne de la cupidité et dont l’autre tête de l’égoïsme, s’affectionnant elles-mêmes, refusant de voir les choses en face !

 

Qui sont, où sont ceux qui décident de l’allure à donner, du modèle de société ? Ils responsabilisent avec pédagogie les populations en leur apprenant les écogestes. C’est bien ; mais à côté des belles intentions qu’ils affichent pour modérer l’allure industrielle polluante, il y a l’autre face de la réalité, celle qui veut que pour arrêter de polluer il faut que la compensation économique soit plus grande que ce que les conditions actuelles permettent. Si les ambitions sont créatrices d’emplois, les états disent oui. Si les bénéfices envisageables sont prometteurs, les industriels disent oui.

Certains plaident pour la décroissance, ils touchent au point sensible du moteur du monde actuel, à ce qui se trouve souvent juste à côté du cœur dans un étui de cuir… Et la peur de manquer apparaît, on crie à l’utopie, on évoque un écroulement programmé du système mondial qui sans carburant monétaire croissant mènera les sociétés à leur perte…

A notre sens la solution n’est ni chez les politiques qui gèrent les moyens, ni chez les industriels qui créent des moyens, elle se trouve dans l’ardeur de ceux qui croient qu’il est possible de penser autrement et qui sont décidés à tout mettre en œuvre pour faire valoir des améliorations techniques dont la couleur se reflètera dans les espoirs profondément humains, les aspirations humaines les plus nobles. Et ceux-ci sont partout : chez les politiques, les industriels, les chercheurs, les citoyens ou les sujets, sans distinction de couleurs ou de forme du visage, ils sont dans toutes les cultures, sous toutes les latitudes.

Il y a les forums économiques, les G 20, 8, 5, 3, et à côté il y a les 7 milliards d’êtres humains et une seule humanité avec des intentions, des volontés, des espoirs ; il y a les sommets de la Terre…

Nous devons cultiver une pensée nouvelle, une mathématique du 1 = 1 + 1 !

 

Science et Société (II)

Aujourd’hui nous citerons  René Huyghe dans un texte sur les travaux d’André Faussurier (vous pouvez retrouver l’intégralité du texte sur le site de l’association ScIence). Cela date un peu quant à l’écriture mais c’est dramatiquement toujours d’actualité !

L’histoire de la pensée ne suit pas un développement au cours continu. Elle connaît, en fait, une succes­sion de phases qui s’enchaînent à la manière des générations. Une façon de penser surgit : elle est d’abord parée de sa jeu­nesse et profite, pour se propulser, de l’usure et de la lassitude de la phase précédente. Elle conquiert peu à peu sa maturité, s’impose, s’épanouit, démontre la richesse de ses ressources. Puis la vieillesse arrive comme pour les êtres, et avec elle la répé­tition, la sclérose, l’académisme : de promotrice, elle devient obstacle. C’est alors que commence à s’exercer sur elle la lente poussée d’un autre mode de penser, neuf, jeune, qui peu à peu l’écarté, l’élimine, pour régner à son tour — et lui aussi jusqu’à saturation, épuisement, lassitude. Le rythme est familier à l’his­torien d’art, qui voit, sans cesse, alterner, se remplacer, s’exclure les convictions esthétiques fondamentales pour ne rien dire du goût, si instable, si passager…

Il faut être attentif à ces phases de transition, où la main va passer, où la succession s’ouvre. Car, obéissant à l’appétit inné de l’homme pour la fixité, l’établissement, on voudrait toujours s’installer dans l’acquis. Mais la vie est là qui, impa­tiente, nous pousse… Or tout semble indiquer que nous entrons dans une de ces zones de mutation profonde. Je ne parle pas de cette « remise en question » des principes les plus établis, à laquelle l’art contemporain, ainsi que la littérature, nous ont accoutumés comme à un sport à la mode, mais d’une sorte de glissement de terrain plus profond, donc moins visible et plus essentiel.

La crise actuelle

Obéissant à ce rythme de l’histoire, le mode de penser qui s’est imposé au XIXe siècle et qui, après avoir été un instrument de progrès, est devenu un frein, un obstacle à une nouvelle étape — ce mode de penser, qu’on a accepté comme une évi­dence et qu’on a jugé universel, commence à avouer les limites du champ auquel il s’applique.

Quel est-il ? Ne voulant connaître, avec une conviction exclusive, que du domaine de la matière et de la science physique qui l’explore, il y a obtenu des triomphes qui ont modifié les conditions mêmes d’existence de l’homme ; il a entraîné tout le XIXe siècle dans l’ivresse du « progrès » et de sa marche qui, déclenchée, allait, croyait-on, devenir constante et irrépressible. Le XXe siècle, sur la lancée, a multiplié cette réussite dans tous les domaines, depuis la connaissance théorique jusqu’à l’appli­cation technique, au point que la vie de l’homme, son confort comme sa puissance sur les choses, n’ont plus de commune mesure avec la longue suite des siècles antérieurs.

Et pourtant, ce même XXe siècle s’achève dans le sentiment d’une profonde insatisfaction, dans la déception, et même dans l’angoisse. Devant les menaces qui s’accumulent devant lui, il se sent bien loin de l’apothéose humaine qu’annonçaient des prophètes comme Hugo. Il lui a même fallu, pour traduire son malaise, jeter dans le langage le terme de « frustration », inconnu hier, et si usuel aujourd’hui qu’il a l’air d’incarner notre temps.

Et nous commençons à comprendre pourquoi. C’est que ce mode de penser qui, par sa parfaite adéquation au domaine physique, y a permis une chaîne exaltante de réussites, a commencé à avouer ses limites, puis ses carences, quand il a fallu ouvrir les yeux et admettre que la réalité n’est pas consti­tuée exclusivement par la matière inerte, et même par la matière telle que nous la rencontrons à notre échelle, la macro-échelle.

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